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Pékin "indigné" par les sanctions américaines sur l'achat d'armes russes


Le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump discutent lors de la photo de famille au sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Danang, Vietnam, 11 novembre 2017.

La Chine a fait part de sa "grande indignation" après les sanctions prises à son encontre par les Etats-Unis pour les achats d'armements passés par Pékin à la Russie.

Washington a annoncé jeudi soir avoir sanctionné pour la première fois une entité étrangère pour avoir acheté des armes russes, à savoir une unité de l'armée chinoise qui a acquis des avions de chasse et des missiles sol-air.

"Ce geste des Etats-Unis viole gravement les principes fondamentaux des relations internationales et nuit sérieusement aux relations entre les deux pays et leurs armées", a déclaré lors d'un point de presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, précisant que Pékin avait d'ores et déjà protesté auprès de Washington.

"Nous appelons fermement les Etats-Unis à rectifier immédiatement cette faute et à retirer ces soi-disant sanctions. Autrement les Etats-Unis devront en payer les conséquences", a-t-il averti.

Au même moment, Moscou a accusé Washington de "jouer avec le feu" dans cette affaire et de menacer "la stabilité mondiale".

A propos des achats d'armes à la Russie, le porte-parole chinois a rappelé que ce pays était "un partenaire de coopération stratégique" de Pékin.

Cette coopération vise à défendre "les intérêts légitimes des deux pays ainsi que la paix et la stabilité régionales", sans viser "aucune tierce partie", a assuré M. Geng.

Washington a imposé des sanctions financières ciblées contre une unité-clé du ministère chinois de la Défense, Equipment Development Department, et son directeur, Li Shangfu, pour l'achat d'avions de combat Soukhoï Su-35 fin 2017 et d'équipement lié au système de défense antiaérienne russe S-400 début 2018.

Ce nouveau bras de fer sino-américain intervient alors que les deux pays sont déjà aux prises avec une guerre commerciale et s'affrontent à coups de droits de douane sur leurs exportations mutuelles.

Les nouvelles sanctions des Etats-Unis visant notamment une entité chinoise ayant acheté des armes russes menacent "la stabilité mondiale", a dénoncé vendredi un vice-ministre russe des Affaires étrangères, accusant Washington de "jouer avec le feu".

"Il serait bon de se souvenir d'une notion comme la stabilité mondiale, qu'ils ébranlent de manière irréfléchie", a déclaré le vice-ministre russe Sergueï Riabkov dans un communiqué, ajoutant que "jouer avec le feu est stupide car cela peut devenir dangereux".

Washington a annoncé jeudi soir avoir sanctionné pour la première fois une entité étrangère pour avoir acheté des armes russes, à savoir une unité de l'armée chinoise qui a acquis des avions de chasse et des missiles sol-air.

Les Etats-Unis ont en outre placé 33 personnes et entités russes supplémentaires, dans les secteurs militaire et du renseignement du gouvernement de Moscou, sur leur liste noire des individus et entités avec lesquels toute transaction est interdite en matière d'armement sous peine de sanctions.

Pour Sergueï Riabkov, il existe aux Etats-Unis "un plaisir national à prendre des mesures anti-russes", calculant qu'il s'agit du soixantième round de sanctions contre la Russie depuis 2011.

"Chaque nouvelle série de sanctions démontre l'absence totale des résultats souhaités par nos ennemis (...) Les +listes noires+ américaines se dupliquent de plus en plus. C'est drôle mais c'est comme ça", a ajouté ce haut diplomate dans le communiqué publié par le ministère russe des Affaires étrangères.

Assurant que "jamais personne ne réussira" à "dicter des conditions" à la Russie, il a invité "les opérateurs de la machine à sanctions de Washington à sa familiariser au moins de manière superficielle avec l'histoire russe, afin d'arrêter de s'agiter en vain".

Parmi les nouveaux venus de la "liste noire" américaine, on trouve Igor Korobov, le patron du GRU, le service de renseignement militaire russe. L'organisation paramilitaire Wagner et son financier Evguéni Prigojine, un homme d'affaires proche du président Poutine, sont également sanctionnés.

Avec AFP

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