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Accord de cessez-le-feu à Gaza

Des soldats israéliens debout sur des véhicules blindés de transport de troupes dans une zone de rassemblement près de la frontière avec Gaza, dans le sud d'Israël, le 13 novembre 2019. REUTERS / Ammar Awad

Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur à 05H30 locale (03H30 GMT) dans la bande de Gaza, ont indiqué à l'AFP une source égyptienne au fait de la médiation et un haut responsable du Jihad islamique.

Cet "accord de cessez-le-feu intervient à la suite des efforts de l'Egypte" et a reçu l'aval "des factions palestiniennes incluant le Jihad islamique", a indiqué ce haut responsable égyptien.

Selon ce responsable, l'accord stipule que les factions palestiniennes doivent aussi s'assurer d'un retour au calme à Gaza et de "maintenir la paix" lors de manifestations. De son côté Israël, doit aussi arrêter les hostilités et "s'assurer d'un cessez-le-feu" lors des manifestations de Palestiniens.

Une source au sein du Jihad islamique a confirmé l'accord à l'AFP. Un responsable militaire israélien avait indiqué mercredi soir à l'AFP que l'armée israélienne allait mettre fin à son opération à Gaza si le Jihad islamique cessait de son côté les tirs de roquettes vers Israël.

Plus tôt, six membres d'une même famille palestinienne ont été tués dans une frappe israélienne visant des éléments du Jihad Islamique dans la bande de Gaza, selon le ministère local de la Santé.

Ces nouveaux décès portent à 32 le nombre de morts à Gaza dans des frappes israéliennes visant depuis mardi non pas le Hamas, mais un autre groupe islamiste armé local, le Jihad Islamique, selon le dernier bilan de ce ministère.

L'armée israélienne accuse notamment le Jihad islamique d'utiliser des boucliers humains pour se protéger de frappes et dit utiliser des techniques de pointe pour minimiser les pertes chez la population civile.

Cette séquence est la plus meurtrière depuis des heurts entre soldats israéliens et Palestiniens ayant fait environ une soixantaine de morts le 14 mai 2018 à Gaza, jour de l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade américaine. Cette décision avait entériné la reconnaissance par les Etats-Unis de cette ville contestée comme capitale d'Israël.

Avec AFP

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Troubles en Iran : des vidéos émergent sur le Net, révélant l'ampleur de la répression

Manifestation à Téhéran en Iran le 16 novembre 2019.

Des vidéos de manifestants en sang et de tireurs perchés sur des toits ont émergé avec le retour progressif d'internet en Iran, coupé pendant des troubles qui ont entraîné l'une des répressions les plus brutales de la République islamique, selon des analystes.

Déclenchées le 15 novembre par l'annonce d'une hausse du prix de l'essence, les manifestations, violentes par endroits, se sont rapidement étendues à plusieurs dizaines de localités.

Mais l'accès des protestataires au monde extérieur via internet a été tout aussi rapidement coupé par les autorités, selon NetBlocks, qui surveille la liberté d'accès à internet et a fait part d'une interruption quasi-totale durant au moins une semaine.

Pendant ce blackout, la répression a été "plus brutale" que lors de précédents mouvements de contestation en Iran, affirme à l'AFP Kamran Matin, chercheur en relations internationales à l'université du Sussex (Grande-Bretagne).

"Toutes les vidéos que j'ai vues avant la coupure d'internet montrent que l'intervalle entre le début des rassemblements et les +tirs pour tuer+ était très court".

Fin novembre, le guide suprême Ali Khamenei a affirmé que son pays avait mis en échec "un complot dangereux" orchestré principalement par les Etats-Unis et Israël, ennemis jurés de Téhéran.

Mais, dans le sillage du retour progressif d'internet, des vidéos provenant de la centaine de sites théâtres de manifestations ont commencé à circuler, donnant une autre version des faits.

- Images tremblantes -

Sur ces images tremblantes, l'on peut voir des forces de sécurité tirant à bout portant sur des manifestants désarmés ou les frappant à coups de bâtons, tandis que des corps ensanglantés jonchent le sol.

Des cris d'effroi et des slogans retentissent contre l'appareil sécuritaire et la classe dirigeante, dénonçant l'inflation et le fort taux de chômage.

Dans une vidéo filmée à Téhéran, dont Amnesty International a garanti l'authenticité, des membres des forces de sécurité surgissent de l'arrière d'un bâtiment et tirent sur des manifestants.

Une autre montre plusieurs hommes armés vêtus d'un uniforme noir tirant sur des gens du toit d'un bâtiment gouvernemental à Javanroud, dans la province de Kermanshah (ouest).

Pendant les manifestations, stations-service, commissariats, centre commerciaux, mosquées et bâtiments publics ont été incendiés ou attaqués, selon les médias locaux.

Au moins "208 personnes" ont été tuées dans la répression, a affirmé lundi Amnesty, selon qui le "bilan réel" est même "vraisemblablement supérieur".

L'Iran a qualifié de "mensonges absolus" ces bilans fournis par des "groupes hostiles". Les autorités iraniennes n'ont confirmé la mort que de cinq personnes --quatre membres des forces de l'ordre tués par des "émeutiers" et un civil--, et annoncé environ 500 arrestations dont 180 "meneurs".

A l'inverse, le président américain Donald Trump, qui a fait de l'Iran une de ses bêtes noires, a évoqué mardi "peut-être des milliers et des milliers" de morts.

Dans ce contexte, reconstituer les faits par le visionnage des vidéos, même avec une vérification scrupuleuse, reste un défi.

Car selon Nick Waters, du site d'investigation Bellingcat, des images d'anciennes manifestations pourraient circuler parmi celles des troubles de novembre.

"Actuellement, il y a beaucoup de contenu diffusé en même temps, ce qui rend la vérification difficile", et il "manque des informations sur le contexte".

"On ne voit pas l'image d'ensemble", dit pour sa part l'auteure canado-iranienne Nazila Fathi. "On ne voit que ce qui est devant l'objectif de la caméra, donc c'est difficile de dénombrer. Combien de gens sont présents? Comment ont-ils été incités à participer? (...) Il y a beaucoup d'hypothèses".

- Peur de représailles -

Selon Amnesty, les familles de victimes ont été "averties de ne pas parler aux médias".

Certaines ont néanmoins pris le risque, à l'instar de celle de Pooya Bakhtiari, l'une des personnes dont la mort a été confirmée par des organisations de défense des droits humains.

Dans la vidéo filmée d'une morgue envoyée par cette famille à la militante Masih Alinejad basée aux Etats-Unis, on peut voir le corps sans vie de Pooya Bakhtiari, le visage apparemment atteint par balles.

Beaucoup d'Iraniens craignent de publier directement des vidéos et préfèrent les envoyer à des journalistes et militants à l'étranger, relève le chercheur spécialisé sur les droits numériques en Iran, Kaveh Azarhoosh.

Mais, pour beaucoup, la peur des représailles pousse au silence.

Selon le Comité pour la protection des journalistes basé à New York, le journaliste Mohammad Mosaed a été arrêté le 22 novembre en Iran après avoir contourné la coupure du réseau pour écrire sur Twitter: "Bonjour monde libre! (...). Des millions d'Iraniens sont privés d'internet. Vous nous entendez?"

D'après M. Azarhoosh, "les autorités ont compris que, pour contrôler les comportements en ligne, le contrôle du réseau ne suffit pas, il faut aussi instaurer un facteur peur dans la vie réelle".

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