Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Mali

Al-Qaïda au Sahel revendique une attaque et salue le coronavirus

Des policiers maliens prennent position à l'extérieur de Campement Kangaba, une station touristique près de Bamako, au Mali, lundi juin. 19, 2017. (AP Photo / Baba Ahmed)

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) affilié à al-Qaïda a revendiqué l'attaque au cours de laquelle 25 soldats ont été tués début avril dans le nord du Mali, rapporte le groupe américain SITE spécialisé dans la surveillance des formations extrémistes.

Dans un communiqué publié le 10 avril, trois jours après l'attaque, le GSIM met aussi en parallèle l'action de ses combattants contre les forces étrangères au Mali, dont la France et l'Espagne, et le "châtiment" infligé selon lui par Dieu à ces pays sous la forme du nouveau coronavirus.

Le GSIM note que ces pays n'ont pas seulement été touchés sur leur territoire, mais aussi au sein de leurs forces déployées au Mali.

"La pandémie a aussi frappé dans les rangs des forces d'invasion au Mali. C'est le signe de la quasi-désintégration de cette alliance satanique", dit-il dans ce communiqué traduit par SITE.

Le GSIM cite la décision récente de l'Espagne de retirer temporairement ses instructeurs militaires du Mali, mais aussi d'Afghanistan et d'Irak. Cette décision a été prise en raison de "l'état d'épuisement" du pays à cause de la pandémie, dit le GSIM.

L'état-major espagnol a justifié ce rappel par l'interruption des opérations de formation dans ces pays à cause du Covid-19. Au Mali, 85 soldats opérant avec la Mission d'entraînement de l'Union européenne (EUTM) sont concernés. Les opérations autres que de formation ne sont pas affectées, a dit l'état-major espagnol.

Selon le gouvernement malien, 25 soldats ont été tués le 7 avril dans l'attaque contre un poste militaire de Bamba, dans la région de Gao. Le GSIM dit, lui, en avoir "éliminé" environ 30.

L'armée malienne est soumise depuis des mois à des attaques meurtrières contre ses postes isolés, dans un vaste pays en proie aux agissements de groupes liés à al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, aux violences intercommunautaires et aux trafics.

Les insurrections indépendantistes et maintenant jihadistes ainsi que les violences entre communautés ont fait des milliers de morts, combattants et civils, et des centaines de milliers de déplacés depuis 2012, malgré la présence de forces onusiennes, africaines et françaises.

Parties du nord du Mali, les violences se sont propagées au centre du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Toutes les actualités

Le Mali sort du G5 Sahel,"instrumentalisé par l'extérieur"

Un militaire de l'armée malienne du G5 Sahel monte la garde à Sévaré au mali le 30 mai 2018.

La junte au pouvoir au Mali a annoncé dimanche quitter le G5 Sahel et sa force antijihadiste, une organisation qu'elle accuse d'être "instrumentalisée" par l'"extérieur" et dont elle est empêchée d'assurer la présidence pour, selon Bamako, mieux l'isoler.

Après le départ annoncé du Mali, l'organisation régionale sahélienne est réduite à quatre pays: la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger.

Ce départ isole encore plus le Mali de ses voisins alors que Bamako est depuis le 9 janvier la cible de mesures économiques et diplomatiques des Etats ouest-africains pour sanctionner l'intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021.

Il survient aussi après l'annonce début mai par la junte de la fin du traité de coopération de 2014 avec la France, ainsi que des accords de 2013 et 2020 fixant le cadre juridique de la présence de la force antijihadiste Barkhane et du regroupement de forces spéciales européennes Takuba, initié par la France.

Les relations avec les Etats occidentaux se détériorent à mesure que le Mali se tourne vers la Russie. La France et ses alliés accusent la junte de s'être assurée les services de la société de sécurité privée russe Wagner, aux agissements controversés, ce que conteste Bamako.

"Le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe" antijihadiste, indique un communiqué du gouvernement de transition, publié dimanche soir.

Les relations bilatérales avec les pays du G5 Sahel "restent maintenues", a précisé dimanche soir le ministre malien de l'Administration territoriale, le colonel Abdoulaye Maiga, sur la télévision publique malienne.

