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Washington condamne les arrestations de l'"Etat voyou" iranien


Des manifestants scandent des slogans lors d'un rassemblement annuel marquant l'anniversaire de la prise de contrôle de l'ambassade américaine à Téhéran, Iran, 4 novembre 2017.

Les Etats-Unis, qui ont fait de Téhéran l'une de leurs principales bêtes noires sur le plan diplomatique, ont "fermement" condamné vendredi la vague d'arrestations en Iran lors de manifestations dans la deuxième ville de cet "Etat voyou".

Cinquante-deux personnes ont été arrêtées jeudi lors de protestations à Machhad contre le chômage et l'inflation. Des manifestants, accusés par le gouvernement iranien d'être liés à l'opposition, ont de nouveau battu le pavé vendredi avec des slogans hostiles au président Hassan Rohani.

Les dirigeants iraniens ont transformé un pays prospère doté d'une histoire et d'une culture riches en un Etat voyou à la dérive, qui exporte principalement la violence, le bain de sang et le chaos", a tancé dans un communiqué la porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert.

Washington, a-t-elle poursuivi, "condamne fermement l'arrestation de manifestants pacifiques".

"Nous exhortons tous les pays à soutenir publiquement le peuple iranien et ses demandes pour des droits élémentaires et la fin de la corruption", a ajouté Mme Nauert.

Le 14 juin dernier, rappelle le communiqué du ministère américain des Affaires étrangères, le secrétaire d'Etat Rex Tillerson avait affirmé devant le Congrès que Washington soutenait "les éléments en Iran qui mèneraient vers une transition pacifique de gouvernement". Et "ces éléments sont là", avait-il insisté.

Les Etats-Unis, qui soulignent à l'envi le rôle "déstabilisateur" de Téhéran sur l'échiquier régional et dont le président Donald Trump dénonce régulièrement l'accord nucléaire iranien, a encore une fois insisté sur les ambitions présumées de la puissante chiite au-delà de ses frontières.

"Il y a beaucoup d'informations concernant des manifestations pacifiques de citoyens iraniens qui en ont assez de la corruption du régime et son gaspillage de ses richesses pour financer le terrorisme à l'étranger", a ainsi asséné vendredi soir la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

"Le gouvernement iranien devrait respecter leurs droits, notamment leur droit de s'exprimer. Le monde regarde", a-t-elle prévenu.

- 'Pas Gaza' -

De son côté, le premier vice-président iranien Eshaq Jahangiri, cité par la télévision d'Etat Irib, a estimé que "certains incidents survenus dans le pays (ont eu lieu) sous le prétexte de problèmes économiques mais il semble qu'il y ait autre chose derrière eux".

Le vice-gouverneur de la province de Téhéran, Mohsen Hamedani, a lui affirmé que les personnes qui ont été arrêtées se trouvaient "sous l'influence de la propagande" et "ignoraient que la majorité de ces appels à manifester proviennent de l'étranger".

Selon des images vidéo diffusées par le média réformateur Nazar, les manifestants ont scandé "Mort à Rohani", mais aussi "Pas Gaza, pas le Liban, ma vie en Iran", semblant ainsi critiquer la priorité supposée donnée par Téhéran aux causes régionales plutôt qu'aux affaires nationales.

La promesse de relancer l'économie, atone en raison des sanctions internationales et d'une mauvaise gestion, a été au coeur des campagnes présidentielles de Hassan Rohani, réélu pour un second mandat en mai.

Hamid Garmabi, représentant de la ville de Neychabour, près de Machhad, a pour sa part évoqué une "crise majeure à Machhad causée par les institutions illégales de prêt", en référence au développement d'organisations illégales de prêt sous la présidence Ahmadinejad (2005-2013).

La mauvaise régulation du secteur bancaire combinée à un boum de la construction ont gravement affecté les établissements de crédit, qui croulent sous les dettes et sont incapables de rembourser les investisseurs.

Le gouvernement Rohani a cherché à faire le ménage dans le secteur de la finance, fermant trois des plus grands établissements de crédit, Mizan, Fereshtegan et Samen al-Hojaj.

