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Après Irma, la Floride sans électricité et les Antilles en reconstruction


Après le passage d'Irma à Naples, en Floride, le 11 septembre 2017.
Après le passage d'Irma à Naples, en Floride, le 11 septembre 2017.

Des millions de personnes étaient privées d'électricité mardi en Floride après le passage de l'ouragan Irma dont l'impact s'est avéré moins dévastateur pour les Etats-Unis que pour les Antilles, confrontées au défi d'une longue et coûteuse reconstruction.

Dans l'île de Saint-Martin, où les dégâts sont immenses, le roi des Pays-Bas Willem-Alexander est arrivé lundi dans la partie néerlandaise pour observer le déploiement de l'aide humanitaire, et le président français Emmanuel Macron était attendu mardi dans la partie française ainsi qu'à Saint-Barthélemy. Il devra y répondre à de vives critiques sur la gestion de la catastrophe par les autorités françaises.

Irma, le plus puissant ouragan jamais mesuré dans l'Atlantique, a fait au moins 40 morts sur son passage aux Caraïbes et en Floride. Rétrogradé en simple dépression tropicale, il poursuivait mardi matin sa route vers le nord-ouest, au-dessus de l'Alabama, en continuant à s'affaiblir.

Des milliers de personnes se retrouvent sans abri et ont besoin d'être hébergées de toute urgence, notamment dans l'Est des Caraïbes, selon un point de la situation de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) mardi.

Le bilan humain est de deux morts en Floride, où les destructions sont particulièrement lourdes dans l'archipel des Keys frappé dimanche par des vents de plus de 215 km/h.

"Ce que nous avons vu est horrible (...) Nous avons vu beaucoup de bateaux échoués et pratiquement tous les mobil-homes retournés", a rapporté le gouverneur de l'Etat Rick Scott au cours d'une conférence de presse après avoir survolé la zone, ajoutant que les réseaux d'eau, d'égoûts et d'électricité sont hors d'usage.

"La route de la reconstruction sera longue", a-t-il prévenu.

Dans le reste de la Floride, les dégâts, désormais estimés entre 20 et 60 milliards de dollars selon plusieurs experts en assurance, sont toutefois plus limités que ne le laissait craindre la puissance et la taille de l'ouragan.

Les quelque six millions d'évacués - une ampleur sans précédent aux Etats-Unis - dont beaucoup tentaient lundi de regagner leur domicile, devront cependant prendre leur mal en patience. Des inondations soudaines sont en effet encore à craindre dans les prochains jours.

Gare aux alligators

Au total, 6,2 millions de Floridiens sont toujours privés d'électricité. Dans la ville de Bonita Springs, privée de courant comme toute sa région sur la côte ouest, des habitants, de l'eau jusqu'à la taille, tentaient de rejoindre leur domicile, sous un soleil revenu.

"Je ne crois pas pouvoir parvenir jusqu'à ma maison. J'aimerais y arriver en marchant mais cela a l'air profond de près d'un mètre et mes bottes ne font que 30 cm", affirmait Sam Parish.

"Je n'aime pas l'eau froide, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je vis ici", ajoutait-il avec humour.

Au loin, deux résidents progressaient à pied dans l'étendue liquide en frappant l'eau foncée avec un bâton devant eux, pour repousser d'éventuels alligators.

Le bilan était beaucoup plus lourd à Cuba, où Irma a fait dix morts durant le weekend et provoqué des inondations jusque dans La Havane. Le Venezuela a annoncé l'envoi de dix tonnes d'aide humanitaire à son allié.

Le courant demeurait coupé lundi soir dans la majeure partie du pays, et les autorités commençaient à recenser les nombreuses destructions, notamment dans les secteurs agricole et touristique. Il s'agit de l'ouragan le plus meurtrier à avoir balayé Cuba depuis Dennis, en 2005 (17 morts).

Macron aux Antilles françaises

Avant Cuba, Irma a fait au moins 27 morts aux Petites Antilles, dont au moins 14 sur l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin en grande partie détruite.

Le président français Emmanuel Macron était attendu à Saint-Martin et Saint-Barthélemy mardi. Son gouvernement a été accusé d'avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur l'île, plongée dans le chaos après le passage d'Irma.

"On est restés quatre, cinq jours sans aide, à se défendre tout seuls contre des gens armés", a raconté Fabrice, propriétaire de restaurant vivant à Saint-Martin depuis 15 ans et rapatrié en métropole lundi. "La gestion de l'Etat français ? Je suis vraiment désolé, mais zéro. On n'a pas du tout été soutenus", a-t-il estimé.

"Pas une heure n'a été perdue (...) l'Etat a fait tout ce qu'il pouvait faire", a assuré le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, dans le quotidien français Le Parisien.

Des ponts aériens et maritimes ont été mis en place pour évacuer les plus vulnérables dans un sens, et acheminer du fret et des vivres dans l'autre. Environ 85 tonnes de nourriture, un million de litres d'eau et 2,2 tonnes de médicaments ont déjà été transportés.

Le roi des Pays-Bas Willem-Alexander, accompagné du ministre néerlandais de l'Intérieur Ronald Plasterk, est arrivé de son côté lundi soir sur Sint Maarten, partie néerlandaise de Saint-Martin.

"J'ai vu la vraie guerre et des catastrophes naturelles avant, mais je n'avais encore jamais vu une chose pareille", a déclaré le monarque à la télévision néerlandaise NOS.

"Partout où vous regardez, c'est la dévastation", a ajouté le roi, qui devait poursuivre son voyage mardi dans les îles néerlandaises voisines de Saba et Sint Eustatius. "Les gens me disent: +nous nous tenons côte à côte, nous reconstruirons l'île.+ Ils ont confiance en l'avenir".

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson devait pour sa part se rendre, également mardi, dans les territoires britanniques des Antilles.

Avec AFP

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