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A Philadelphie, un défilé historique s'ouvre à plus de diversité

Un groupe de mimes de Philadelphie marche à Seaside Heights, NJ, le dimanche 13 octobre 2013. (AP Photo / Mel Evans)

Depuis plus d'un siècle, au jour de l'An, les rues de Philadelphie voient défiler la Mummers Parade, et avec elle ses cortèges de costumes flamboyants, de danses exubérantes et de musique endiablée.

Ce sont des immigrés qui ont importé au XVIIe siècle cette Mummers Parade, qui tire son nom du mot français "momerie" désignant une cérémonie ridicule, pour célébrer leurs traditions ensemble.

Cette année, le défilé espère mettre fin à plusieurs années de polémiques et d'accusations de racisme et d'exclusion, ses organisateurs ayant invité plusieurs minorités ethniques à se joindre à la fête.

"Depuis que nous avons lancé notre propre carnaval dans le sud de Philadelphie, nous avions un rêve: pouvoir un jour participer à la Mummers Parade. Et maintenant, ce rêve se réalise", explique David Piña, président du San Mateo Carnavalero, un groupe de carnaval mexicain invité, comme trois autres groupes, à rejoindre le cortège cette année.

Cette procession est souvent considérée comme l'équivalent du Mardi Gras à Philadelphie, avec de larges quantités d'alcools ingérées et des participants en costumes exotiques.

L'année dernière, ils étaient 10.000 à arborer robes à sequins et plumes dans le centre de la ville, pour jouer des saynètes, danser ou faire de la musique.

- Blackface -

Mais cette manifestation, originaire des quartiers populaires blancs de la ville, est souvent accusée de racisme et de xénophobie. Les Noirs américains -- 44% des habitants de Philadelphie -- et les autres minorités ne participent pas à ce défilé.

"Une ségrégation s'est installée, en fonction de la couleur de peau et de la langue parlée. Les Noirs américains ont arrêté de participer pendant la Grande dépression, parce qu'ils avaient moins d'argent, mais également parce qu'on voyait de plus en plus de +blackface+", forme théâtrale dans laquelle des acteurs blancs se griment en Noirs pour les imiter, explique Jesse Engaard, qui participe à ce défilé, et cherche à y instaurer plus de diversité.

Même si les organisateurs ont décidé d'interdire ce procédé humiliant en 1964, les Noirs ne sont pas revenus dans les rangs de la procession.

Les organisateurs ont promis de faire des efforts pour que les minorités ethniques soient mieux représentées lors de l'évènement.

"Nous voulons tous que cette procession grandisse et aille de l'avant. Nous voulons que la parade soit plus inclusive et que toutes les communautés de Philadelphie soient représentées", a expliqué Heorge Badey, un porte-parole de la Mummers Parade.

Pour Mark Montanaro, conservateur du musée Mummers, dédié à cette fête, les nouveaux arrivants à Philadelphie comprennent mal le sens du défilé. "La Mummers Parade n'a jamais exclu qui que ce soit. C'est la parade du peuple, faite par le peuple. Il s'agit juste de la classe ouvrière qui se réunit pour s'amuser. Mais j'imagine que nous devons améliorer notre communication, pour que les gens apprennent à mieux nous connaître", explique-t-il.

Un avis partagé par Leo Dignam, le directeur de la parade. "Ils ne pensent pas être un groupe fermé aux autres. C'est juste que personne ne sait comment y entrer", lance-t-il.

- Mêmes valeurs -

Jesse Engaard facilite justement le dialogue entre ce défilé et les minorités de la ville, en organisant des réunions et des ateliers. Il a ainsi un jour rencontré les membres du San Mateo Carnavalero, un carnaval de Huejotzingo au Mexique, où les costumes sont fabriqués à la main.

Pour lui, ce groupe partage les mêmes valeurs que la Mummers Parade: le dévouement à cette manifestation et la volonté de transmettre cette tradition à leurs enfants.

