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Les programmes de conversion sexuelle pour gays dénoncés aux Etats-Unis

John Cooper, directeur du Festival de Sundance, Keri Putnam, directrice exécutive, et Robert Redford, fondateur, lors d'une conférence de presse, Park City, Utah, le 22 janvier 2015.

La pratique évoque l'Amérique puritaine du XVIIe siècle et pourtant... Les programmes de thérapie pour combattre l'homosexualité sont encore d'actualité aux Etats-Unis.

De Seattle au sud de la Floride, des écoles proposent d'aider de jeunes gens à "se débarrasser de l'homosexualité par la prière".

Ces centres, décriés par l'association américaine de psychologie comme par l'ancien président Barack Obama, offrent des séances de conseil thérapeutique, des groupes de soutien, des médicaments, de l'hypnose et même des opérations.

Un nouveau film avec la jeune star Chloë Grace Moretz qui tente d'attirer l'attention sur ce problème a créé l'émotion et enthousiasmé la critique au festival de Sundance.

"L'administration (Trump) croit totalement aux thérapies de conversion", a avancé l'actrice de 20 ans à l'AFP lors de la première de "The Miseducation of Cameron Post" à Park City, dans l'Utah, où se tient chaque année la grand-messe du cinéma indépendant.

Le vice-président "Mike Pence a même tenté de les subventionner avec des fonds publics" lorsqu'il était parlementaire dans l'Indiana, a-t-elle ajouté.

Dans ce drame, Chloë Grace Moretz joue une adolescente surprise en train d'avoir une relation sexuelle avec la "reine de la promotion" de son lycée au milieu des années 90. Une performance jugée par certains critiques comme la meilleure de sa carrière.

L'ex-enfant star est apparue sur le petit écran pour la première fois quand elle n'avait que 7 ans. Depuis, elle a tourné avec Olivier Assayas, Martin Scorsese, dans la série à succès "Desperate Housewives", entre autres.

Elle souligne que la pratique des thérapies pour homosexuels est légale dans une quarantaine d'Etats américains, sur un total de 50.

"Il y a deux semaines encore, le (Congrès du) New Hampshire a voté contre son interdiction", insiste-t-elle.

Dans le film, Cameron est envoyée de force dans un centre de thérapie par ses très conservateurs oncle et tante, chez qui elle vit depuis la mort de ses parents.

Méchants ou juste 'dangereux' ?

Elle y rencontre les adolescents rebelles Adam (Forrest Goodluck), un "homme à deux esprits" Navajo, et son amie unijambiste Jane Fonda - probablement un nom d'emprunt, même si le film ne le clarifie pas.

Tous trois fument des joints ensemble et partagent des anecdotes sarcastiques sur leurs instructeurs, parfaitement conscients que ces religieux zélés et psychologues amateurs sont ridiculement incompétents.

Mais le rire fait rapidement place à la tragédie. "The Miseducation" est le deuxième film de la réalisatrice Desiree Akhavan, qui le décrit comme un genre de "Breakfast club" gay.

Il "aborde beaucoup de problèmes: l'homophobie, le sexisme, le racisme, tous les -ismes", affirme Forrest Goodluck, qui jouait le fils de Leonardo DiCaprio dans "The Revenant".

"The Miseducation" est adapté d'un roman éponyme d'Emily M. Danforth.

La thérapeute qui gère le centre dans le film, interprétée par Jennifer Ehle, est une chrétienne pieuse qui s'est lancée dans les conversions pour homosexuels après s'être fait la main sur son frère.

Elle impose des exercices à ses jeunes patients pour leur mettre dans la tête que leur homosexualité n'est que le résultat d'une confusion des genres et que c'est une maladie mentale.

"Ce n'était pas facile de l'interpréter sans la diaboliser, de montrer à quel point elle tient à ces enfants et pense les aider", a expliqué à l'AFP Jennifer Ehle.

Les gens qui organisent des stages sont "dangereux", mais ils pensent vraiment qu'ils "sauvent ces jeunes de la damnation", remarque-t-elle.

