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États-Unis

Les sénateurs pressent le candidat à la Cour suprême américaine

Le candidat à la Cour suprême, Brett Kavanaugh témoigne à Capitol Hill, à Washington, le 5 septembre 2018.

Droit à l'avortement, armes et immunité du président: le candidat conservateur de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, tentait de rassurer sur ces questions épineuses en affichant son "indépendance", sans convaincre les sénateurs démocrates au deuxième jour de l'audition pour sa confirmation.

Régulièrement interrompu par les cris de manifestants, Brett Kavanaugh a rapidement abordé la question critique de sa loyauté au président américain qui l'a désigné candidat, devant la commission judiciaire au Sénat américain.

Un point d'autant plus crucial que l'enquête du procureur spécial, Robert Mueller, sur la campagne présidentielle de 2016, se rapproche du cercle proche de Donald Trump.

"La première qualité d'un bon juge dans notre système constitutionnel est l'indépendance", a déclaré d'un ton posé Brett Kavanaugh, âgé de 53 ans.

"Personne n'est au-dessus des lois dans notre système constitutionnel", a ajouté le juge, brandissant à plusieurs reprises un exemplaire écorné de la Constitution américaine.

Puis il a de lui-même cité parmi les "plus grands moments juridiques américains" l'arrêt US v. Nixon, qui avait forcé le président républicain, en 1974, à obéir à la justice en livrant ses enregistrements.

A une époque d'intense "pression politique, la Cour a défendu l'indépendance de la justice", a-t-il martelé, soulignant que le chef de la Cour suprême avait alors été nommé par Richard Nixon.

Mais lorsque la sénatrice démocrate Dianne Feinstein lui a demandé directement si un président en exercice devrait être forcé d'obéir à l'injonction d'un juge, Brett Kavanaugh a botté en touche.

"Je ne peux pas répondre à une question hypothétique", a-t-il dit, argument déjà utilisé par plusieurs précédents candidats à la Cour suprême pour éviter de trop s'avancer.

Pas assez, donc, pour convaincre les démocrates, qui s'inquiètent de l'opinion exprimée en 2009 par le juge Kavanaugh que lancer des poursuites judiciaires contre un président en exercice soulevait de "sérieuses questions constitutionnelles" car cela entraverait son travail.

Vision "effrayante" sur les armes

Sur l'avortement, ce catholique pratiquant, choisi par Donald Trump sur une liste approuvée par des associations conservatrices, a dit "comprendre l'importance de la question".

"Je ne vis pas dans une bulle", a-t-il ajouté.

Il s'est alors lancé dans un long argumentaire pour expliquer qu'il "respectait" profondément la valeur des précédents juridiques, notamment l'arrêt historique Roe v. Wade qui a légalisé l'avortement partout aux Etats-Unis en 1973. Mais sans, là non plus, expliciter s'il estimait que l'avortement était désormais établi en droit.

"Mes croyances personnelles ne sont pas pertinentes dans la façon dont je juge les dossiers", a-t-il martelé.

L'ex-candidate à la présidentielle, Hillary Clinton, a ironisé sur Twitter: "Si Brett Kavanaugh devient juge à la Cour suprême, aidera-t-il à éviscérer ou à revenir sur Roe v. Wade? (...) Bien évidemment qu'il le fera".

Puis interrogé sur son opinion controversée, en tant que magistrat, que les armes semi-automatiques ne pouvaient être interdites, il a déploré les fusillades ensanglantant régulièrement les écoles américaines mais a réitéré l'argument que ces armes étaient assez répandues pour être jugées d'usage courant.

Une vision "effrayante", a réagi sur Twitter le sénateur démocrate Bob Menendez.

Les questions les plus mordantes sont attendues dans l'après-midi, avec les sénateurs démocrates qui ont perturbé l'ouverture de l'audition, mardi, en exigeant dès les premières secondes, et à tour de rôle, son report.

Les républicains disposent d'une courte majorité (51-49) au Sénat, qui a le dernier mot sur les nominations présidentielles, à vie, à la Cour suprême. Ses neuf magistrats jouent un rôle crucial car ils tranchent sur les questions de société les plus brûlantes.

Grâce à cette majorité, la Maison Blanche s'attend à une confirmation rapide. Mais une poignée de sénateurs pourrait faire basculer le vote dans un sens ou dans l'autre: deux républicaines défendant le droit à l'avortement et trois à cinq démocrates faisant face à une dure réélection dans des Etats pro-Trump.

Juge depuis plus d'une décennie à la Cour d'appel de Washington, Brett Kavanaugh avait auparavant travaillé à la Maison Blanche en tant que conseiller du républicain George W. Bush.

Jeune avocat à la fin des années 1990, il avait participé à la rédaction du rapport du procureur Kenneth Starr, portant notamment sur la relation extra-conjugale que Bill Clinton avait eue avec une stagiaire, Monica Lewinsky.

