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Droits humains

Le gouvernement zimbabwéen intensifie la repression des opposants

Des policiers montent la garde devant le tribunal de première instance d'Harare lors de la comparution de l'opposant Jacob Ngarivhume et du journaliste Hopewell Chin'ono le 22 juillet 2020.

La police zimbabwéenne a lancé lundi une chasse aux militants d'opposition et aux syndicalistes dans le cadre d'une répression qui semble s'intensifier à l'approche de manifestations contre la corruption.

Dans un communiqué, les forces de l'ordre ont demandé des informations sur la localisation de 14 opposants connus, parmi lesquels le syndicaliste Peter Mutasa, le député d'opposition Job Sikhala ainsi que deux anciens dirigeants des jeunes du parti au pouvoir Zanu-PF, Jim Kunaka et Godfrey Tsenengamu.

Cet appel fait suite à l'arrestation la semaine dernière du journaliste Hopewell Chin'ono, critique envers le gouvernement, et de l'homme politique d'opposition Jacob Ngarivhume, qui ont tous deux appelé à la manifestation du 31 juillet.

Hopewell Chin'ono "n'a pas été arrêté pour avoir révélé des cas de corruption", a déclaré dans un communiqué la ministre de l'Information Monica Mutsvangwa. "Il a été arrêté pour avoir incité, sur les réseaux sociaux, les Zimbabwéens à renverser le gouvernement par la violence".

M. Chin'ono a révélé récemment des scandales de corruption dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Zimbabwe qui ont conduit au limogeage, début juillet, du ministre de la Santé Obadiah Moyo.

Il a été arrêté lundi à Harare, le même jour que Jacob Ngarivhume, qui dirige le parti d'opposition Transformer le Zimbabwe, pour incitation publique à la violence en appelant à manifester le 31 juillet.

M. Ngarivhume a appelé à une mobilisation nationale contre la corruption au sein de l'Etat et la situation économique au Zimbabwe, et M. Chin'ono a lancé des appels sur ses comptes Facebook et Twitter.

La justice zimbabwéenne a refusé leur demande de libération conditionnelle.

Le porte-parole du Zanu-PF Patrick Chinamasa a qualifié lundi l'ambassadeur américain Brian Nicholls de "voyou", affirmant qu'il avait soutenu et entraîné des insurgés.

"Il doit avoir honte de lui", a lâché M. Chinamasa au cours d'une conférence de presse à Harare.

"S'il continue à s'engager dans des actes pour miner cette république en mobilisant et finançant des troubles, en organisant la violence et en entraînant des insurgés, nos dirigeants n'hésiteront pas à lui demander de partir", a-t-il poursuivi.

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Un nouveau massacre fait au moins 15 morts en Éthiopie

La Garde républicaine éthiopienne fait une démonstration lors de l'inauguration du parc Sheger, le plus grand parc d'attractions public à Addis-Abeba, en Ethiopie, à la veille du nouvel an du calendrier éthiopien, le 10 septembre 2020. (Photo by Amanuel SILESHI / AFP)

Au moins 15 personnes ont été tuées dans une attaque vendredi dans l'ouest de l'Ethiopie, selon la Commission éthiopienne des droits de l'homme.

La commission attribue ce nouveau massacre à un groupe de miliciens.

Cette attaque fait suite à un incident similaire qui s'est produit plus tôt ce mois-ci dans la même zone de Metakal, dans la région éthiopienne de Benishangul-Gumuz, à la frontière avec le Soudan, laquelle avait fait 30 morts.

"Les civils sont soumis à des attaques répétées avec une cruauté sans limite à Benishangul-Gumuz", a déclaré Daniel Bekele, le chef de la Commission éthiopienne des droits de l'homme. "Les autorités fédérales et régionales devraient prendre les mesures nécessaires pour faire respecter l'État de droit et amener les auteurs de ces actes à rendre des comptes", a-t-il ajouté.

La commission n'a pas dit ce qui a motivé ces attaques.

La Commission a déclaré que les forces de défense éthiopiennes ont engagé une fusillade avec des hommes armés dans la région et ont pu rétablir le calme dès vendredi après-midi.

Cette tuerie est le dernier incident de violence dans la région. En juin dernier, des hommes en uniforme ont tué plus de 50 personnes et en ont blessé 23 dans la même zone.

Retournement de situation dans une affaire de viol en Egypte

Manifestation contre la violence sexiste devant l'opéra du Caire, le 14 juin 2014, après l'agression sexuelle en publique par un groupe d'hommes sur la place Tahrir. (Reuters)

Victime présumée en accusation, témoins sous les verrous... La gestion par les autorités judiciaires d'une affaire de viol en bande menace la lutte contre les violences sexuelles en Egypte, s'inquiètent des associations féministes.

Les faits remontent à 2014. Un groupe d'hommes aisés et influents -dont certains déjà accusés dans des affaires similaires- est soupçonné d'avoir drogué et violé une jeune femme à l'hôtel Fairmont, un cinq étoiles du Caire, puis d'avoir diffusé des vidéos de leur acte.

Ignorée à l'époque, l'affaire resurgit fin juillet 2020 sur les réseaux sociaux et le 4 août, la victime présumée porte plainte contre neuf personnes, tous fils d'hommes d'affaires fortunés.

Cinq sont arrêtés: deux au Caire et trois au Liban, qui ont été remis cette semaine aux autorités égyptiennes. En fuite, les quatre autres sont en Angleterre et aux Etats-Unis, affirme une militante féministe.

