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Affaire Weinstein: grand déballage sur les abus sexuels à Hollywood

Le producteur Harvey Weinstein lors de son arrivée au festival de Cannes, le 23 mars 2017.

De nouvelles accusations contre le producteur américain déchu continuent de déferler à Hollywood et ont déclenché un grand déballage visant les pratiques d'abus sexuels de ce haut lieu du cinéma.

Harvey Weinstein, 65 ans, est accusé de viol par trois femmes dont la star italienne Asia Argento et de harcèlement sexuel envers de jeunes actrices, mannequins et employées depuis les années 1990. Il a répondu, par porte-parole interposée, que les relations sexuelles publiquement révélées étaient consenties.

L'actrice Cara Delevingne, star du dernier Luc Besson "Valérian et la cité des mille planètes", raconte sur Instagram qu'Harvey Weinstein, qu'elle avait suivi à contre-coeur dans une chambre d'hôtel, lui a demandé d'embrasser une femme qui se trouvait là et a tenté de l'embrasser sur la bouche avant qu'elle ne s'échappe.

Léa Seydoux, star de "La vie d'Adèle" et du James Bond "007 Spectre", dans une tribune au Guardian, dit avoir dû "se défendre" pour échapper au puissant producteur qui s'était "jeté sur elle".

Ces témoignages viennent corroborer ceux recueillis dans le New York Times et le New Yorker depuis la semaine dernière, notamment de Mira Sorvino, Rosana Arquette, Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Emma de Caunes et Judith Godrèche, qui ont décrit les avances sexuelles insistantes du producteur, souvent dans une chambre d'hôtel et vêtu d'un peignoir, voire nu.

Sommet de l'iceberg

Progressivement, les langues se délient et jettent une lumière crue sur des pratiques qui, selon certains, minent depuis longtemps Hollywood.

"Il y a des gens très bien à Hollywood, mais il y a aussi des salopards, des gens pourris jusqu'à la moelle, qui réussissent dans ce milieu parce que c'est un monde de tueurs", a affirmé le consultant Alex Ben Block, membre de la rédaction en chef du magazine spécialisé "The Hollywood Reporter" durant plus de dix ans.

Harvey Weinstein n'est pourtant que "le sommet de l'iceberg", insiste l'acteur et réalisateur Rob Schneider ("Inside Amy Schumer") dans une vidéo publiée par le site TMZ --le site de référence sur les célébrités-- où il dit avoir été lui-même harcelé par un cinéaste célèbre lorsqu'il était jeune.

"Les acteurs, les actrices plus que les hommes, sont particulièrement vulnérables. Ils ont besoin d'un agent et les agents sont répugnants aussi", assure-t-il. "Les directeurs de casting, les producteurs, les réalisateurs, c'est partout dans l'industrie", selon lui.

'Traitement misogyne'

Dans sa tribune, Léa Seydoux dit rencontrer des hommes comme Harvey Weinstein "tout le temps" et dénonce le traitement misogyne des femmes dans le cinéma, de l'exigence de perfection physique aux écarts de salaires injustifiés avec les hommes.

Rose McGowan est l'une des actrices citées dans le New York Times comme ayant passé un accord amiable avec Harvey Weinstein après un incident, ce qu'elle semble confirmer dans une avalanche de tweets sur l'affaire. Elle a lancé une véritable campagne sur Twitter pour obtenir la démission de la totalité du conseil d'administration de The Weinstein Company, y compris Bob, le frère de Harvey et cofondateur de leur maison de production: "Ils étaient tous au courant", dénonce-t-elle.

La direction de The Weinstein Company, qui a licencié le producteur dimanche dernier, a assuré ne pas avoir été au courant de ses comportements envers les femmes, mais mercredi le New York Times a affirmé qu'elle avait eu connaissance depuis 2015 des accords financiers passés avec trois ou quatre actrices pour qu'elles ne parlent pas.

Rose McGowan traite aussi de menteur l'acteur Ben Affleck, ce dernier ayant laissé entendre qu'il ignorait le comportement de Weinstein qui a lancé sa carrière.

Selon TMZ, le producteur est parti pour l'Arizona suivre une cure, notamment contre l'addiction au sexe. Sa porte-parole Sallie Hofmeister, contactée par l'AFP, n'a fait aucun commentaire.