--- Présidence canadienne du G7: un "programme progressiste" à risque

Le Premier ministre Justin Trudeau promet un "programme progressiste" pour la présidence canadienne du G7, à partir du 1er janvier 2018, mais les discussions risquent encore une fois de buter sur les changements climatiques.

Pour Justin Trudeau, cette présidence arrive au moment où toutes les énergies de son gouvernement sont absorbées depuis des mois par la difficile renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec les Etats-Unis et le Mexique, exigée par le président Trump dans un contexte de protectionnisme américain.

Egalité des sexes, changements climatiques et croissance économique "qui profite à tout le monde" sont les priorités de la présidence canadienne pour le sommet des sept pays les plus développés (Etats-Unis, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, France, Canada et Italie).

Le Premier ministre canadien veut "trouver des solutions concrètes" à tous ces problèmes quand il réunira les six autres chefs d'Etat ou de gouvernement les 8 et 9 juin à La Malbaie, petite ville de la région touristique du Charlevoix à 150 km au nord-est de la ville de Québec, classée réserve mondiale de la biosphère par l'Unesco.

Dans ce paysage idyllique entre mer et montagne, où le fleuve Saint-Laurent embrasse l'océan, la question du réchauffement climatique s'annonce à nouveau comme la pomme de discorde majeure du sommet, selon John Kirton, directeur du groupe de recherche sur le G7 à l'université de Toronto.

Au dernier G7 de Taormina (Italie), Donald Trump avait fait cavalier seul avant d'annoncer, par la suite, le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat.

Cherchant d'avance à dissiper les tensions, le Canada propose d'élargir la discussions sur les changements climatiques aux "océans et énergies propres", selon les services de M. Trudeau.

"Le mot +océan+ est très à propos", relève pour l'AFP John Kirton au moment où le niveau des mers est en hausse partout dans le monde et que des ouragans ont provoqué des inondations majeures cet été au Texas et en Floride, et des dégâts majeurs dans plusieurs îles des Caraïbes.

- 'Trump aime Trudeau' -

Avec toutes les grandes villes américaines "vulnérables" face à la montée des eaux, "sauf Chicago", l'attitude aux Etats-Unis vis à vis des changements climatiques "est en train de se modifier au niveau des Etats et cela va rapidement remonter vers le Congrès, à l'approche des élections de mi-mandat" (ndlr: en novembre), croit-il.

Donc, "rien n'est encore joué".

"Trump aime Trudeau. Il va donc écouter, il s'agit juste pour le Premier ministre de trouver le moyen de changer la façon de penser de Trump", pense M. Kirton.

Si, par chance, la renégociation de l'Aléna était bouclée, alors le Premier ministre canadien pourrait mettre à profit son pouvoir de "persuasion" pour convaincre son homologue américain de "s'attaquer aux changements climatiques" ajoute John Kirton.

Un exercice difficile pour le Canada, lui-même loin d'être exempt de tout reproche, entre l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et l'exploitation toujours plus importantes des sables bitumineux de l'Alberta (ouest), a noté mi-décembre l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

La grande cause de Justin Trudeau au G7 sera l'égalité des sexes pour laquelle, dès son arrivée au pouvoir, il a donné l'exemple, avec un gouvernement à parité et en cherchant, au fil des nominations, à approcher l'équilibre des genres à la fois au Sénat ou à la Cour suprême.

Les révélations en cascade d'accusations de harcèlement sexuel ces derniers mois, depuis la chute du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, donnent encore plus de relief à la protection des femmes.

Le Canada a "une position unique" pour faire avancer cette cause, avait assuré Justin Trudeau en dévoilant ses priorités pour la présidence du G7.

Et l'égalité des sexes va bien au-delà de la seule sphère économique. "Ivanka Trump a déjà vendu l'idée à son père", souligne John Kirton.

D'autres dossiers s'imposeront à la présidence canadienne, comme le dossier du nucléaire nord-coréen. Sans attendre la réunion formelle en juin des dirigeants du G7, le Canada et les Etats-Unis travaillent main dans la main à un règlement de la crise, avec dès le 16 janvier à Vancouver (ouest), la réunion d'une vingtaine de ministres des Affaires étrangères.

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