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Algérie

Après des magistrats, des maires refusent d'organiser la présidentielle

Le président par interim de l’Algerie, Abdelkader Bensalah, le 9 avril 2019.

Une quarantaine de maires sur les 1.500 que compte l'Algérie ont annoncé dimanche leur refus d'encadrer l'élection présidentielle du 4 juillet, en signe de soutien à la contestation en cours contre le régime.

Le président par intérim Abdelkader Bensalah a annoncé mercredi l'organisation d'un scrutin présidentiel le 4 juillet, pour trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné après avoir été lâché par l'armée à l'issue de plusieurs semaines de manifestations monstres.

En Algérie, les mairies jouent un rôle important dans la supervision des listes électorales, et l'organisation matérielle du scrutin, le déroulement des opérations de vote et le dépouillement des suffrages.

Ces maires emboîtent ainsi le pas à certains magistrats, autre maillon important dans l'organisation des scrutins algériens, qui ont annoncé lundi leur décision de boycotter la supervision l'élection du 4 juillet. L'organisation appelant au boycott n'a cependant pas précisé le nombre de magistrats l'ayant rejointe.

Dans un communiqué, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition), a exprimé le "refus collectif et catégorique de tous ses élus" d'organiser et encadrer cette élection, la qualifiant de "simulacre".

Le RCD contrôle 37 Assemblées populaires communales (APC, mairies), principalement à Tizi Ouzou et Béjaïa (100 et 250 km à l'est d'Alger), les deux principales wilayas (régions administratives) de la Kabylie, une région particulièrement mobilisée.

L'Algérie compte 1.541 mairies, contrôlées majoritairement par le Front de libération nationale (FLN) et son allié le Rassemblement national démocratique (RND), deux partis vilipendés par les manifestants pour leur gestion du pays durant les 20 ans de règne de Bouteflika.

Le maire FLN d'une commune de la région de Tizi Ouzou a également indiqué qu'il ne participerait pas à l'organisation du scrutin du 4 juillet, par un courrier au préfet publié sur Facebook et confirmé à l'AFP par un proche. Le maire indépendant d'une autre commune de la même région a indiqué à l'AFP avoir pris une décision similaire.

Pour les contestataires algériens, les structures et personnalités issues du "système" mis en place par M. Bouteflika, chargées d'organiser la présidentielle devant élire son successeur le 4 juillet, ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable.

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Le patron de l'armée rejette encore la transition réclamée par la contestation

Ahmed Gaïd Salah à Alger le 1er juillet 2018.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne a encore rejeté lundi la mise en place d'institutions de transition, réclamée par le mouvement de contestation pour organiser la succession du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Samedi, une centaine d'organisations de la société civile ont proposé une transition de six mois à un an, dirigée par une instance présidentielle ou un personnalité consensuelle, avec un gouvernement chargé de gérer les affaires courantes et l'installation d'une commission indépendante chargée d'organiser la présidentielle devant élire un successeur à M. Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril.

Devenu de facto l'homme fort du pays, le général Gaïd Salah, qui multiplie les déclarations publiques, a réitéré lundi "l'attachement résolu" de l'armée algérienne "aux solutions légales et constitutionnelles pour résoudre la crise que traverse l'Algérie".

"La priorité aujourd'hui consiste à accélérer l'élection d'un président de la République dans les délais possibles constitutionnellement et acceptables dans le temps", a-t-il poursuivi, rappelant que "ces délais ont atteint aujourd'hui leur limite". "Trouver ces voies qui mèneraient aux présidentielles ne peut se faire qu'à travers le dialogue", a-t-il souligné.

Le Conseil constitutionnel a récemment constaté "l'impossibilité", faute de candidats, d'organiser la présidentielle convoquée le 4 juillet par le chef de l'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah et a chargé ce dernier d'organiser un nouveau scrutin.

Mais le mouvement de contestation inédit, qui agite l'Algérie depuis le 22 février et a contraint M. Bouteflika à démissionner après 20 ans au pouvoir, continue de refuser que ses fidèles toujours aux manettes organisent le scrutin devant élire son successeur et réclame leur départ, notamment celui de M. Bensalah et du général Gaïd Salah.

La Constitution prévoit que M. Bensalah assure l'intérim jusqu'au 9 juillet, délai à l'issue duquel il est censé remettre le pouvoir à un nouveau président élu. Mais les différents délais (convocation, candidatures, campagne...) prévus par la loi électorale rendent impossibles l'organisation d'un scrutin d'ici cette date.

Le général Gaïd Salah a également mis en garde le peuple contre ceux qui "continuent à faire montre d'une opposition fondée uniquement sur le dénigrement d'autrui ou la formulation de nouvelles revendications et de propositions guère adéquates (...) tendant sciemment à faire perdurer la crise".

"C'est au nouveau président seul que revient la tâche de traduire concrètement sur le terrain le programme détaillé et précis des réformes", a-t-il répété.

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