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Victoire d'un pâtissier américain ayant éconduit un couple gay

L'artiste Gilbert Baker, créateur du drapeau arc-en-ciel, porte une pancarte " Boycottons l'homophobie" lors de la parade pour la Saint Patrick à New York, le 17 mars 2014

La Cour suprême des Etats-Unis a offert une victoire historique mais incomplète à un pâtissier chrétien qui a refusé de faire un gâteau de mariage pour un couple homosexuel, en jugeant que les droits religieux du commerçant avaient été bafoués.

Dans une décision à la majorité de sept juges contre deux, la haute cour a estimé qu'une commission dans le Colorado, qui avait conclu que le pâtissier se devait de servir tous ses clients quelle que soit leur orientation sexuelle, avait fait preuve d'une "animosité évidente et inadmissible" à l'égard de la religion.

Selon les sages, cette commission de défense des droits civiques, sur laquelle se sont appuyés les tribunaux inférieurs, se devait de considérer ce dossier de façon impartiale.

Mais "elle ne l'a pas fait avec la neutralité religieuse exigée par la Constitution", a estimé le magistrat Anthony Kennedy, qui a lu l'arrêt très attendu dans cette affaire, devenue emblématique bien qu'apparemment insolite.

La décision de la Cour suprême revêt toutefois une portée limitée, se gardant de définir un cadre dans lequel un commerçant pourrait refuser tel ou tel acte au nom de ses croyances profondes.

La bataille sur le fond est donc amenée à se poursuivre, porteuse de vastes conséquences pour la société américaine, en raison des grands principes en jeu: liberté religieuse, égalité sexuelle et liberté d'expression protégée par le premier amendement de la Constitution.

Dans cette affaire s'opposaient un pâtissier de l'Etat du Colorado, Jack Phillips, et deux hommes aujourd'hui mariés, Dave Mullins et Charlie Craig.

- Religion contre égalité -

Invoquant sa foi chrétienne, M. Phillips avait expliqué le 19 juillet 2012, dans sa pâtisserie en banlieue de Denver, "Masterpiece Cakeshop", qu'il ne pouvait prendre une commande venant de MM. Mullins et Craig.

Ses avocats ont assuré que le gâteau représentait l'institution du mariage et qu'il véhiculait donc un message, contrairement à un banal croissant.

Les deux époux ont déposé plainte sur le fondement d'une loi du Colorado interdisant toute discrimination aux magasins accueillant le public. Les tribunaux inférieurs leur ont donné raison.

L'affaire a été plaidée en décembre à la Cour suprême.

Deux juges progressistes de la haute cour, Ruth Bader Ginsburg et Sonia Sotomayor, ont exprimé leur désaccord avec l'arrêt dans un argumentaire écrit, en estimant que l'hostilité présumée de la commission ne jouait qu'un rôle secondaire.

Dans ce dossier "ce qui compte est que Phillips refuse à un couple homosexuel un bien ou un service qu'il offrirait à un couple hétérosexuel", a insisté Mme Ginsburg, la doyenne de la cour.

"C'est une immense victoire pour les droits religieux des citoyens", a au contraire commenté Mat Staver, président de l'organisation conservatrice Liberty Counsel. "Les gens ne peuvent être forcés à véhiculer un message qui viole leur conscience".

L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), représentant le couple homosexuel, a noté que la Cour suprême n'avait que partiellement donné raison au pâtissier, sans instituer des exemptions dont auraient bénéficié les croyants.

"La cour n'a pas accepté des arguments qui auraient fait remonter le temps sur la question de l'égalité", a souligné Louise Melling, une responsable juridique de l'organisation.

Dave Mullins et Charlie Craig ont en tout cas promis lundi de continuer leur lutte.

"Nous avons lancé cette action car personne ne devrait avoir à subir la honte, l'embarras et l'humiliation de s'entendre dire: +Ici on ne sert pas les gens comme vous+", ont-ils confié dans un communiqué. "Nous poursuivrons notre combat jusqu'à ce que cela soit le cas".

- Trump pro-pâtissier -

La question a vu s'affronter durant des mois des légions d'avocats et de lobbyistes, qui ont mené campagne pour le couple ou le pâtissier.

Une vingtaine d'Etats américains, des dizaines d'élus du Congrès et tout ce que l'Amérique compte de groupes de pression chrétiens et conservateurs ont épousé la cause de Jack Phillips.

Le pâtissier bénéficiait d'un soutien encore plus important: le gouvernement de Donald Trump, qui soutenait que les gâteaux étant sa forme d'expression artistique, M. Phillips ne pouvait être forcé à utiliser ses talents à l'encontre des ses croyances religieuses.


Avec AFP

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"J'ai attendu d'avoir faim": l'artiste qui a mangé une banane à 120.000 dollars fier de lui

L'artiste italien Maurizio Cattelan, le 20 février 2018. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)

Avant de manger la banane qu'avait scotchée au mur l'artiste italien Maurizio Cattelan, une œuvre vendue 120.000 dollars à la foire d'art contemporain Art Basel de Miami, David Datuna a attendu quelques heures, histoire d'"avoir faim", a expliqué lundi en riant l'artiste, de retour à New York.

Né à Tbilissi et installé aux Etats-Unis depuis 22 ans, David Datuna s'est montré fier de ce geste qui a fait sensation après qu'il eut posté sur son compte Instagram une vidéo de lui savourant la fameuse banane.

