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Jean-Pierre Bemba et 5 autres candidats invalidés pour la présidentielle en RDC


Felix Tshisekedi, à gauche, chef du parti d'opposition Union pour la démocratie et le progrès social à Genval le 10 juin 2016; l'ancien ministre de l'intérieur de la RDC, Emmanuel Ramazani Shadary, au centre à Kinshasa le 8 août 2018 et l'ancien vice-président de la RDC, Jean-Pierre Bemba, à Bruxelles le 24 juillet 2018.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante de la RDC, Corneille Nangaa a déclaré que six de 25 candidats à la présidentielle du 23 décembre sont invalidés. Parmi eux, l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba acquitté et libéré en juin dernier par la Cour pénale internationale (CPI).

La candidature de Jean-Pierre Bemba "est déclarée irrecevable suite à sa condamnation par la CPI à un an de prison et au paiement de 300.000 euros pour subornation des témoins; extrait du casier judiciaire produit au dossier et arrêt par la CPI du 8 mars 2018", a affirmé le rapporteur de la Céni, Jean-Pierre Kalamba, lisant le procès-verbal de l’assemblée plénière.

Les candidatures de cinq autres personnes ont également été invalidées.

Antoine Gizenga, nonagénaire, ancien Premier ministre et leader du Parti des Lumumbistes unifiés (Palu), allié du président sortant Joseph Kabila, a aussi été disqualifié. Lui, pour défaut de signature. Un autre membre de son parti, Adolphe Muzito, également ancien Premier ministre mais en dissidence, a été invalidé pour contestation du Palu (son parti).

Le dossier de Samy Badibanga, transfuge de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), également ancien Premier est aussi rejeté, tout comme ceux de deux autres candidats dont une femme, pour défaut de nationalité.

M. Nangaa a précisé que les candidats invalidés ont 48 heures pour faire recours à la cour suprême de la justice.

"La peur de la Candidature du sénateur Jean-Pierre Bemba a fait trembler la Kabilie au point d’instrumentaliser la CENI pour l’écarter. (Une) simple lettre d’Alexis Thambwe (ministre de la Justice), a remplacé la Loi électorale dans l’examen des candidatures", a réagi sur son compte Twitter, la secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC), parti de M. Bemba, la députée Eve Bazaiba.

"Nous allons utiliser toutes les voies de droit à notre disposition pour faire valoir la candidature de Jean-Pierre Bemba à la présidentielle", a déclaré à l'AFP Mme Bazaiba.

Le MLC va commencer par un recours devant la Cour constitutionnelle d'ici mardi matin, dans le délai légal de 48 heures (en jours ouvrables), a-t-elle ajouté.

Avant la publication de la liste provisoire des candidats à la présidentielle et aux législatives du 23 décembre, l’opposition a mis en garde contre ce qu’elle qualifie des manœuvres pour écarter certains opposants.

Les candidats de l'opposition à l’élection présidentielle ont, dans une déclaration commune faite vendredi tard dans la soirée, appelé à la mobilisation générale de la population contre contre ces manœuvres et dénoncé les injonctions du pouvoir à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Leur déclaration a été faite alors que la Ceni était en plénière pour publier la liste des candidats retenus.

Une certaine tension prévalait au soir dans le centre-ville de Kinshasa. Le périmètre aux alentours de la centrale électorale était quadrillé par des militaires et des policiers comme beaucoup d’autres places de la ville.

"L’opposition politique est ce jour en possession des éléments probants attestant que le pouvoir en place, par l’entremise du ministre de la Justice et ses cadres, a donné des injonctions à la Ceni à travers son président M. (Corneille) Nangaa aux fins d’exclure plusieurs candidats de l’opposition du processus électoral", dénonce l'opposition.

"Ces injonctions sont données dans le but d’écarter les candidats Jean-Pierre Bemba et Felix Tshisekedi après avoir exclu Moïse Katumbi du processus pour des motifs juridiquement infondés. Par ces faits, le régime en place manifeste une nouvelle fois sa détermination à confisquer le processus électoral en rendant encore plus inaccessible son ‘inclusivité’ et son caractère apaisé", affirment les candidats de l'opposition dans le communiqué.

"Les opposants rappellent, dans leur déclaration, que "conformément à la déclaration de 13 août 2018, le renoncement de M. Kabila à un 3e mandat inconstitutionnel ne constituait pas la fin du combat dans la quête des élections inclusives, transparentes, crédibles et apaisée".

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