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Nigeria

Au moins 5 soldats tués dans une embuscade de Boko Haram

Des soldats nigérians écoute leurs supérieurs lors d'un entraînement à Makurdi, au Nigeria, le 4 octobre 2017.

Au moins cinq soldats nigérians ont été tués dans une embuscade tendue par la branche de Boko Haram affiliée au groupe Etat islamique et plusieurs sont toujours portés disparus, a-t-on appris dimanche de sources sécuritaires.

Des combattants de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont ouvert le feu sur un convoi civil protégé par des militaires, dans le district de Damboa, dans l'Etat du Borno (nord-est du Nigeria), tuant cinq soldats.

"Nous avons perdu cinq hommes dans l'embuscade, deux ont été blessés et plusieurs sont toujours portés disparus", a rapporté à l'AFP un officier nigérian sous couvert de l'anonymat. "Les +terroristes+ ont saisi deux véhicules militaires dans l'attaque".

Le convoi escortait des habitants du village de Sabon Garin dans une douzaine de véhicules pour les emmener dans un camp de déplacés dans la ville de Damboa, a expliqué un milicien qui combat aux côtés de l'armée.

Les attaques se sont accélérées ces dernières semaines dans cette région, à 130 kilomètres de la capitale du Borno, Maiduguri, et l'évacuation du village avait commencé jeudi.

"Alors qu'ils approchaient du village de Bungiri, l'ISWAP a lancé une embuscade sur le convoi", rapporte de son côté cette même source. Tous les civils se sont enfuis et cinq soldats ont été tués. "Un certain nombre de soldats ont disparu, mais on ne sait pas s'ils ont été tués ou s'ils ont été faits prisonniers".

Le mois dernier, les djihadistes ont mené un raid contre la base militaire de Mararrabar Kimba, à seulement trois kilomètres de là, faisant cinq morts. 30 soldats sont toujours portés disparus.

Lundi, des combattants de l'ISWAP ont attaqué la base de Gubio, à 80 kilomètres de Maiduguri, faisant au moins 3 morts. Mais le groupe, qui a revendiqué l'attaque, a affirmé en avoir tué vingt.

Dans une vidéo diffusée cette semaine, on peut voir plusieurs soldats prisonniers tués par des hommes cagoulés de l'ISWAP.

L'insurrection, lancée il y a une dizaine d'année, et sa répression souvent aveugle par l'armée, a tué plus de 27.000 Nigérians, et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

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Les manifestants nigérians battent en retraite, mais n'abandonnent pas

Les gens sont obligés de marcher les mains sur la tête lorsqu'ils passent les points de contrôle de sécurité, au marché d'Obalende, Lagos, Nigéria, le 24 octobre 2020.

La répression brutale de semaines de manifestations contre les violences policières n'a pas altéré l'envie de changement ni la colère de la jeunesse nigériane, même si pour l'instant personne ne sait quelle suite donner au mouvement.

"Les autorités ont tué des manifestants pacifiques de sang-froid, nous sommes toujours sous le choc", confie Leo DaSilva, manifestant de 28 ans.

Ces trois semaines de manifestations contre les violences policières et de contestation contre le pouvoir ont fait près de 60 morts dans tout le pays, dont au moins 10 au péage de Lekki, à Lagos, selon Amnesty International, déclenchant une vague d'émotion à travers le monde.

Après trois jours de chaos, le calme est revenu et pour les participants au mouvement, l'heure est à la réflexion sur les moyens de continuer à faire vivre la cause malgré les restrictions et la peur.

Feyikemi Abudu et Jola Ayeye, connues sous le nom de FK et Jollz, fondatrices de la Coalition féministe, l'une des nombreuses organisations nigérianes ayant collecté des fonds et aidé à organiser le mouvement, se réjouissent que ce mouvement ait pu "ouvrir le champ des possibles sur tout ce qui peut se produire dans ce pays".

Unité

Anita Izato, avocate de 24 ans basée à Abuja, la capitale fédérale, est particulièrement fière d'avoir participé à ces manifestations.

"Notre plus grande victoire, c’est l’unité. Et créer l’unité, ce n'est pas une mince affaire ici au Nigeria", explique-t-elle à l'AFP.

Dans le pays le plus peuplé d'Afrique, qui compte plus de 250 groupes ethniques et 500 langues, des religions et des cultures différentes, la jeunesse -essentiellement du sud- s'est entendue sur un objectif commun.

Les manifestants se sont organisés à une vitesse fulgurante, grâce aux réseaux sociaux, certains offrant une aide juridique, ou psychologique, d'autres en payant des factures médicales, ou des frais de transport.

"Il n’y avait peut-être personne à la tête de ce mouvement, mais ils ont fait preuve d'un grand leadership", note Aisha Yusuf, 46 ans, et militante de longue date pour la défense des droits de l'Homme.

Le chef de l’État nigérian a reconnu que les manifestations des jeunes sont légitimes
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"Ils ont acheminé des ambulances, se sont préoccupés du bien et de la sécurité des gens, presque comme le ferait un gouvernement!", confie-t-elle à l'AFP.

Les Nigérians de la diaspora ont également pris part au mouvement, organisant leurs propres manifestations à Londres, New York ou Paris, et portant le message de leurs concitoyens auprès de célébrités comme Rihanna, Kanye West ou Lewis Hamilton.

Mais le 20 octobre, les forces de l'ordre ont tiré sur un millier de manifestants pacifiques au péage de Lekki, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés et mettant un coup d'arrêt à la contestation.

