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La Cour constitutionnelle valide l'élection de Mnangagwa au Zimbabwe


Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, à Kwekwe, le 30 juillet 2018.

La Cour constitutionnelle du Zimbabwe a sans surprise confirmé vendredi la victoire du président sortant Emmerson Mnangagwa lors du scrutin du 30 juillet, rejetant "faute de preuves" les allégations de fraudes et de manipulations de l'opposition.

"La requête (de l'opposition) est rejetée (...) Emmerson Mnangagwa est déclaré vainqueur de l'élection présidentielle", a annoncé le président de la Cour Luke Malaba.

"La Cour estime que le requérant n'a pas présenté devant elle de preuves claires, directes et suffisantes" des irrégularités alléguées, a justifié le juge Malaba.

Arrivé au pouvoir dans la foulée de la chute de Robert Mugabe en novembre, M. Mnangagwa avait été déclaré vainqueur par la commission électorale avec 50,8% des suffrages, contre 44,3% à son rival du Mouvement pour un changement démocratique (MDC) Nelson Chamisa.

Mais le candidat du MDC avait contesté ces résultats devant la Cour constitutionnelle, arguant de nombreuses irrégularités.

Le vainqueur s'est réjoui de la décision, unanime, rendue par la Cour et a appelé à tourner la page. "Laissons désormais derrière nous nos différences", a-t-il déclaré à la télévision nationale. "Il est temps de construire notre nation et d'avancer ensemble".

Son rival a pris acte de la décision de la justice mais assuré à ses partisans qu'il continuerait à s'opposer au régime.

"J'entends vos pleurs et ressens votre douleur. Je sais que vous vous sentez volés mais ne désespérez pas", a lancé Nelson Chamisa sur Twitter, promettant de "sauver notre beau Zimbabwe de la pauvreté, la corruption et la malhonnêteté".

"C'est la fin du processus judiciaire mais nous avons des recours politiques, dans le cadre de la loi, nous pouvons manifester", avait précisé plus tôt le secrétaire général du MDC, Douglas Mwonzora.

Emmerson Mnangagwa, bientôt 76 ans, a pris la tête du Zimbabwe en novembre après la démission de Robert Mugabe, 94 ans aujourd'hui, poussé à la démission par l'armée et son parti après un règne autoritaire de trente-sept années.

Ancien proche de Robert Mugabe, l'ancien vice-président a depuis promis de tourner le dos à son régime autoritaire et de relancer l'économie d'un pays au bord de la faillite.

De fait, la campagne électorale est apparue plus ouverte que lors des scrutins précédents, systématiquement entachés de violences et d'intimidations du pouvoir contre ses adversaires.

Mais la sanglante répression par l'armée d'une manifestation de l'opposition dans les rues de Harare deux jours après le scrutin, qui s'est soldée par six morts, a ravivé le spectre du passé.

Tout comme les accusations de fraudes de l'opposition. Devant la Cour mercredi, un des avocats du MDC, Thabani Mpofu, avait dénoncé une "tentative de manipulation grossière" et exigé l'annulation pure et simple du scrutin.

Les défenseurs d'Emmerson Mnangagwa avaient balayé ses accusations d'un revers de manche et dénoncé des "mensonges" et le dossier "vide de preuves" des plaignants.

Avec AFP

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