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Au moins 17 morts en 4 jours dans le Nord-Est au Nigeria

Des suspects ont avoué avoir fourni des fusils AK47 et d'autres armes et munitions à des groupes de la milice, des bandits armés et d'autres criminels dans les États de Taraba et Benue, 9 mai 2018.

Au moins 17 personnes ont été tuées lors de violences qui ont opposé pendant quatre jours des éleveurs peuls et des agriculteurs yandang dans le nord-est du Nigeria, indiquent des sources concordantes.

Les affrontements, qui ont éclaté le 5 juillet dans le district de Lau, dans l'Etat de Taraba, et ont duré quatre jours, ont fait 17 morts, selon la police.

"Un total de 17 personnes ont été tuées pendant les quatre jours de violences et plusieurs villages ont été brûlés", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police de l'Etat de Taraba, David Misal.

"Des détachements de policiers ont été dépêchés sur place et le 8 juillet, la situation était entièrement sous contrôle", a-t-il affirmé.

Mais selon des responsables de communautés peul et yandang, plus de 70 personnes ont été tuées et des milliers ont fui leur domicile.

"Nous avons perdu 23 personnes dans les attaques et plus de 3.000 d'entre nous ont été déplacés", a déclaré Sahabi Mahmoud, qui dirige le groupement des éleveurs, à la presse dans la capitale de l'Etat, Jalingo.

>> Lire aussi : Le bilan des attaques dans le Nord grimpe à 32 morts au Nigeria

Selon Aaron Artimas, un responsable de la communauté yandang, "plus de 50 agriculteurs ont été tués et 50 villages ont été brûlés".

"Plus de 2.000 personnes des villages touchés se sont réfugiés à l'école primaire centrale de Jalingo, tandis que quelques-unes sont dans d'autres villages", a indiqué M. Artimas. Il a accusé des milices de l'Etat voisin d'Adamawa d'être à l'origine des violences.

L'Adamawa a été le théâtre d'une série d'affrontements meurtriers entre éleveurs et agriculteurs dans un cycle de violences qui s'est intensifié ces derniers mois.

Six personnes ont été tuées lundi dans des affrontements entre éleveurs peuls et agriculteurs bachama dans les districts de Demsa et de Numan, dans l'Etat d'Adamawa.

Ces deux districts sont proches de celui de Lau.

La recrudescence de la violence dans l'ensemble du Nigeria a mis la pression sur le président Muhammadu Buhari, qui avait promis d'améliorer la sécurité dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

Avec AFP

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Human Rights Watch dénonce la torture de détenus au Cameroun

Des prisonniers font la queue à l'intérieur de la prison centrale de Douala, le 8 mars 2006.

Des dizaines de détenus séparatistes anglophones ou membres de l'opposition ont été torturés par les forces de sécurité après avoir été extraits d'une prison de Yaoundé à l'issue d'une mutinerie en juillet, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

Le 22 juillet, des détenus de la prison centrale de Yaoundé s'étaient mutinés pour protester contre leurs conditions de détention, épouvantables selon eux, la surpopulation carcérale et les longues détentions sans procès pour les anglophones, provoquant des dégâts et des incendies dans certains locaux ainsi que des violences entre prisonniers.

Le gouvernement camerounais avait annoncé le 3 août que 244 détenus avaient été interpellés, leurs avocats assurant qu'une partie d'entre eux avaient été emmenés au Secrétariat d'Etat à la Défense (SED), le siège de la gendarmerie dans la capitale camerounaise. Ils affirmaient également que les prisonniers transférés au SED y étaient torturés.

"Les autorités camerounaises ont détenu plus d'une centaine de personnes au secret et torturé nombre d'entre elles" entre le 23 juillet et le 4 août, assure HRW. "Les détenus ont été transférés vers (...) le SED" au lendemain de l'"émeute à la prison centrale de Yaoundé le 22 juillet pour protester contre la surpopulation, les conditions de vie désastreuses et les retards dans le traitement des dossiers devant les tribunaux", poursuit l'ONG dans un communiqué.

HRW se base sur les témoignages de 14 détenus et plusieurs avocats. "On nous battait deux fois par jour avec des matraques en bois et des machettes", précise un prisonnier de 29 ans.

Selon l'organisation, nombre de ces détenus étaient soupçonnés par les autorités "de faire partie de groupes séparatistes armés opérant dans les régions anglophones du Cameroun ou de les soutenir". "Parmi les autres détenus figuraient des membres et des partisans du Mouvement pour le Renaissance du Cameroun (MRC)", l'un des principaux partis de l'opposition.

Les deux provinces anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest sont le théâtre depuis fin 2016 d'une contestation qui a dégénéré en affrontements armés entre séparatistes et forces de sécurité, qui ont fait, selon HRW, plus de 2.000 morts à ce jour.

Le SED a été dénoncé à plusieurs reprises par des ONG de défense des droits humain pour la pratique de la torture envers des détenus.

Réagissant aux accusations de mauvais traitement et torture formulées par les avocats, le ministre camerounais de la Communication, Emmanuel Sadi, avait déclaré le 3 août que les détenus faisaient l'objet de "procédures légales dans le strict respect des lois de la République", assurant que plusieurs d'entre eux avaient été retrouvés en possession d'armes blanches.

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