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Arrestation d'un des organisateurs présumés de l'attentat en Côte d'Ivoire en mars 2016


Des soldats ivoiriens surveillent l'hôtel Étoile du sud, à Grand Bassam, en Côte d'Ivoire, le 14 mars 2016.

Un des organisateurs présumés de l'attentat jihadiste contre la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam en mars 2016 a été arrêté dans le nord du Mali par des militaires de la force française Barkhane.

Cette information a été rendue publique à la veille de l'ouverture du sommet Afrique-France à Bamako, qui portera notamment sur la coopération dans le domaine militaire et de la sécurité.

"Les militaires français ont arrêté mercredi le cerveau de l'attaque de la localité de Grand-Bassam", a déclaré à l'AFP une source de sécurité malienne, précisant que l'arrestation avait eu lieu dans la localité de Gossi, à l'ouest de Gao, principale ville du nord du Mali.

L'information a été confirmée par une autre source de sécurité malienne, qui a identifié le suspect comme "Mimi Ould Baba Ould Cheikh, un jeune connu dans le nord du Mali".

Plus d'une dizaine de suspects ont été arrêtés dans cette enquête, dont plusieurs au Mali, mais l'homme présenté comme le principal cerveau de l'attentat, identifié comme Kounta Dallah, de nationalité malienne, est toujours recherché.

L'armée française a confirmé l'arrestation d'un suspect, mais précisant qu'elle avait eu lieu lundi et sans se prononcer sur son importance dans l'enquête.

"Je vous confirme la capture de quatre individus dans la région de Gossi lundi dernier, dont l'un pourrait être lié aux attentats de Grand-Bassam. Les quatre personnes seront remises aux autorités maliennes", a déclaré jeudi à la presse à Paris le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger.

"La nature exacte du lien reste à confirmer", a dit le porte-parole, interrogé sur le rôle du suspect dans l'attentat.

Selon la seconde source de sécurité malienne, Ould Baba était suivi "depuis quelques mois. Il est allé un moment en Algérie. Il est revenu à Gao avant de prendre ses quartiers à Gossi. C'est lui qui a mobilisé les hommes, les moyens, le plan pour attaquer Grand-Bassam".

"Les militaires français sont en train de l'interroger. Nous attendons de le récupérer", a ajouté cette source, qui a dit attendre l'arrivée d'enquêteurs ivoiriens.

Organigramme du groupe

L'arrestation a été confirmée dans un communiqué par le ministère ivoirien de l'Intérieur, soulignant que "les éléments collectés par les services ivoiriens, la collaboration avec les services maliens, l'expérience et l'équipement des forces françaises ont permis d'opérer cette grosse prise".

Les investigations "ont permis d'établir l'organigramme du groupe terroriste qui a planifié et perpétré l'attentat de Grand-Bassam", selon le ministère, qui précise que "Ould Baba, recherché depuis lors, apparaît dans la hiérarchie supérieure de ce groupe comme l'un des cerveaux impliqué à un très haut niveau".

En avril 2016, un homme considéré comme le logisticien du groupe avait été appréhendé à Bamako, après deux autres arrestations dans le nord du Mali le mois précédent, à Goundam et à Gossi.

Le dimanche 13 mars 2016, trois assaillants avaient remonté la plage de Grand-Bassam, proche d'Abidjan et très prisée des Ivoiriens et des étrangers, tirant au hasard et attaquant plusieurs restaurants. Ils avaient tué 19 personnes, dont quatre Français, et en avaient blessé une vingtaine d'autres.

L'attaque a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), affirmant agir en représailles à l'opération antijihadiste au Sahel menée par la France et ses alliés. La Côte d'Ivoire a aussi été visée pour avoir livré quatre membres d'Aqmi aux autorités maliennes, avait précisé le groupe dans un communiqué.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, et dont l'application tarde à venir.

Avec AFP

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