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Inquiétudes du Conseil œcuménique des Eglises sur les élections en RDC

Une délégation du Conseil œcuménique des Églises (COE) rencontre des politiciens congolais à Kinshasa, RDC, le 21 août 2018. (Twitter/Ludie D. Omanga)

A Kinshasa, une délégation du Conseil œcuménique des Églises a exprimé son inquiétude sur le processus électoral censé conduire à l'organisation de la présidentielle le 23 décembre dans ce pays qui n'a jamais connu de transition pacifique.

Le Conseil œcuménique des Églises (COE) a exprimé ses inquiétudes sur la question des électeurs inscrits sans empreintes digitales, du besoin de consensus et de confiance sur l'utilisation de la machine à voter ainsi que sur le cas des prisonniers et des exilés politiques en RDC.

"Nous demandons avec insistance à la commission électorale et au gouvernement congolais de répondre à ces enjeux", écrit le secrétaire général du COE, Dr Olav Fykse Tveit, dans un message au peuple congolais à l'issue d'une visite de deux jours à Kinshasa.

Le COE recommande également "l'observation des élections par des organisations nationales et internationales qui en ont les compétences", ajoute-t-il.

>> Lire aussi : Lucha appelle à manifester le 3 septembre contre les machines à voter en RDC

Point de satisfaction : "L'engagement du gouvernement à financer les élections", le respect des dates du calendrier électoral. Les élections ont déjà été reportées deux fois en RDC, fin 2016 et fin 2017.

La commission électorale a, de son côté. assuré dans son bulletin quotidien avoir échangé avec la délégation du COE sur "l'état des lieux du processus électoral, les contraintes et défis qui restent à surmonter de même que les éclaircissements autour de la machine à voter".

"Notre pays semble encore loin de vivre des temps meilleurs, vu les incertitudes du moment", avait déclaré le président de l'épiscopat congolais, Mgr Marcel Utembi en accueillant la délégation de COE lundi.

"Le peuple congolais espère que l'aboutissement heureux du processus électoral en cours pourra lui garantir le début d'un avenir radieux", avait dit le prélat catholique.

Ancienne colonie belge, la RDC n'a jamais connu de transition pacifique depuis son indépendance en 1960.

"Nous encourageons les leaders spirituels à exercer leur responsabilité morale et pastorale vis-à-vis des Congolais et de leurs leaders", indique le COE.

Le Conseil œcuménique des églises est une assemblée réunissant 300 Eglises protestante, orthodoxe, anglicane.

Avec AFP

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Le Soudan célèbre l'accord historique, la désignation du Conseil souverain retardée

Le lieutenant-général Abdel Fattah Al-Burhan, président du Conseil militaire, et le chef de la coalition de l'opposition soudanaise Ahmad al-Rabiah célèbrent la signature de l'accord de partage du pouvoir qui ouvre la voie à un gouvernement de transition

Le Soudan a célébré dimanche l'accord historique signé la veille par les dirigeants militaires et la contestation en vue de la transition vers un pouvoir civil, mais la désignation attendue du Conseil souverain censé piloter cette transition a été reportée à lundi.

Comme la veille, de nouvelles scènes de liesse ont eu lieu dimanche dans les rues de Khartoum pour fêter la signature samedi par les généraux au pouvoir et les meneurs de la contestation d'un accord prévoyant une transition de 39 mois, qui doit être menée par le "Conseil souverain" composé de 11 membres -six civils et cinq militaires.

Attendue dimanche, l'annonce de la composition de ce Conseil souverain n'avait cependant toujours pas eu lieu en fin de soirée. Selon des sources de l'opposition, seuls cinq des onze membres ont été choisis pour le moment, et la composition complète devrait être connue lundi.

La cérémonie de signature, qui avait s'était déroulée samedi dans la capitale en présence de nombreux dignitaires étrangers, a constitué le plus grand événement du genre à être organisé depuis des années, tranchant avec les années d'isolement du Soudan.

De nombreux pays ont salué la signature de l'accord, considéré comme le point de départ d'un "nouveau Soudan", après les 30 ans de pouvoir d'Omar el-Béchir, détenu depuis sa destitution en avril par l'armée sous la pression de manifestations massives.

"Cet accord répond aux demandes du peuple soudanais, qui a appelé sans relâche au changement et à un avenir meilleur", a écrit le secrétaire d'Etat britannique pour l'Afrique, Andrew Stephenson.

Sur Twitter, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a promis que Washington soutiendrait l'établissement "d'un gouvernement qui protège les droits de tous les Soudanais et mène vers des élections libres et équitables".

- Nouvelles institutions -

D'après les documents signés samedi, plusieurs étapes précèderont les élections prévues en 2022.

La première est la formation du Conseil souverain. Remplacant le Conseil militaire, qui avait pris les rênes du pays après la destitution de Omar el-Béchir, ce Conseil souverain sera d'abord dirigé pendant 21 mois par un général, puis par un civil pendant les 18 mois restants.

Abdallah Hamdok, un ex-économiste de l'ONU choisi jeudi par la contestation comme Premier ministre, devrait ensuite être officiellement désigné mardi par ce Conseil.

Le gouvernement doit lui être formé le 28 août, avec 20 membres au maximum, pour permettre aux nouvelles institutions d'affronter les principaux défis du pays, en priorité la relance d'une économie en crise.

Les huit mois de manifestations ont fait plus de 250 morts, selon un comité de médecins proche de la contestation

- Euphorie de courte durée? -

Quelques membres de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, craignent toutefois que l'euphorie ne soit de courte durée, et des tensions persistent.

Alors que l'accord de transition conclu début juillet a été salué comme le meilleur que le Soudan puisse espérer, certains contestataires estiment qu'il a nui à leur révolution.

Ils pointent notamment l'omniprésence dans le processus de transition du général Mohammed Hamdan Daglo, à la tête d'une force paramilitaire et numéro deux du Conseil militaire. Celui-ci a d'ailleurs cosigné l'accord samedi.

Les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) qu'il dirige sont accusés d'avoir réprimé plusieurs manifestations. Beaucoup craignent que le général Daglo, dit "Hemeidti", ne tente de s'accaparer ensuite le pouvoir et de tuer dans l'oeuf le processus démocratique.

Mais pour l'analyste soudanais Abdel Latif al-Buni, le plus grand risque dans l'immédiat pour la transition est la volonté de se venger de certains.

"Un esprit de revanche contre l'ancien régime est dangereux", estime-t-il. "Cela mènera vers un affrontement entre l'ancien régime et les nouveaux dirigeants".

Omar el-Béchir, qui fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" au Darfour (ouest), doit être jugé au Soudan pour corruption. Mais la date de son procès est indéterminée.

Avec AFP

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