Bien que cette "performance artistique" puisse lui valoir des ennuis judiciaires --même si la banane a été rapidement remplacée par une autre sur le mur de la galerie--, il s'est targué lundi, lors d'un point presse à New York, d'être "le premier artiste à manger l'art d'un autre artiste". Et a indiqué avoir reçu depuis "40 à 50.000 messages sur Instagram", presque tous encourageants.

S'il ne l'a jamais rencontré, il dit respecter le travail de Maurizio Cattelan, connu notamment pour ses toilettes en or 18 carats intitulées "America", dérobées en septembre dans un château anglais.

"C'est un génie", qui "se moque de tout", a confié M. Datuna, mais "j'aime aussi ce que j'ai fait".

"Je pense que les artistes sont là pour faire le bonheur des gens, pour leur faire plaisir. Et c'est ce que j'ai fait (...) Et puis, tout le monde attendait de voir, comment répondre à Maurizio (Cattelan)".

David Datuna reconnaît que la publicité que lui a valu sa performance à Miami ne lui fait pas de mal, même s'il affirme ne pas en avoir besoin: il a exposé à la National Portrait Gallery de Washington, a récemment ouvert un espace d'exposition dans le quartier new-yorkais de Long Island City, et n'en est pas à son premier "coup" artistique, notamment pour critiquer Donald Trump.

En juin 2017, après que le président américain eut annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, il a écrit le nom TRUMP en lettres de glace sur une grande place new-yorkaise, pour souligner tant la fonte des glaces que le caractère éphémère de sa présidence.

Son prochain coup? Il a indiqué lundi préparer "une surprise" pour le Super Bowl, la grande finale annuelle du championnat de football américain, suivie par près de 100 millions de téléspectateurs, qui se déroulera le 2 février à Miami.

L'acte d'accusation pour destitution de Donald Trump approuvé par la commission judiciaire

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Le renvoi de Trump en procès pour destitution approuvé lors d'un vote préliminaire

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants Jerry Nadler

L'acte d'accusation de Donald Trump a été approuvé vendredi par une commission à majorité démocrate du Congrès, franchissant une étape décisive avant un vote historique sur le probable renvoi du président des Etats-Unis en procès pour destitution.

Deux mois et demi après l'explosion du "scandale ukrainien", la commission judiciaire de la Chambre des représentants a adopté, en suivant des lignes strictement partisanes, deux chefs d'inculpation retenus par les démocrates contre le milliardaire: "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès".

Il revient désormais à la Chambre de voter sur ce texte lors d'une séance plénière attendue mercredi, selon les médias.

Compte-tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump est quasi assuré d'être mis en accusation. Il devrait toutefois échapper à une destitution, le Sénat, chargé de le juger, étant contrôlé par les républicains qui font bloc autour de leur président.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, l'a d'ailleurs affirmé jeudi soir sur Fox News: "Il n'y a aucune chance que le président soit destitué".

Même s'il est acquitté, son renvoi en procès entachera le bilan de Donald Trump et ternira sa campagne de réélection, bien qu'il conserve un soutien massif auprès de sa base républicaine.

Avant lui, seuls deux présidents, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, ont vécu une telle épreuve. Mis en cause dans un scandale d'espionnage politique, dit du "Watergate", le républicain Richard Nixon avait démissionné en 1974 pour éviter cet "impeachment".

Avant de passer au vote, la commission judiciaire a débattu pendant une quinzaine d'heures. Ces discussions fleuves, émaillées de nombreuses escarmouches, ont exposé deux visions diamétralement opposées de la conduite de Donald Trump, qui reflètent les fractures de la société américaine face à ce président atypique.

- Antipodes -

Les ennuis du milliardaire ont commencé quand un mystérieux lanceur d'alerte s'est alarmé de la teneur d'un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l'immobilier priait son interlocuteur d'enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l'élection de 2016 - reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes.

Surtout, il lui demandait de "se pencher" sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020, et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Or, une aide militaire cruciale pour Kiev, en conflit armé avec la Russie, avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication.

De ces faits incontestés, démocrates et républicains tirent des conclusions aux antipodes.

Pour les premiers, Donald Trump a commis un "abus de pouvoir" pour s'assurer un avantage dans l'élection de 2020, mettant en jeu l'intégrité du scrutin et la sécurité des Etats-Unis.

Les démocrates lui reprochent aussi d'avoir "entravé" le travail du Congrès en refusant de participer à leur enquête.

Jugeant la procédure "inconstitutionnelle", la Maison Blanche a en effet interdit à des conseillers du président de témoigner ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.

- "Attaque" -

Donald Trump et ses partisans jurent de leur côté qu'il n'y a eu "aucune pression" exercée sur l'Ukraine et que les demandes d'enquête étaient légitimes pour lutter contre des soupçons de "corruption".

Selon eux, Hunter Biden a été employé par le groupe gazier ukrainien Burisma uniquement parce que son père était à l'époque vice-président des Etats-Unis.

Pour eux, la procédure de destitution est motivée par l'aversion des démocrates pour un président au style peu conventionnel, et par leur peur de perdre de nouveau contre lui en 2020.

Au cours des débats fleuves, les républicains se sont attachés à présenter la procédure comme une offensive visant aussi les électeurs de Donald Trump. "Il ne s'agit pas simplement d'une attaque contre la présidence, c'est une attaque contre nous tous", a tonné l'élu Matt Gaetz.

L'impact des débats sur l'opinion est incertain: selon la moyenne des sondages établie par le site FiveThirtyEight, 47,3% des Américains soutiennent une destitution de Donald Trump et 45,9% sont contre.

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