John Gallagher Jr., qui interprète le révérend Rick, souligne lui aussi que son personnage n'est pas un authentique méchant: "il a fait une thérapie lui-même et l'enseigne à présent aux enfants, leur affirmant +vous aussi vous pouvez vivre heureux si vous suivez juste les étapes du programme comme je l'ai fait+", explique-t-il, espérant que le film aidera à éradiquer ces programmes.

Avec AFP

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Le démocrate Joe Biden se lance dans la course à la Maison Blanche

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

Après plus de 45 ans de carrière politique, l'ancien vice-président démocrate Joe Biden a officialisé jeudi sa candidature à la Maison Blanche, se posant en défenseur des valeurs de tolérance de l'Amérique face à Donald Trump, accusé d'altérer "l'âme" de la nation.

"Les valeurs fondamentales de cette nation, notre rang dans le monde, notre démocratie même, tout ce qui a fait l'Amérique est en jeu. C'est la raison pour laquelle j'annonce ma candidature à la présidence des Etats-Unis", a écrit Joe Biden, 76 ans, sur Twitter.

"Si nous donnons huit ans à Donald Trump à la Maison Blanche, il altérera fondamentalement et pour toujours le caractère de cette nation", a averti l'ex-numéro deux de Barack Obama dans une vidéo postée en ligne.

"Bienvenue dans la course Joe l'endormi", a réagi Donald Trump sur Twitter, reprenant l'un des surnoms dont il l'a affublé.

"J'espère seulement que tu es suffisamment intelligent, ce dont on doute depuis longtemps, pour remporter la campagne de la primaire", a ajouté le locataire de la Maison Blanche. "Il y aura des coups bas (...) Mais si tu y parviens, je te verrai sur la ligne de départ!"

Dans sa vidéo, Joe Biden revient longuement sur les manifestations néonazies d'août 2017 à Charlottesville, lors desquelles une manifestante antiraciste avait été tuée, et a vivement critiqué la réponse de Donald Trump à l'époque, qui avait déclaré que "des gens biens" se trouvaient "des deux côtés".

"A ce moment, j'ai su que cette nation était menacée comme jamais je ne l'avais constaté auparavant au cours de ma vie", a souligné Joe Biden, en veste et chemise rayée à col ouvert.

Grâce notamment à sa grande notoriété et fort de son image de rassembleur modéré, Joe Biden domine déjà depuis des mois les sondages de ce tout début de campagne pour décrocher l'investiture démocrate, malgré de récentes polémiques sur ses gestes d'affection parfois trop marqués.

Il est le 20e candidat à briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre 2020: un nombre record pour un groupe qui présente aussi une diversité sans précédent dans l'histoire américaine.

Après deux tentatives malheureuses pour les présidentielles de 1988 et 2008 et alors qu'il avait passé son tour en 2016, trop affecté par le décès de l'un de ses fils, Joe Biden a laissé planer le suspense pendant des mois.

Pendant ce temps, sa large avance s'est quelque peu érodée, avec l'entrée en piste de candidats médiatiques aux nouveaux visages et bien plus jeunes comme le maire modéré Pete Buttigieg.

Les dernières semaines d'attente ont en outre été assombries par les témoignages de plusieurs femmes qui l'ont accusé de les avoir profondément gênées avec ses marques d'affection, comme un baiser sur la tête.

S'il a promis, face à la polémique, d'"être plus attentif", il ne s'est pas excusé pour autant.

- Peloton de tête -

Avec 29,3% des suffrages, le centriste partage le peloton de tête démocrate avec le sénateur très gauche Bernie Sanders (23%), selon le site RealClearPolitics.

Puis suivent, plus loin derrière, la sénatrice Kamala Harris (8,3%), Pete Buttigieg (7,5%), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (6,5%) et l'ex-élu du Texas Beto O'Rourke (6,3%).

Joe Biden aime mettre en avant ses origines modestes dans une Pennsylvanie ouvrière où il tiendra un premier meeting de campagne lundi. Ces racines pourraient lui donner un avantage précieux dans les ex-bassins industriels ayant basculé en faveur de Donald Trump en 2016.