A l'origine du courroux de Bamako contre le G5, la conférence des chefs d'Etats de l'organisation prévue en février 2022 à Bamako et devant "consacrer le début de la présidence malienne du G5".

Mais "près d'un trimestre après le terme indiqué", cette conférence "ne s'est toujours pas tenue", dit le communiqué du gouvernement malien.

Bamako "rejette fermement l'argument d'un Etat membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s'opposer à l'exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel", sans citer cet Etat.

"Perte d'autonomie"

Selon le gouvernement malien, "l'opposition de certains Etats du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manoeuvres d'un Etat extra-régional visant désespérément à isoler le Mali", sans également préciser ce dernier Etat.

Bamako accuse le G5 Sahel de "perte d'autonomie" et d'être victime d'une "instrumentalisation" et d'un "dysfonctionnement grave" de ses organes.

Outre le Mali et le Burkina, le G5 Sahel, composé d'environ 5.000 militaires, est formé de la Mauritanie, du Tchad et du Niger.

Les coups d'Etat militaires au Mali et au Burkina Faso, deux des cinq membres de la Force multilatérale anti-jihadiste G5 Sahel, mettent à mal sa capacité opérationnelle, a récemment estimé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis le 11 mai au Conseil de sécurité.

"Je suis profondément préoccupé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que par l'effet potentiellement néfaste que la situation politique incertaine au Mali, au Burkina Faso et au-delà aura sur les efforts visant à rendre plus opérationnelle la Force conjointe G5 Sahel", avait-il dit dans ce document obtenu par l'AFP.

Les cinq pays du G5 Sahel avaient créé en 2014 cette organisation puis lancé en 2017 sa force militaire alors que l'étau des jihadistes se resserrait autour de ces Etats, aux armées sous-équipées.

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'opérations de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi qu'à des violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits.

Ces violences, parties du nord en 2012, se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaine.

Manifestation de soutien aux autorités maliennes, à l'armée et aux Russes

Des Maliens agitent des drapeaux de la Russie lors d'une manifestation pro-Junte à Bamako, le 13 mai 2022.

Les manifestants se sont surtout ralliés autour de leur armée et contre les sanctions ouest-africaines.

Plusieurs centaines de Maliens se sont rassemblés vendredi à Bamako pour soutenir la junte, l'armée et la coopération militaire avec les Russes, dénoncée par les Occidentaux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les différentes organisations qui avaient appelé à se rassembler sur la place de l'Indépendance avaient aussi en ligne de mire, pour certaines, les sanctions ouest-africaines toujours en vigueur contre le Mali et la présence sur le territoire malien des milliers de Casques bleus de la mission de l'ONU (Minusma) dont le mandat est soumis à renouvellement en juin.

Le retrait de la France, engagée militairement au Mali depuis 2013, et l'appel à l'aide à la Russie figuraient alors parmi les principales demandes des manifestants.

La France et ses alliés européens ont depuis lors annoncé leur retrait après des mois de dégradation diplomatique. Les Russes, mercenaires de la société privée Wagner selon les Occidentaux ou instructeurs déployés en vertu d'une légitime coopération entre Etats selon les autorités maliennes, se sont au contraire faits de plus en plus présents.

Des drapeaux russes ont été brandis vendredi par les manifestants. Certains ont déployé une banderole "A bas la France, à bas la Minusma, à bas la Cédéao", la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest qui fait pression sur les colonels pour qu'ils rendent le pouvoir aux civils plus rapidement qu'ils ne l'entendent.

Les manifestants se sont surtout ralliés autour de leur armée et contre les sanctions ouest-africaines. "Parce qu’aujourd’hui, c’est l’armée notre espoir et notre unique espoir”, disait Bakary Diarra, 37 ans et membre d'une organisation de jeunes.

"Oui, la France est partie. Maintenant, que peut faire le Mali, c'est aussi de ça qu’il s’agit”, disait Awa Camara, de la Ligue des musulmanes.