"Nous avons arrêté de manifester tout simplement parce que nous voulons rester en vie", poursuit Anita. "Nous faisons de notre mieux pour nous faire entendre, et le Nigeria est notre pays. Mais il ne vaut pas la peine de mourir".

Désormais, comment exprimer sa voix ? L'un des défis d'un mouvement sans leader est que chacun y apporte ses propres revendications: certains veulent la création de groupes de réflexion, d'autres un parti politique. Des voix encouragent d'ailleurs les jeunes à se concentrer sur les prochaines élections, en 2023.

Révélation

Le Parti démocratique de la jeunesse du Nigeria (Nigeria's Youth Democratic Party) est né de ce mouvement, et bien qu'il ne soit pas enregistré en tant que parti officiel, il espère gagner de nombreux membres d'ici trois ans.

"Ce mouvement était une révélation. La bataille vient de commencer. Nous rendrons le Nigeria grand", promet le nouveau parti.

Les idées pour l'avenir du mouvement fusent. "Mes DM (messages directs sur Twitter) sont pleins de messages et de suggestions, on a même reçu un article de trois pages avec des idées pour une nouvelle constitution", plaisantent FK et Jollz de la Coalition Féministe, dans un podcast largement partagé sur les réseaux sociaux.

Pour l'instant, l'avenir immédiat du mouvement dépendra surtout de la manière dont le gouvernement répondra aux revendications et des efforts déployés pour réformer les services de sécurité.

"Nous sommes une génération incroyablement intelligente, mais ne soyons pas arrogants", ont déclaré FK et Jollz. "Nous devons engager le dialogue avec eux."

Le gouvernement a promis une série de réformes, mais beaucoup restent sceptiques.

"Pour le moment, le dialogue et l'engagement avec le gouvernement sont la voie à suivre", explique Dipo Awojide, 35 ans, qui a aidé à organiser des manifestations à Londres.

"Mais s'ils ne sont pas sincères et s'ils ne sont pas disposés à mettre en œuvre des changements", ajouté Dipo Awojide, "alors je pense qu'il est tout à fait normal d'envisager de retourner dans la rue."

Les États-Unis s'opposent à la désignation de Ngozi Okonjo Iweala à l'OMC

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Acculés par la crise, les Nigérians pillent les entrepôts étatiques pour se nourrir

Des scènes de pillages du bureau des douanes dans le nord-est du Nigeria, le 27 octobre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Les pillages de masse se multiplient au Nigeria​ malgré la répression et les appels au calme, après deux semaines de soulèvement populaire.

Le président Muhammadu Buhari demande aux parents de ne pas accepter dans leurs maisons des articles pillés et le chef d’état major de l’armée appelle ses hommes à sévir sur les pillards.

Ignorant les couvre-feux imposés par de nombreux gouverneurs des Etats de la fédération, des foules ont envahi plusieurs entrepôts de stockage de nourriture appartenant au gouvernement pour emporter avec eux des vivres destinés à être distribués.

Neuf Etats de la fédération nigériane ont été pillés ces derniers jours, comme à Kubwa dans la banlieue d’Abuja. Mardi matin, les forces de sécurité ont dispersé les foules de pillards qui ont tenté de dévaliser le centre d’hébergement des jeunes stagiaires sortant des universités.

Les pillards dispersés par les forces de sécurité dans la banlieue d'Abuja, le 27 octobre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)
Les pillards dispersés par les forces de sécurité dans la banlieue d'Abuja, le 27 octobre 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Le directeur général de l’agence, Shaibu Ibrahim, était sur place au moment de l’attaque: "Nous avons été surpris de les voir venir ici. Ils étaient armés de bois et des machettes pour attaquer le centre. C'est n’est pas un point de stockage de nourriture. Il ne faut pas qu’ils attaquent notre centre".

A Kaduna, c’est le centre de stockage de produits pharmaceutiques appartenant à l’Agence nationale pour l'administration et le contrôle des aliments et des médicaments a été entièrement saccagé et vidé.

Dans d’autres Etats les autorités sont à la chasse des pilleurs comme à Jos dans l’Etat de Plateau plus de 300 cents personnes sont arrêtées et seront jugées selon le secrétaire à la Justice de l’Etat Chrysantus Ahmad.

"Nous avions déjà commencé le processus pour le jugement rapide de ces personnes. Dès demain, vous allez voir que le procès va débuter. Les coupables feront face à la loi", a-t-il déclaré.

Des Nigérians saccagent un entrepôt alimentaire gouvernemental
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Les produits pillés proviennent de dons estimés à 64 millions de dollars remis aux autorités par la coalition des membres du secteur privé pour aider le gouvernement dans sa lutte contre le coronavirus. Mais de nombreuses autorités étatiques avaient interrompu la distribution de l’aide aux populations depuis la fin du confinement.

Les autorités sont accusées d'avoir gardé de la nourriture alors que des millions de personnes ont souffert durant toute la période de confinement.

Pour Mukhtar Halilu Modibo, "il n’y a aucune justification pour ce qui concerne le pillage. Du côté du gouvernement, oui il y a un problème. Parce que si le gouvernement a reçu un don pour les populations je pense qu’il doit le remettre aux populations auxquelles le don est destiné".

Le Nigeria est le pays le plus peuplé du contient africain, avec le plus grand nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté. Quelque 83 millions de personnes, selon le bureau des statistiques du Nigeria, sont concernées. La pandémie de coronavirus a exacerbé la situation de nombreux foyers pauvres du pays.​

Les pillages se multiplient malgré la répression et les appels au calme
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Les pillages se multiplient malgré la répression et les appels au calme

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Manifestation à Londres en soutien au mouvement nigérian "End SARS"

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