"Dans toutes les cultures, on retrouve quelque chose comme ça. D'où que vous veniez, il y a une fête organisée dans la rue et quand vous vous y rendez, vous vous dites +c'est comme notre tradition à nous, allons les rejoindre+ parce que ça ressemble à ce que vous faites", explique-t-il.

Alors que selon le plan initial, le cortège du San Mateo Carnavalero devait défiler à côté du cortège de Jesse Engaard, les organisateurs ont invité le groupe mexicain à défiler avec eux, en tête de cortège, un message à forte portée symbolique.

Les Carnavaleros ont sauté sur l'occasion, voyant là une chance de gagner en visibilité et une opportunité de montrer aux autres minorités ethniques qu'elles pouvaient elles-aussi rejoindre la parade.

"Les immigrés viennent pour avoir une vie meilleure, et pour partager leurs traditions et leurs cultures. Et s'ils peuvent se mélanger et trouver leur place dans cette ville, pourquoi pas? C'est tout Philadelphie ça, accueillir les étrangers, c'est la ville de l'amour fraternel ici", lance Susana Pimentel, une porte-parole du San Mateo Carnavalero.

"J'espère que la Mummers Parade va continuer à avancer, et que les gens y retourneront. On ne peut pas mieux faire la fête que dans ce défilé, avec tous ces costumes d'apparat. Dès qu'on entend la musique, dès qu'on entend le spectacle, c'est dur de ne pas se mettre à sourire et à danser", résume Mark Montanaro, le conservateur du musée Mummers.

Avec AFP

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L'administration Trump annonce des ventes d'armes à Ryad en contournant le Congrès

Trump

L'administration de Donald Trump a "formellement informé le Congrès" de nouvelles ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis en contournant la possibilité dont disposent normalement les parlementaires de bloquer ce type de contrat, a annoncé vendredi un sénateur démocrate.

Le gouvernement a "invoqué une obscure disposition" législative sur les exportations de munitions à guidage de précision pour passer outre l'avis du Congrès au nom de la menace iranienne, a déploré Bob Menendez, numéro deux de la commission des Affaires étrangères du Sénat, dans un communiqué.

Le sénateur ne précise ni la nature ni le montant de ces contrats.

"En tentant d'expliquer sa décision, l'administration n'identifie même pas quel mécanisme légal elle pense utiliser, décrit des années de comportement néfaste de la part de l'Iran mais sans expliquer clairement ce qui constitue aujourd'hui une urgence", a-t-il estimé.

Il déplore une mesure "sans précédent" et dit redouter son impact sur les civils au Yémen, où l'Arabie saoudite et les Emirats dirigent une coalition militaire contre les rebelles Houthis soutenus par l'Iran.

"Une fois de plus, l'administration Trump ne donne pas la priorité à nos intérêts de sécurité nationale de long terme et ne défend pas les droits humains, préférant accorder des faveurs à des pays autoritaires comme l'Arabie saoudite", a-t-il déclaré.

Le Congrès américain avait adopté en avril une résolution exigeant du président "le retrait des forces armées américaines des hostilités" au Yémen, à l'exception des opérations visant Al-Qaïda. Donald Trump y a mis son veto.

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Trump accusé de recourir de façon abusive au droit de grâce

Le président américain Donald Trump

Le président Donald Trump, qui envisagerait de gracier ce week-end plusieurs militaires poursuivis pour crimes de guerre, se voyait reprocher vendredi de recourir abusivement à ce droit de clémence que lui accorde la constitution.

Ces grâces, si elles se concrétisent, seraient "répugnantes", a estimé Pete Buttigieg, un candidat à la primaire démocrate.

Ce serait "un affront à l'idée de l'ordre et de la discipline, un affront aux lois de la guerre, auxquelles nous croyons quand nous mettons en danger nos vies pour défendre le pays", a ajouté cet ancien militaire de 37 ans, qui a servi en Afghanistan.