"Nous souhaitons que Dieu montre le chemin de la sagesse à la Cédéao, à l’Union africaine et à la communauté internationale pour que le Mali sorte de cette situation", disait Gabriel Coulibaly, membre d'une organisation de jeunes chrétiens. En attendant, "nous sommes Maliens, nous soutenons l'armée".

Les autorités revendiquent une montée en puissance difficilement vérifiable contre les jihadistes qui sévissent dans le pays depuis 2013. Le pays est par ailleurs plongé dans une crise économique profonde dont l'embargo sur les transactions commerciales et financières imposé par la Cédéao aggrave les retombées.

Que reproche la justice malienne au ministre français Jean-Yves Le Drian?

Que reproche la justice malienne au ministre français Jean-Yves Le Drian?
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:25 0:00

Jean-Yves Le Drian convoqué à Bamako: l'affaire date de 2015

Jean-Yves Le Drian convoqué à Bamako: l'affaire date de 2015
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:09 0:00

Le ministre français des Affaires étrangères convoqué par la justice malienne

Jean-Yves Le Drian après une conférence de presse à Paris, à l'époque où il était ministre français de la Défense, le samedi 12 janvier 2013.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est convoqué par la justice malienne dans le cadre d'une enquête portant sur une "atteinte aux biens publics et autres infractions", a appris mercredi l'AFP auprès d'un tribunal de Bamako.

"Le juge d'instruction du deuxième cabinet au tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako (pôle économique et financier) invite Monsieur Jean-Yves Le Drian à se présenter à son cabinet le lundi 20 juin 2022 pour affaire le concernant", précise la convocation, qui a été authentifiée à l'AFP par la justice malienne.

Une source judiciaire malienne a précisé à l'AFP que cette enquête faisait suite à une plainte d'une plateforme de plusieurs associations de la société civile malienne, dénommée "Maliko" ("La cause du Mali"). "C'est une histoire d'attribution d'un marché de fabrication de passeports maliens à une société française (à laquelle) le fils de Le Drian serait lié", a ajouté cette source judiciaire.

Selon un document officiel consulté par l'AFP, l'affaire date de 2015, lorsque Ibrahim Boubacar Keita était président du Mali.

A cette époque, une société française - Oberthur Technologie - a obtenu pour une dizaine d'années le marché de fabrication des passeports biométriques maliens.

"Le Drian était à l'époque ministre de la Défense. A-t-il appuyé le dossier pour défendre une entreprise française ou ses intérêts ? Voilà en gros ce que la justice malienne cherche à comprendre. Là, nous sommes au stade des enquêtes", a déclaré à l'AFP une autre source judiciaire malienne.

De son côté, l'association Maliko (proche de la junte actuellement au pouvoir au Mali), qui a porté plainte et s'est constituée partie civile, a mis un document à la disposition de l'AFP. "Les procédures et règles instituées par la législation malienne, en particulier le décret n°2015 – 06040 du 25 septembre portant code des marchés publics ont été allègrement violées à l'occasion de l'attribution du marché susmentionné", affirme le document qui accompagne la plainte.

Interrogée par l'AFP, une source diplomatique à Bamako a affirmé mercredi "qu'à ce jour, aucune plainte n'est parvenue à l'ambassade de France à Bamako".

Commentant le dossier, une magistrate malienne a de son côté indiqué à l'AFP que "cette convocation" du ministre français en l'état n'a "aucun fondement juridique".

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'opérations de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi qu'à des violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits.

Ces violences, parties du nord en 2012, se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaine.

Les rapports entre Bamako et Paris ne cessent de se dégrader ces derniers mois, en particulier depuis l'arrivée au Mali de paramilitaires du groupe russe Wagner.

Les autorités maliennes - dominées par les militaires arrivés au pouvoir par la force en août 2020 - ont annoncé début mai mettre fin au traité de coopération de 2014 avec la France, ainsi qu'aux accords de 2013 et 2020 fixant le cadre juridique de la présence de Barkhane et du regroupement de forces spéciales européennes Takuba, initié par la France.

Voir plus

XS
SM
MD
LG