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Moyen-Orient

26 combattants tués lors d'affrontements entre régime et jihadistes en Syrie

La ville d'Ariha, dans la province d'Idleb en Syrie le 20 septembre 2018.

Vingt-six combattants ont été tués lors d'affrontements entre les forces du régime syrien et des jihadistes lundi dans le nord-ouest de la Syrie, où le pouvoir et son allié russe ont intensifié les frappes ces derniers jours, selon une ONG.

La province d'Idleb et des territoires adjacents, notamment dans la province voisine de Hama, sont dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda), qui ont renforcé en début d'année leur emprise sur le secteur.

Les prorégime ont "progressé en direction de deux villages et d'une colline aux mains des jihadistes dans le nord de la province de Hama", déclenchant de "violents combats" avec le HTS et un groupe jihadiste allié, le Parti islamique du Turkestan, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Quinze jihadistes ont été tués de même que 11 combattants prorégime, a-t-il ajouté.

A Damas, l'agence officielle Sana a rapporté des "opérations intensives" menées par l'armée contre des positions "des groupes terroristes" à Hama et Idleb.

Plus tôt dans la journée, quatre civils ont été tués dans des raids russes ou des tirs d'artillerie du régime dans la province d'Idleb, selon l'OSDH.

Au moins cinq hôpitaux et un centre médical ont été touchés ces derniers jours par des bombardements imputés pour certains à Moscou par l'ONG.

Des habitants du sud d'Idleb ont fui les combats à bord de dizaines de camionnettes chargées de matelas et autres effets personnels, pour se rendre dans des secteurs plus au nord, relativement épargnés, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Dans un village, où des habitations sont en ruines, un homme ayant perdu sa femme, sa belle-fille et ses deux petits-enfants durant des bombardements nocturnes charge une camionnette pour fuir. "Je ne sais pas encore où je vais".

Près de 140.000 personnes ont été déplacées depuis février par les combats dans la région, selon l'ONU.

Depuis septembre 2018, Idleb fait l'objet d'un accord négocié par Moscou et Ankara, qui parraine certains groupes rebelles, prévoyant la mise en place d'une "zone démilitarisée" séparant les secteurs jihadistes et insurgés des zones gouvernementales attenantes.

Cet accord a permis d'éviter une offensive d'envergure de l'armée syrienne, mais le régime a continué d'y mener des frappes, devenues plus régulières depuis février.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 370.000 morts.

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Beyrouth annonce des élections parlementaires anticipées en pleines manifestations exacerbées par l'explosion

La police anti-émeute libanaise arrête un manifestant anti-gouvernemental, qui tentait d'atteindre le bâtiment du Parlement, lors d'une manifestation contre les élites politiques et le gouvernement, à Beyrouth, au Liban, le samedi 8 août 2020. (Photo AP / Hussein Malla)

Au Liban, des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Beyrouth contre la classe politique jugée responsable du drame qui a fait plus de 150 morts, 6.000 blessés, plus de 300.000 sans-abri et des disparus. Le gouvernement annonce les élections parlementaires anticipées.

Les manifestants se sont dirigés vers la place des Martyrs, épicentre traditionnel des manifestations, avec pour mot d'ordre "Le Jour du jugement". Des guillotines en bois y ont été installées et des manifestants brandissaient des cordes avec un noeud coulant à leur extrémité.

Les foules scandaient: "Vengeance, vengeance, jusqu'à la chute du régime". Certains portaient des masques, d'autres des drapeaux ou des portraits des victimes de l'explosion, alors que les forces de sécurité tentaient d'empêcher certains groupes d'avancer vers le Parlement.

Des manifestants ont pris d'assaut le quartier général de l'Association des banques dans le centre de Beyrouth, y mettant le feu avant d'être délogés par l'armée. D'autres protestataires ont investi le ministère des Affaires étrangères et celui du Commerce.

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes tandis que certains manifestants leur ont lancé des pierres. L'explosion au port mardi, dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, aurait été provoquée par un incendie qui a touché un énorme dépôt de nitrate d'ammonium, dangereuse substance chimique.

-Elections parlementaires anticipées-

Le Premier ministre Hassan Diab, contesté, a annoncé qu'il allait proposer des élections parlementaires anticipées. Il estime que seules "des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle".

"J'appelle toutes les parties politiques à s'entendre sur l'étape à venir. Leurs responsables n'ont pas beaucoup de temps, je suis prêt à continuer à assumer mes responsabilités pendant deux mois jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord", a-t-il ajouté, a affirmé M. Diab.

-Visioconférence de soutien-

L'ONU et la France organiseront dimanche une visioconférence de soutien au Liban. Pour la France, cette rencontre doit marquer le début d'une "démarche d'urgence et d'espoir pour l'avenir" du pays.

La France n'a pas voulu donner le montant de l'aide qui pourrait être dégagée dimanche, mais l'ONU a chiffré à 85 millions de dollars le coût des seuls besoins de santé. "L'objectif immédiat est de pourvoir aux besoins d'urgence du Liban, à des conditions qui permettent que l'aide aille directement à la population", a expliqué l'Élysée, en visant "la consolidation des bâtiments endommagés, l'aide médicale d'urgence, l'aide alimentaire et le restauration des hôpitaux et écoles".

Les représentants de l'Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de la Russie, de Jordanie, d'Égypte y participeront. Israël n'est "pas dans le tour de table". L'Iran n'a "pas manifesté sa volonté de participer", alors que "les pays du Golfe ont été invités".

-Une catastrophe de trop-

Le Liban est en plein naufrage économique, après avoir fait défaut sur sa dette, et ses dirigeants ont été incapables de s'entendre sur un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour les Libanais déjà éprouvés par une crise économique inédite, l'explosion de mardi a été la catastrophe de trop, relançant un mouvement de contestation qui avait débuté en octobre pour dénoncer l'ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente, mais s'était essoufflé en raison de la pandémie de Covid-19.

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