Selon des responsables cités de façon anonyme dans la presse, notamment par le New York Times, le président américain a l'intention de gracier plusieurs militaires pendant le week-end du Memorial Day, qui honore les soldats américains tombés au combat.

- Civils tués -

Parmi les militaires auxquels M. Trump envisagerait d'accorder sa grâce figure un soldat d'élite de 39 ans, Edward Gallagher, accusé d'avoir poignardé à mort un prisonnier blessé âgé d'une quinzaine d'années, alors qu'un médecin était en train de lui administrer des soins.

Membre des célèbres "Navy SEALs", unité d'élite de la Marine américaine, il est aussi accusé d'avoir abattu au fusil de précision une jeune fille et un vieillard et d'avoir arrosé des zones résidentielles à la mitraillette lourde. Son procès doit s'ouvrir le 28 mai devant un tribunal militaire dans la base navale de San Diego (Californie).

Mercredi, c'est l'ancien commandant des forces de l'Otan, l'ex-amiral James Stavridis, qui s'est élevé dans les colonnes du magazine Time contre l'idée de gracier des militaires soupçonnés ou reconnus coupables de crimes de guerre.

"J'ai commandé plusieurs des militaires que Trump veut gracier. Les libérer affaiblira l'armée", écrit l'amiral Stavridis, aujourd'hui à la retraite.

Ce genre de grâces "renforce la propagande ennemie, car ils pourront dire que nous ne respectons pas nos propres principes" et les conduira "à se comporter de façon encore plus barbare", a-t-il noté.

- Meurtres de prisonniers -

Le président américain s'intéresse aussi au cas d'un ancien membre des forces spéciales américaines, le commandant Matt Golsteyn, inculpé de "meurtre avec préméditation" pour avoir tué en 2010 un Afghan qu'il soupçonnait avoir fabriqué des bombes artisanales et avoir ensuite incinéré le corps pour le faire disparaître.

Selon l'armée, le crime de guerre est constitué, car l'Afghan avait été fait prisonnier. Matt Golsteyn doit être jugé en cour martiale à une date restant à fixer.

Les médias ont aussi mentionné trois soldats du corps des Marines punis par la justice militaire pour s'être fait filmer en train d'uriner en 2011 sur les cadavres de talibans tués au combat, et un ancien agent de la société de sécurité privée Blackwater, Nicholas Slatten, 35 ans, jugé coupable en décembre de l'assassinat d'un civil irakien en 2007, onze ans après un carnage à Bagdad qui avait suscité une indignation mondiale.

Pour le général Martin Dempsey, ancien chef d'état-major américain, "la grâce de militaires accusés de crimes de guerre montre à nos soldats que nous ne prenons pas le droit de la guerre au sérieux".

"Mauvais message. Mauvais précédent. Abdication de notre responsabilité morale. Représente un risque pour nous", a tweeté le général Dempsey, qui a pris sa retraite en 2015.

La grâce est un droit régalien que la Constitution des Etats-Unis confère à son président.

- Utilisation partiale -

Donald Trump n'hésite pas à y avoir recours et, selon ses critiques, en fait surtout profiter ses soutiens de la première heure.

Il en a ainsi fait bénéficier ce mois-ci l'ancien patron de presse Conrad Black, un grand laudateur du président américain.

Auparavant, M. Trump a gracié Dinesh D'Souza, un conservateur polémiste très anti-démocrate, ou encore l'ancien shérif Joe Arpaio, condamné pour ses méthodes policières discriminatoires envers les immigrés clandestins.

Deux grands quotidiens américains ont publié cette semaine des éditoriaux critiquant le projet de M. Trump.

"L'usage du droit de grâce par Donald Trump est peut-être légal, mais il n'est absolument pas normal", a jugé le New York Times.

Ces grâces "seraient une insulte aux millions de militaires qui se sont comportés honorablement", a souligné le Washington Post.

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