"Les banquiers de Wall Street et les PDG n'ont pas construit les Etats-Unis. C'est vous la classe moyenne", avait-il lancé la semaine dernière à des grévistes.

Autre grand atout: Joe Biden reste très populaire parmi la base démocrate, notamment chez les électeurs plus âgés, les plus modérés ainsi que les Noirs, dont la mobilisation pourrait jouer un rôle important aux urnes.

Le président Barack Obama, par la voix de sa porte-parole, a déclaré que la choix de Joe Biden comme co-listier en 2008 avait été "l'une de ses meilleures décisions".

Outre ses célèbres gaffes, M. Biden aura aussi à répondre de plusieurs anciens épisodes, comme sa gestion de l'audition sénatoriale tendue d'une femme qui accusait de harcèlement sexuel un candidat à la Cour suprême, ou sa défense farouche d'une loi pénale qui a frappé surtout les Noirs.

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Un suprémaciste blanc a été exécuté au Texas 20 ans après le lynchage d'un Noir

Le centre de détention fédéral de Washington à SeaTac.

Un suprémaciste blanc a été exécuté mercredi au Texas pour avoir tué un Noir il y a 20 ans lors d'une séance de torture, comparée à un "lynchage des temps modernes", qui avait révulsé l'Amérique.

John King, 44 ans, doit subir une injection létale à 18 heures (minuit GMT) dans le pénitencier de Huntsville.

Cet homme, qui affichait des idées racistes et des tatouages nazis, a été condamné à la peine capitale en 1999 pour avoir participé avec deux autres Blancs au meurtre de James Byrd.

Dans la nuit du 7 juin 1998, ils avaient prétendu vouloir raccompagner cet homme noir de 49 ans qui rentrait à pied chez lui après une fête.

Les trois hommes l'avaient en fait violemment battu, avant de l'enchaîner à l'arrière de leur camionnette et de le traîner sur plus de trois kilomètres.

Son corps démembré avait été retrouvé le lendemain matin devant une église noire de la petite ville de Jasper, au Texas.

En moins de 48 heures, la police avait interpellé les auteurs du crime : Shawn Berry, 23 ans, John King, 23 ans, et Lawrence Brewer, 31 ans.

Les deux derniers, qui avaient rallié un gang de suprémacistes blancs lors d'un séjour en prison, ont été condamnés à la peine de mort dans des procès distincts. Lawrence Brewer a été exécuté en 2011.

Shawn Berry, qui avait coopéré avec les enquêteurs, a écopé de la réclusion à perpétuité.

KKK et SS

Lors du procès de John King en 1999, des membres du Ku Klux Klan (KKK) et des Black Panthers avaient manifesté à Jasper, replongeant les Etats-Unis dans les heures sombres de leur histoire.

Le père de l'accusé avait toutefois lancé un appel en faveur de la réconciliation raciale. "Nous sommes tous des êtres humains, noirs et blancs (...) Nous devons apprendre à nous aimer, pas à nous haïr", avait exhorté Ronald King.

Dix ans plus tard, une loi au nom de James Byrd, mais aussi de Matthew Shepard, un jeune gay battu à mort la même année dans le Wyoming, a été adoptée au niveau fédéral pour renforcer la lutte contre les crimes motivés par le racisme, l'homophobie ou toute autre haine ciblée.

De son côté, John King a toujours maintenu une attitude ambiguë.

Dans une lettre adressée à un journal local, il avait clamé son innocence et assuré ne pas avoir été sur les lieux du crime.

Sans s'expliquer sur les mégots de cigarettes retrouvés avec son ADN ou les autres éléments à charge, il avait ajouté être "persécuté" pour avoir "exprimé ouvertement" sa "fierté pour sa race".

A l'audience, il n'avait pas pris la parole, laissant ses avocats accuser le système carcéral du Texas pour sa radicalisation.