- "Atteinte à la morale" -

Mais l'affaire prend soudainement un virage à 180 degrés. Encouragés notamment par le Conseil national des femmes (NCW, censé défendre les droits des femmes) à se rapprocher des autorités, quatre témoins de l'accusation et deux de leurs connaissances sans lien direct avec l'affaire sont arrêtés fin août.

Ils sont rapidement inculpés pour "atteinte à la morale" et "incitation à la débauche", d'après Human Rights Watch.

Selon une militante, certains subissent des "tests de virginité" et des examens anaux forcés. Un climat de peur se répand peu à peu autour de l'affaire. Les avocats de la défense se murent dans le silence.

Dans un pays qui emprisonne des influenceuses pour "incitation à la débauche", les autorités judiciaires ont fait pression sur les témoins, dénonce HRW. Certains ont été "mis à l'isolement" et "poussés à modifier leurs déclarations", poursuit l'ONG, qui s'est entretenue avec des militants proches de l'affaire.

"Qu'une affaire (...) avec des preuves tangibles se transforme en affaire où les coupables deviennent les victimes et où les témoins sont accusés est (...) effrayant", s'alarme la militante féministe et professeure à l'université du Caire, Hoda al-Sadda.

Un tel traitement judiciaire n'est pas une première en Egypte. En avril, l'influenceuse Menna Abdel-Aziz avait été arrêtée après avoir publié une vidéo sur TikTok, où elle apparaissait le visage tuméfié, affirmant avoir subi un viol collectif.

Tout en reconnaissant les faits, les autorités avaient ordonné son interpellation pour "immoralité". Elle n'a été libérée qu'après "rééducation", selon la presse.

- "Effet dissuasif" -

En juillet, une loi préservant l'anonymat des personnes portant plainte pour agression sexuelle a été approuvée au Parlement, renforçant la perception d'une avancée. Mais l'affaire du Fairmont a douché ces espoirs.

Certains témoins, en plus des démêlés judiciaires, ont été ciblés par une campagne médiatique avec la divulgation sur internet d'images compromettantes, après confiscation de leurs appareils électroniques.

Plusieurs médias prorégime ont aussi fourni un autre récit de l'incident au Fairmont, brossant le tableau d'une gigantesque "orgie", plutôt qu'une scène de crime. Cette campagne est "entièrement pilotée par la Sûreté de l'Etat", affirme la militante anonyme.

D'où qu'elle vienne, une telle stigmatisation pourrait produire un "effet dissuasif" en matière de dénonciations des violences sexuelles, confirme Rothna Begum, de la division Droits des femmes de HRW.

Pour Mme Sadda, cela risque de "mener à la disparition d'un mouvement social dynamique (...) et détruire la crédibilité des institutions" comme le NCW, accusé d'avoir jeté les témoins dans la gueule du loup.

Dans ce climat, le cas du compte Instagram "Assault Police" est emblématique. Début juillet, il est à l'origine de la résurgence du #metoo local, avec la publication de témoignages accusant un ex-étudiant de l'Université Américaine du Caire d'être un prédateur sexuel.

Après avoir reçu des menaces, l'administratrice d'"Assault Police" a dû suspendre sa page plusieurs semaines. Un autre compte dénonçant des violeurs présumés, "gangrapistsofCairo", a lui cessé son activité.

Libération d'une Salvadorienne détenue 5 ans pour avortement

Manifestation devant un tribunal pour la libération de femmes qui purgent de longues peines de prison pour avortement présumé, à San Salvador, le 13 décembre 2017. L'avortement est illégal dans toutes les situations au Salvador. (AP/Salvador Melendez)

La justice salvadorienne a libéré Cindy Erazo, condamnée en 2015 à 30 ans de prison pour homicide aggravé après un accouchement prématuré, en application de la loi stricte sur l'avortement en vigueur au Salvador.

"Cindy a retrouvé la liberté, après avoir subi un procès injuste et avoir passé plusieurs années de sa vie en prison pour quelque chose qu'elle n'avait pas commis", a déclaré mercredi Morena Herrera, coordinatrice d'une organisation qui lutte pour la dépénalisation de l'avortement au Salvador, l'Agrupacion Ciudadana por la Despenalizacion del Aborto.

Cindy Erazo est sortie mardi d'une prison salvadorienne. L'affaire remonte à août 2014, lorsque la jeune femme a subi un accouchement prématuré avec hémorragie dans les toilettes d'un centre commercial de la périphérie est de San Salvador.

Le Salvador a adopté dans les années 90 une législation draconienne qui interdit l'interruption de grossesse en toutes circonstances, même en cas de risque pour la vie de la femme.

En avril 2015, Cindy Erazo a donc été condamnée à 30 ans de prison pour homicide aggravé. Après un recours de sa défense devant la Cour suprême de justice du Salvador, la peine a été réduite à 10 ans en 2016.

Elle a bénéficié pour bonne conduite de la possibilité prévue par la loi de sortir de prison après avoir purgé la moitié de sa peine. "Nous sommes heureuses de la libération de Cindy, qui est une victoire de plus pour les femmes qui sont en prison et sont accusées injustement après avoir subi des urgences obstétrique", a déclaré Morena Herrera.

Selon des organisations de défense des droits des femmes, 18 femmes sont actuellement détenues au Salvador en raison de cette loi particulièrement répressive après avoir été condamnées pour interruption de grossesse.

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