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Zimbabwe: les forces de sécurité en "alerte" à la veille de manifestations


Les avocats du barreau du Zimbabwe participent à une "Marche pour la justice" devant la Cour constitutionnelle à Harare le 29 janvier 2019.

Les forces de sécurité au Zimbabwe sont "en alerte maximum" avant des manifestations "interdites" prévues vendredi par un parti d'opposition pour protester contre la corruption et la crise économique, a prévenu jeudi la police.

"Nous rappelons qu'aucune manifestation n'aura lieu le 31 juillet 2020", a déclaré le porte-parole de la police zimbabwéenne, Paul Nyathi, dans un communiqué.

"Toutes les forces de sécurité (...) sont placées en alerte maximum et interviendront de façon décisive contre tout individu ou groupe qui fomentera des violences, profèrera des menaces ou lancera des messages provocateurs via les médias sociaux ou autres", a-t-il mis en garde.

A la tête de la petite formation Transformer le Zimbabwe, l'opposant Jacob Ngarivhume a été arrêté la semaine dernière pour incitation publique à la violence, après avoir appelé à manifester vendredi.

Il a été interpellé le même jour que le journaliste et lanceur d'alertes, Hopewell Chin'ono, pour les mêmes motifs.

Hopewell Chin'ono a révélé récemment des scandales de corruption dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Zimbabwe, qui ont conduit au limogeage début juillet du ministre de la Santé Obadiah Moyo.

Le journaliste et Jacob Ngarivhume sont toujours en détention provisoire après s'être vus refuser leur libération sous caution.

Jeudi matin, les forces de sécurité ont patrouillé le centre de la capitale Harare et vidé les rues. Dans l'après-midi, le centre ville était désert et la plupart des magasins fermés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Patrick Chinamasa, porte-parole du parti au pouvoir, la Zanu-PF, a accusé cette semaine l'ambassadeur américain Brian Nicholls de fomenter des manifestations anticorruption, le traitant de "voyou".

Furieux, les Etats-Unis ont convoqué l'ambassadeur du Zimbabwe à Washington.

Le Zimbabwe, pays d'Afrique australe, est englué depuis le début des années 2000 dans une grave crise économique et financière.

En plus de la crise économique, le pays doit faire face à la pandémie de Covid-19. A ce jour, il compte plus de 2.700 cas confirmés, dont 41 décès.

Les autorités ont récemment durci les mesures de confinement, qui interdisent les rassemblements de plus de 50 personnes.

Depuis le début du confinement fin mars, plus de 100.000 personnes, selon la police, ont été arrêtées au Zimbabwe pour infraction aux restrictions en place. L'ONU s'est dite "inquiète que les autorités puissent utiliser la pandémie de Covid-19 comme prétexte pour réprimer la liberté d'expression".

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