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Washington balaie les efforts de dialogue entre Séoul et Pyongyang


L'ambassadrice américaine à l'ONU a qualifié toute négociations entre Séoul et Pyongyang de simple "rafistolage".

Washington a balayé mardi la perspective d'un dialogue entre la Corée du Nord et la Corée du Sud si les pourparlers ne portent pas sur le nucléaire, tandis que Donald Trump s'est vanté d'avoir un bouton nucléaire "plus gros" que celui de Kim Jong-un.

Pour l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, des négociations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ne seraient qu'un simple "rafistolage". Elle a averti que les Etats-Unis n'accepteront jamais une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire.

Les Etats-Unis ne "prendront aucun entretien au sérieux s'il ne porte pas sur l'interdiction de toutes les armes nucléaires en Corée du Nord", a-t-elle déclaré mardi.

Ces propos viennent rabaisser l'offre de Séoul qui a proposé mardi de tenir des discussions à haut niveau avec Pyongyang le 9 janvier, saisissant la main tendue par Kim Jong-Un qui a appelé à des relations meilleures et évoqué une participation aux jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang en Corée du sud.

Le dirigeant nord-coréen s'est servi de son adresse à la nation du Nouvel An pour répéter que son pays était un Etat nucléaire à part entière, avertissant qu'il avait en permanence à sa portée le "bouton" atomique.

La déclaration a suscité un tweet moqueur de Donald Trump.

"Le leader nord-coréen Kim Jong-Un vient d'affirmer que le +bouton nucléaire est sur son bureau en permanence+ (...) informez-le que moi aussi j'ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne!", a écrit le président américain.

- 'Dilemme pour le Sud' -

Sur les discussions inter-Corées, le ministre sud-coréen de l'Unification Cho Myoung-Gyon a expliqué que Séoul "réitérait" sa disponibilité pour des discussions avec le Nord "à tout moment, dans n'importe quel lieu et sous n'importe quelle forme".

"Le gouvernement propose des entretiens à haut niveau avec la Corée du Nord le 9 janvier dans la maison de la paix de Panmunjom", village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53), a-t-il dit.

"Nous espérons que le Sud et le Nord pourront s'asseoir face à face pour discuter de la participation de la Corée du Nord aux jeux de Pyeongchang de même que d'autres questions d'intérêt mutuel pour l'amélioration des relations intercoréennes".

Le Nord et Sud sont séparés par la Zone démilitarisée (DMZ), l'une des frontières les plus fortement armées du monde. Les derniers pourparlers bilatéraux, un échec, remontent à décembre 2015 et avaient mis face à face l'ancien conseiller sud-coréen à la sécurité nationale Kim Kwan-Jin et son homologue nord-coréen Hwang Pyong-So.

"Le fait même d'une rencontre est significatif car cela témoigne d'une volonté d'amélioration de la part des deux parties", a souligné Koh Yu-Hwan, professeur à l'Université Dongguk.

Mais une fois à la table des discussions, Pyongyang pourrait mettre Séoul en difficulté en exigeant des concessions inacceptables comme la fin des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, poursuit-il.

"Le Nord tente de relancer ses relations (avec Séoul) en qualité d'Etat nucléaire. Le dilemme pour le Sud c'est de savoir s'il peut l'accepter".

Le président sud-coréen Moon Jae-In, qui a toujours été partisan du dialogue, a salué l'offre du leader nord-coréen comme l'occasion de réamorcer le dialogue.

Il a toutefois souligné que l'amélioration des relations devait s'accompagner de mesures en vue de la dénucléarisation.

- 'Occasion révolutionnaire' –

Ces derniers mois, le Nord a semé l'inquiétude en multipliant les tirs de missiles et en menant son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour.

Pyongyang soutient avoir besoin d'armes nucléaires pour se protéger de l'hostilité de Washington alors que MM. Kim et Trump échangent insultes et menaces. La Corée du Nord cherche à mettre au point une tête nucléaire capable de frapper le territoire continental américain. Elle a essuyé de multiples trains de sanctions de l'ONU.

Les commentaires de M. Kim sont la première indication de la volonté du Nord de participer aux jeux d'hiver, qui se tiennent du 9 au 25 février.

Il s'agit, a dit son homologue sud-coréen, d'une "réponse positive à notre proposition de faire en sorte que les jeux Olympiques de Pyeongchang soient une occasion révolutionnaire pour la paix".

Deux athlètes nord-coréens, le couple de patineurs Ryom Tae-Ok et Kim Ju-Sik, sont qualifiés mais le Comité olympique nord-coréen a raté la date limite du 30 octobre pour confirmer leur participation auprès de l'Union internationale de patinage.

Ces sportifs pourraient néanmoins concourir à l'invitation du Comité international olympique.

Pékin, le principal allié de Pyongyang, a salué ces développements. La Chine souhaite que "les deux parties profitent de cette occasion de faire des efforts concrets pour améliorer leurs relations (...) et de parvenir à la dénucléarisation de la péninsule", selon le porte-parole de la diplomatie chinoise Geng Shuang.

Avec AFP

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