Plus tôt mercredi, Remy, la fille du producteur, a alerté la police sur un comportement "suicidaire" de son père. La police, arrivée sur place, a conclu à une simple "dispute familiale", a indiqué un porte-parole du LAPD.

Retombées politiques

Le producteur s'est dit "profondément dévasté" après sa rupture avec son épouse Georgina Chapman, qui a annoncé le quitter.

"Je suis profondément dévasté. J'ai perdu ma femme et les enfants, que j'aime plus que tout", a déclaré Harry Weinstein au New York Post, en disant espérer qu'un jour ils puissent "se réconcilier".

Le scandale, de plus en plus retentissant, a débordé sur la scène politique car Harvey Weinstein finançait le camp démocrate auquel il a personnellement donné 1,4 million de dollars depuis 1990, selon le Center for Responsive Politics, et pour lequel il a levé des centaines de milliers de dollars.

Critiqués après plusieurs jours de silence, Hillary Clinton s'est dite mardi "choquée et écoeurée", et Barack et Michelle Obama "dégoûtés".

Avec AFP

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Arrestation et inculpation de l'ex-collaboratrice de Jeffrey Epstein pour trafic de mineures

Ghislaine Maxwell a été arrêtée le 2 juillet 2020 par le FBI pour trafic de mineures dans l'affaire Epstein. (Photo AFP/20 septembre 2013)

Ghislaine Maxwell, ex-collaboratrice et ex-compagne de Jeffrey Epstein, a été arrêtée aux Etats-Unis et inculpée de trafic de mineures, accusée d'avoir recruté des mineures victimes d'abus sexuels commis par le financier new-yorkais.

La fille de l'ex-magnat britannique Robert Maxwell a été interpellée jeudi matin à Bradford, dans le New Hampshire, près d'un an après le suicide en prison de Jeffrey Epstein. Son arrestation constitue un rebondissement dans ce scandale qui touche à la jetset et à la famille royale britannique, en raison des liens entre M. Epstein et le prince Andrew.

Ghislaine Maxwell a comparu -par lien vidéo, pandémie oblige- devant une juge fédérale du New Hampshire, qui lui a lu les chefs d'accusation retenus contre elle. Mme Maxwell n'a parlé que par monosyllabes, et devait être transférée dans la foulée dans une prison de New York, où se tiendront les prochaines audiences.

Elle devra répondre de six chefs d'inculpation pour avoir "aidé, facilité et contribué aux agressions sur mineures de Jeffrey Epstein", de 1994 à 1997. Soit plusieurs années avant les faits pour lesquels Jeffrey Epstein avait lui été inculpé en juillet 2019, qui dataient du début des années 2000. Ghislaine Maxwell est aussi accusée d'"avoir menti de façon répétée" lors d'un témoignage sous serment dans le cadre d'un procès au civil en 2016.

L'acte d'accusation cite trois victimes présumées, identifiées uniquement par des numéros, toutes mineures à l'époque des faits: il indique qu'elles ont été amenées par Ghislaine Maxwell dans les résidences du financier à Manhattan, en Floride, au Nouveau-Mexique, ainsi que dans la résidence de Mme Maxwell à Londres, avant d'être agressées sexuellement.

Ghislaine Maxwell "se liait avec ces filles, en leur posant des questions sur leurs vies", et "en les invitant au cinéma ou à faire des emplettes", a souligné la procureure fédérale de Manhattan Audrey Strauss lors d'un point presse.

Elle "normalisait" l'obligation qui leur était faite d'avoir un rapport sexuel avec lui, en se déshabillant devant elles et en participant à des massages sexuels, a-t-elle ajouté, saluant le "courage" des femmes ayant accepté de témoigner "des décennies après" les agressions présumées.

Plusieurs des chefs d'inculpation, notamment pour incitation à des actes sexuels illégaux, pourrait valoir à cette habituée des soirées mondaines la prison à vie en cas de condamnation.

-"Magnifique propriété"-

Depuis que Jeffrey Epstein s'est pendu dans une prison de Manhattan en août 2019, à l'âge de 66 ans, Ghislaine Maxwell figurait en tête de liste des complices présumés dans l'enquête que la justice avait promis aux victimes présumées de poursuivre.

