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Écoles et églises fermées à Brazzaville, les commerçants augmentent les prix


Un marchand opportuniste de masques, au marché Total de Bacongo, à Brazzaville, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)

Avec l'annonce d'un troisième cas de contamination de coronavirus en République du Congo, les autorités ont adopté une série de mesures visant à stopper la propagation de la maladie. Il s'agit de la fermeture des écoles et des lieux de culte, des bars et certains restaurants.

Sur le terrain, ces mesures sont appréciées différemment par les Brazzavillois et chacun y va à sa façon. Par exemple, alors que les écoles devraient être fermées jeudi matin, des centaines d'élèves se sont retrouvés devant leurs établissements.

"L'école concentre à elle seule plus d'un tiers de la population congolaise. Elle est donc très exposée à la propagation et à la contamination du coronavirus. La décision du gouvernement est donc bien arrivée", soutient Ernest Blanchard Dimi, un parent d'élève.

Hubert Kokolo, un autre parent d'élève, est aussi d'accord: "Il fallait les mettre à l'abri, parce que la propagation du coronavirus n'attendra pas la fin des compositions".

Mais Sidoine Mouboubou, enseignant à l'université Marien Ngouabi, s'inquiète du chambardement du calendrier universitaire. "Dans certains établissements de l'université Marien Ngouabi, notamment à la faculté des lettres où je suis, il y a la session qui avait déjà commencé. A ce niveau, il y aura un coup. Il faut créer les conditions de sorte que les cours soient rattrapés dès que la mesure sera levée", espère l'universitaire.


Les deux nouveaux cas détectés à Brazzaville sont un Congolais de 46 ans et un Américain de 37 ans, tous deux en provenance de Paris, en France.

Dans un tweet, l'ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Todd Haskel, a annoncé qu'il s'était mis en quarantaine de 14 jours, pour avoir été plus fois en contact avec le sujet américain qui est son collaborateur.

Le premier cas confirmé le dimanche dernier est un conseiller du Premier ministre Clément Mouamba qui à son tour a été testé négatif. Le cas confirmé est actuellement en soins au CHU de Brazzaville.

Par ailleurs, de nombreuses mesures d'hygiène ont été rappelées par les autorités sanitaires.

Dans les rues de Brazzaville, les populations prennent tout ce qui est nécessaire : masques, cache-nez, serviettes, gel hydro-alcoolisé. Le tout pour le bonheur des commerçants qui n'hésitent pas d'augmenter les prix. Les commerçants évoquent la rareté de produits dans le commerce en gros.

Mais les consommateurs se plaignent.

"Les gels désinfectants sont passés de 1500 à 3000 voire 4500 francs CFA. Il y a aussi les seaux pour se laver les mains, fabriqués en RDC par une société de plastics que nous achetions à 2500 francs CFA, aujourd'hui le prix a presque doublé. S'il faut ajouter à cela notre budget pour acheter ces produits, cela pèse quand même", se plaint Alphonse Ndongo.

Dans les rues de Brazzaville, chacun se protège comme il peut, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)
Dans les rues de Brazzaville, chacun se protège comme il peut, le 19 mars 2020 (VOA/Arsène Séverin)

"Le gouvernement devrait prendre des mesures contre ces commerçants véreux", lance Dimitri Sobeckela, père de famille. "C'est inadmissible et irresponsable pour ces commerçants qui ne pensent qu'à leur bénéfice, alors que ce n'est pas une situation de gaieté où on espère tirer profit", ajoute-t-il.

En séjour dans le nord du pays depuis deux semaines, le président Denis Sassou N'Guesso a mis en place une task force, dirigée par le ministre d'Etat chargé de l'économie, Gilbert Ondongo.

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