Avec AFP

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Quatre morts dans une nouvelle fusillade en Californie

La police dans un quartier de Fresno, Californie, après une fusillade, le 18 avril 2017.

Une nouvelle "fusillade de masse" a touché dimanche soir les Etats-Unis, provoquant la mort de quatre jeunes hommes et en blessant six autres lors d'une réunion de famille dans une résidence de la ville de Fresno (Californie).

Selon les premiers éléments de l'enquête, un ou plusieurs suspects ont pénétré dans une résidence où étaient rassemblées quelque 35 personnes, dont des enfants, pour suivre un match de football américain lors "d'une réunion de famille", a expliqué aux journalistes Michael Reid, responsable de la police de Fresno.

L'attaquant ou les attaquants ont ensuite "ouvert le feu dans le jardin, où se trouvaient la plupart des personnes, touchant par balles dix d'entre elles", a-t-il poursuivi.

Trois personnes sont mortes sur place, "tous des hommes de type asiatique âgés de 25 à 30 ans" et un quatrième, transporté dans un état critique à l'hôpital, a succombé à ses blessures.

Six autres personnes ont été plus légèrement blessées et leurs jours ne sont pas en danger, a souligné le policier.

Le ou les auteurs des coups de feu, encore non identifiés, sont en fuite et les enquêteurs tentaient de retrouver leur trace en examinant les images de vidéosurveillance et en interrogeant les nombreux voisins qui ont donné l'alerte en entendant les tirs, aux alentours de 18h00 heure locale dimanche (02h00 GMT lundi).

- Enfants et femmes présents -

"Dieu merci, aucun enfant n'a été touché car il y avait plusieurs enfants et femmes" mais ils étaient à l'intérieur de la maison, a précisé Michael Reid.

"Les dix victimes, décédées ou non, sont toutes des hommes âgés de 20 à 35 ans environ" et "tous se trouvaient hors de la maison, dans le jardin", a-t-il insisté.

"Nous ne connaissons pas encore exactement leur origine mais je pense qu'on peut dire d'Asie du sud-est ou d'Asie", a dit le responsable de la police de Fresno.

Interrogé par les journalistes sur les motivations possibles du crime, M. Reid a répondu que l'enquête s'attachait à la déterminer.

Il a toutefois jugé "très probable que le rassemblement ait été pris pour cible à dessein, nous ne savons pas encore pourquoi".

A ce stade de l'enquête, rien n'indique qu'il puisse s'agir d'une fusillade liée à des gangs, a-t-il souligné, qualifiant les faits de "violence absurde".

Un voisin a affirmé au journal Fresno Bee qu'une autre maison avait déjà essuyé des tirs la semaine dernière, provoquant l'émoi dans le quartier.

"Je ne me sens pas en sécurité dehors après la nuit tombée", a déclaré ce voisin, Choua Vang, affirmant songer à déménager.

Les Etats-Unis sont régulièrement endeuillés par de telles tueries de masse, qui relancent à chaque fois le débat sur la prolifération des armes à feu sans que la législation en la matière ait évolué de manière significative.

Le dernier drame en date, la semaine dernière, a également touché la Californie.

Un adolescent a ouvert le feu dans la cour de son lycée le jour de son anniversaire, tuant deux camarades âgés de 14 et 15 ans et blessant trois autres jeunes, près de Los Angeles.

Il a lui-même succombé à ses blessures après s'être tiré une balle dans la tête juste après avoir commis son geste, pour lequel il n'a laissé aucune explication.

Passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ancienne ambassadrice américaine en Ukraine, Marie Yovanovitch, témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants de Capitol Hill à Washington, le vendredi 15 novembre 2019, à l'occasion de la deuxième audience publique de mise en accusation.

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu "son droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le président, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Forces de l'ombre" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "Cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

"Je n'ai pas compris pourquoi il m'attaquait", a-t-elle déclaré, en confiant s'être "inquiétée" de voir "le président et son fils" relayer ses attaques.

Jurant n'avoir "aucun parti-pris politique", Mme Yovanovitch a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans l'ensemble du réseau américain.

Sans citer le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle a critiqué les responsables du département d'Etat pour ne pas l'avoir défendue. "Dans le monde entier, les forces de l'ombre auront compris qu'il ne faut pas grand-chose pour obtenir la tête d'un ambassadeur", a-t-elle souligné.

Après cinq heures d'audition, ponctuées par des marques de respect unanimes pour l'ancienne ambassadrice, elle a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

- Aide bloquée -

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêt".

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès, avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Le président nie avoir lié les deux et se dit victime d'une chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, qui sera chargé de le juger, il devrait échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation (impeachment) à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne.

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