Plusieurs d'entre elles avaient indiqué, aux médias ou dans des documents judiciaires, avoir été "recrutées" par Ghislaine Maxwell, à une époque où elles constituaient des victimes faciles, inexpérimentées et désargentées.

Mme Maxwell avait disparu de la circulation depuis l'arrestation du financier en juillet 2019, alimentant toutes les spéculations, relayées par les tabloïdes britanniques. Mais les enquêteurs new-yorkais étaient restés muets sur son sort.

"Nous suivions discrètement ses déplacements", a indiqué William Sweeney, un responsable du FBI new-yorkais. "Récemment, nous avions appris qu'elle s'était faufilée dans une magnifique propriété du New Hampshire, continuant à mener une vie de privilégiée, tandis que ses victimes souffrent de traumatismes infligés il y a des années,", a-t-il ajouté.

Détentrice de plusieurs passeports, Ghislaine Maxwell était une figure de la jetset, tout comme Jeffrey Epstein, dont le carnet d'adresses comptait de nombreuses célébrités en Europe et aux Etats-Unis, y compris le prince Andrew ou l'ex-président américain Bill Clinton.

Le suicide du financier avait alimenté toutes sortes de théories du complot, laissant entendre qu'il aurait été éliminé pour ne pas compromettre ses puissants amis.

-Pressions sur le prince Andrew-

L'arrestation de Ghislaine Maxwell risque de placer le prince Andrew à nouveau sous les projecteurs. Dans des documents judiciaires publiés en août 2019, une femme, Virginia Roberts, affirmait avoir eu des relations sexuelles avec le prince, auxquelles Epstein l'aurait contrainte lorsqu'elle avait 17 ans.

Le duc d'York a toujours démenti ces allégations, mais la publication d'une photo, montrant Virginia Roberts à cette époque enlacée par le prince, ont alimenté les rumeurs, ainsi qu'un cliché montrant le prince en train de se promener à New York avec le financier alors même que ce dernier avait déjà été condamné et emprisonné pour recours à la prostitution en 2008.

Après l'avoir accusé de "faire semblant" de vouloir coopérer avec la justice américaine, la procureure Strauss a indiqué jeudi que les enquêteurs new-yorkais espéraient toujours interroger le prince, tombé en disgrâce avec cette affaire. "Nous serions ravis que le prince Andrew vienne nous parler, nous aimerions pouvoir profiter de ses déclarations", a-t-elle indiqué, soulignant que l'enquête était toujours en cours.

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Accord sur un fonds de 19 millions de dollars pour indemniser des victimes d'Harvey Weinstein

L'actrice Louisette Geiss lors d'une conférence de presse du groupe de femmes "Silence Breakers", qui ont dénoncé le comportement prédateur sexuel du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, à l'hôtel de ville de Los Angeles, le 25 février 2020. (AP Photo/Chris Pizzello)

Les femmes harcelées ou agressées alors qu'elles travaillaient pour Harvey Weinstein et sa société de production devraient bientôt pouvoir être indemnisées, suite à un accord censé mettre fin à deux actions en justice et annoncé mardi par la procureure de l'Etat de New York.

Selon la procureure Letitia James, l'accord doit encore être validé par deux juges - le juge des faillites qui supervise la liquidation de la Weinstein Company et un juge fédéral new-yorkais.

S'il est accepté, il mettra fin à une action en nom collectif intenté devant la justice civile fédérale contre l'ex-producteur d'Hollywood -qui purge actuellement une peine de 23 ans de prison- ainsi qu'à la plainte déposée en février 2018 par la procureure de New York contre Weinstein, accusé d'avoir notamment exigé des faveurs sexuelles de certaines employées avec la complicité de sa société.

"Après tout le harcèlement, les menaces, les discriminations, ces victimes vont enfin voir justice rendue", s'est félicitée la procureure.

Louisette Geiss, l'une des femmes à l'origine de la plainte en nom collectif contre l'ex-producteur, s'est félicitée de la création d'un fonds qui permettra d'indemniser "beaucoup de victimes qui ont perdu leur carrière, et beaucoup plus".

