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Au moins 12 morts dans des affrontements entre policiers et adeptes de la secte politico-religieuse BDK en RDC


Un policier congolais assure la sécurité près des épaves de camions vandalisés au siège de mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo, à Matadi, Kongo central, 19 mars 2008.

Selon prêtre de Kimpese, une cité de la province du Kongo Central située à 200 km au sud de Kinshasa, au moins "12 corps" sans vie ont été retrouvés après des affrontements entre policiers et adeptes de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo (BDK) vendredi à Kimpese, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC).

La police confirme qu’il y a "des pertes en vies humaines" mais n’avance pas de bilan.

"Des adeptes de Bundu Dia Kongo ont attaqué le poste de police de Kimpese vendredi. Il y a eu des pertes en vies humaines. La police donnera des détails après", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police nationale congolaise, le colonel Rombaut Mwana Mputu.

Un prêtre de Kimpese, une cité de la province du Kongo Central située à 200 km au sud de Kinshasa, a déclaré à l'AFP avoir vu "12 corps" alors qu'un habitant interrogé par l'AFP fait état de "22 fidèles de Bundu Dia Kongo tués" lors des affrontements de vendredi.

Les autorités provinciales ont refusé de répondre aux sollicitations de l'AFP. Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende a promis de "donner le bilan après concertation avec le ministère de l'Intérieur".

"Il est inacceptable de s'attaquer à la police avec des armes. La police a rétabli l'ordre sur la route nationale n°1", qui traverse Kimpese, a ajouté le colonel Mwana-Mputu.

Bundu Dia Kongo ("Royaume du Congo" en kikongo) est un groupe d'opposition religieux sécessionniste très implanté dans la province du Kongo-central. Il prône la restauration de l'ex-royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l'autorité s'étendait sur l'actuel Kongo central et des territoires aujourd'hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

Cette secte est dirigée par le député congolais Ne Muanda Nsemi, qui n'a jamais été arrêté. En 2008, la secte a été réprimée au cours d'une opération militaire après une série d'attaques armées contre des agents de l'État menées par ses adeptes, qui appelaient la population locale à chasser les "non-originaires" de la province.

Vingt-sept personnes au-moins ont été tuées dans cette opération, selon le bilan officiel, une centaine selon l'ONU et une coalition d'ONG locales.

En décembre 2015, le président Joseph Kabila a gracié neuf membres de BDK qui avaient été condamnés à perpétuité.

A la suite de cette mesure, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec M. Kabila avant de faire une volte-face brutale et de reprendre ses attaques contre le président.

Avec AFP

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