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États-Unis

A Louisville, Mohamed Ali incarne le "véritable islam"

L'ancien boxeur Mohamed Ali tient l'ancien président Bill Clinton dans ces bras lors d'un dîner à Louisville le 19 novembre 2005.

A une époque où les musulmans sont souvent caricaturés en Amérique, Mohamed Ali symbolisait mieux que quiconque le visage réel de l'islam, pacifique et universel, affirment des habitants de la ville où il a grandi.

Dimanche, au surlendemain de la mort du boxeur de légende à l'âge de 74 ans, ils sont encore des centaines à défiler devant la maison de son enfance, ou le centre culturel construit en son honneur.

Ils continuent de déposer des fleurs, des lettres, des dessins, certains représentant un papillon en référence à la phrase culte de Mohamed Ali: "Vole comme le papillon, pique comme l'abeille".

"En tant que musulman, je pense qu'il est pour nous crucial de compter sur une telle personne parmi les gens importants, quelqu'un que tout le monde connaît et qui nous donne une bonne image", confie Hamza Shah, un médecin de Louisville.

"En raison de l'actualité, ce qu'on voit dans les médias donne au contraire une mauvaise image des musulmans", poursuit-il, en précisant qu'Ali symbolisait "l'islam authentique".

Depuis début 2015, des attaques jihadistes commises à Paris, San Bernardino en Californie, Bruxelles ou ailleurs ont contribué à augmenter la défiance d'une partie des Américains à l'égard du monde islamique.

Le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, a fait de cette crainte un fonds de commerce électoral, disant même vouloir interdire temporairement aux musulmans d'entrer sur le territoire américain et déclenchant ainsi une indignation internationale.

"En tant que musulmans, nous devons nous dresser contre ceux qui se servent de l'islam pour leurs propres desseins personnels", avait répliqué à l'époque Mohamed Ali.

Quand il a appris le décès de l'homme qui avait abandonné son nom de Cassius Clay en se convertissant à la foi musulmane en 1964, Syed Hussain Shaheed a tout laissé tomber pour se rendre à Louisville.

Cet imam de Chicago est venu entouré de quelques autres religieux, habillés de blanc et coiffés d'une calotte.

Ensemble, ils se recueillent devant une installation artistique face au bâtiment du Muhammad Ali Center, où le public dépose des bouquets.

De l'Arabie à l'Indonésie

Mohamed Ali "était célèbre pour de multiples raisons, mais la principale c'est qu'il a embrassé la religion musulmane", affirme l'imam de nationalité américaine.

"The Greatest", explique-t-il, est respecté du Pakistan à l'Indonésie, de l'Arabie Saoudite à la Malaisie et dans de multiples pays africains, pour les valeurs qu'il a toujours mises en avant.

"Il n'a jamais voulu tuer personne", ajoute-t-il en référence au refus de Mohamed Ali de servir sous les drapeaux, une posture qui lui a fait perdre durant plusieurs années son titre mondial de champion.

"Il a toujours lutté pour la vérité et, dans les pays musulmans, on aime les personnes droites, mais également capables d'affection et de pardon", conclut l'imam Shaheed.

Déjà immédiatement après les attentats du 11 septembre 2001, Mohamed Ali avait osé parler d'une voix forte pour mettre en garde contre toute tentation d'amalgame.

"L'islam n'est pas une religion meurtrière, l'islam signifie la paix. Je ne peux pas m'asseoir à la maison et regarder les gens étiqueter les musulmans comme la cause de ce problème", avait-il lancé.

Bernie Sanders, le candidat en seconde place des primaires démocrates, a de son côté rappelé que l'icône de Louisville n'était pas qu'un athlète hors norme ni qu'un immense champion de la lutte pour les droits civiques.

"Aux partisans de Donald Trump qui estiment possible de dire qu'ils adorent Mohamed Ali mais détestent les musulmans, je rappelle que Mohamed Ali était un musulman très pieux, pour qui la religion était une chose centrale", a affirmé le sénateur du Vermont.

Avec AFP

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Le Sénat votera lundi sur la juge nommée par Trump à la Cour suprême

La juge Amy Coney Barrett, candidate du président Donald Trump à la Cour suprême, au centre, rencontre le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, au Capitole, le 29 septembre 2020 à Washington.

Le Sénat américain se prononcera lundi, huit jours avant l'élection présidentielle, sur la candidature de la juge Amy Coney Barrett nommée par Donald Trump à la Cour suprême, a annoncé mardi le chef de la chambre haute du Congrès.

"Nous voterons lundi prochain pour confirmer la juge Barrett", a déclaré le sénateur républicain Mitch McConnell lors d'un point-presse.

"Cela sera un autre accomplissement majeur dans notre effort pour nommer dans les tribunaux fédéraux des hommes et des femmes qui croient en la notion étrange que leur travail de juge est de suivre la loi", a-t-il ajouté.

La magistrate conservatrice de 48 ans a été désignée le 26 septembre par le président républicain pour succéder à l'icône progressiste et féministe Ruth Bader Ginsburg décédée huit jours plus tôt.

Malgré l'opposition des démocrates qui voulaient attendre le verdict des urnes, Donald Trump et ses alliés républicains ont avancé à marche forcée pour obtenir l'aval du Sénat - obligatoire en vertu de la Constitution - avant le scrutin du 3 novembre.

La juge Barrett a été entendue pendant trois jours la semaine dernière par la commission judiciaire du Sénat.

Cette brillante juriste, venue avec six de ses sept enfants, a reconnu que sa foi catholique jouait un rôle important dans sa vie, mais a juré la tenir à distance dans son travail de juge.

Sous un feu nourri mais courtois de questions, elle a toutefois refusé de révéler ses positions sur un certain nombre de sujets brûlants, à commencer par le droit à l'avortement.

La commission judiciaire doit se retrouver jeudi pour un premier vote de procédure qui permettra d'entamer le lendemain les débats en séance plénière. Plusieurs étapes seront nécessaires avant de passer au vote final, le lundi.

Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100), et malgré la défection annoncée de deux sénatrices républicaines, la juge Barrett est quasiment assurée d'être confirmée.

Elle pourrait prêter serment dans la foulée et rejoindre le temple du Droit à la veille de l'élection.

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