Les avocats Douglas Wigdor et Kevin Mintzer, représentant six victimes présumées d'Harvey Weinstein, ont cependant dénoncé un projet d'accord "profondément injuste".

Ils ont notamment souligné qu'Harvey Weinstein n'y acceptait aucune responsabilité pour ses actes, qu'il ne contribuerait pas financièrement au fonds, et que les victimes qui voudraient poursuivre les compagnies d'assurance du producteur et de sa société ne le pourront plus car elles seront libérées de toute obligation par l'accord.

Le communiqué de la procureure mardi ne mentionne pas un autre projet d'accord annoncé en décembre, qui prévoyait le versement de quelque 25 millions de dollars aux victimes présumées dans le cadre d'un accord global qui solderait l'ensemble des dettes, contentieux et obligations de la Weinstein Company.

Plusieurs accords distincts sont négociés entre avocats pour solder une série de procès intentés au civil dans le sillage de l'affaire Weinstein, qui a éclaté en octobre 2017 et donné naissance au mouvement #MeToo, mouvement de dénonciation des agressions sexuelles souvent impunies perpétrées par des hommes de pouvoir.

Accusé d'agressions sexuelles et de harcèlement par une centaine de femmes, Harvey Weinstein, 68 ans, a été jugé coupable d'un viol et d'une agression sexuelle par un jury new-yorkais en février dernier.

New York revoit le budget de sa police

Des agents de police de New York arrêtent un homme sur une promenade à New York, le 21 juin 202

La ville de New York a adopté dans la nuit de mardi à mercredi un budget annuel réduisant les fonds alloués à ses services de police, illustration de l'impact des manifestations antiracistes même si la mesure a été critiquée de toutes parts.

Le budget de la première métropole américaine pour l'année fiscale 2021 qui s'ouvre ce 1er juillet rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des Etats-Unis avec quelque 36.000 agents - de quelque 6 milliards, selon le maire de New York Bill de Blasio.

Selon lui, ces coupes répondent aux exigences de réformes des manifestations antiracistes portées par le mouvement #BlackLivesMatter qui ont suivi la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

A New York comme ailleurs, les demandes de transfert des fonds alloués à la police municipale au profit des minorités défavorisées ont été une revendication phare des manifestants.

M. de Blasio souligne avoir renoncé à embaucher 1.100 policiers qui devaient commencer leur formation en juillet. Et assure que son budget répond aux demandes pour plus de justice sociale comme au "désir profond" de sécurité des 8,5 millions de New Yorkais.

Mais les mesures ont été jugées insuffisantes, voire purement cosmétiques, par l'aile gauche du parti démocrate, et ont été critiquées par les républicains qui voient dans une récente augmentation des fusillades à New York la preuve que la police doit être soutenue.

Donald Trump a ainsi accusé dans un tweet mercredi le maire de "neutraliser et mépriser" une police qu'"il déteste".

Le président américain s'en est aussi pris à la décision du maire de placer prochainement un panneau à l'emblème de "Black Lives Matter" devant la tour Trump, sur la 5e Avenue, où habitait le milliardaire jusqu'à son élection.

Après que le maire eut déclaré sur la chaîne MSNBC qu'il voulait ainsi que le président "entende (...) trois mots pour lesquels il n'a jamais montré aucun respect", M. Trump a estimé que la police ne devrait "peut-être" pas laisser apposer "ce symbole de haine sur la plus prestigieuse rue new-yorkaise".

Le budget new-yorkais 2021 s'inscrit dans un contexte de coupes budgétaires imposées par la pandémie, avec la crise économique et le manque à gagner fiscal qu'elle a générés.

Il atteint 88,1 milliards de dollars, soit sept milliards de moins qu'une version préliminaire adoptée en février, un mois avant que la pandémie ne mette la capitale économique américaine à l'arrêt.

Le maire explique depuis plusieurs semaines que si le gouvernement fédéral n'accorde pas d'aide substantielle à la ville ou si l'Etat de New York ne l'autorise pas à recourir à l'emprunt, quelque 22.000 postes municipaux devront être supprimés le 1er octobre, affectant tous les services de base.

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