Selon eux, le jeune homme avait été violé par des détenus noirs et s'était ensuite placé sous la protection d'un gang aux idées extrémistes, d'où ses tatouages faisant référence aux SS nazis, au KKK ou à la "fierté aryenne".

"Justice"

Pas convaincus, les jurés avaient mis moins de trois heures à le condamner à mort.

Depuis, ses avocats ont multiplié les recours pour tenter de le sauver.

Mardi, ils ont introduit une ultime requête auprès de la Cour suprême des Etats-Unis pour qu'elle suspende l'exécution. Selon eux, les premiers avocats de John King ont violé les droits de leur client en ne plaidant pas l'innocence, comme il le leur avait demandé.

Déjà sollicité avec cet argumentaire, le temple du droit américain avait refusé en 2018 de se saisir du dossier.

Sauf surprise, Donald King devrait donc être le quatrième détenu exécuté en 2019 aux Etats-Unis.

Certains proches de sa victime s'opposent toutefois à la peine capitale, a rappelé la chaîne CNN. En 2011, lors de l'exécution de Lawrence Brewer, le fils de James Byrd, Ross, avait protesté : "Vous ne pouvez pas combattre un crime avec un crime".

Mais trois de ses soeurs prévoient d'assister à l'exécution. "Cela ne nous guérira pas", a déclaré l'une d'elle, Louven Harris, au New York Times. "Mais justice aura été rendue".

Trump envoie des "soldats armés" à la frontière mexicaine

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Donald Trump a annoncé mercredi envoyer des "soldats armés" à la frontière sud après un incident avec des militaires mexicains, qu'il accuse d'être complices de trafiquants de drogue, une nouvelle escalade verbale dans sa guerre ouverte contre l'immigration clandestine.

"Des soldats mexicains ont récemment braqué avec leurs armes des soldats de notre Garde nationale, vraisemblablement dans une tactique de diversion pour des trafiquants de drogue à la frontière. Nous dépêchons immédiatement des soldats armés à la frontière", a tweeté M. Trump.

Il a accusé le Mexique de ne "faire pratiquement rien" pour interpeller les migrants clandestins et les renvoyer dans leur pays d'origine.

Le président américain n'a pas précisé à quel événement il faisait référence, mais le Pentagone a confirmé à l'AFP dans un communiqué un incident remontant au 13 avril près de Clint, au Texas, lors duquel une demi-douzaine de soldats mexicains ont braqué deux soldats américains qui se trouvaient dans un véhicule banalisé, et désarmé l'un d'entre eux.

"Les militaires mexicains ont cru que les soldats américains se trouvaient au sud de la frontière", mais ces derniers "se trouvaient bien sur le territoire américain", a assuré l'armée américaine dans son communiqué.

"Après une brève discussion entre les soldats des deux pays, les militaires mexicains ont quitté la zone", a ajouté le commandement pour l'Amérique du Nord (Northcom), soulignant que ses hommes avaient "suivi tous les protocoles et procédures appropriés".

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a tenté de calmer le jeu en assurant que son pays n'avait pas l'intention de "se battre" avec les Etats-Unis.

"Nous allons analyser cet incident, nous allons prendre en compte ce qu'il signale et nous allons agir en conformité avec la loi dans le cadre de notre souveraineté", a-t-il déclaré au cours de son point de presse quotidien.

- "Provocation" -

"Nous, nous n'allons pas tomber dans une quelconque provocation", a ajouté le président mexicain. "Le plus important, c'est lui dire (à M. Trump) que nous n'allons pas nous battre avec le gouvernement des Etats-Unis que nous voulons une relation de respect mutuel et de coopération pour le développement".

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un des fers de lance de sa présidence, a par ailleurs évoqué sur Twitter "une très grosse caravane de 20.000 personnes" se déplaçant au Mexique en direction des Etats-Unis.

"Le Mexique en a réduit la taille, mais elle continue de progresser. Le Mexique doit arrêter ce qu'il en reste ou nous serons contraints de fermer cette portion de la frontière et d'envoyer l'armée. Les coyotes et les cartels ont des armes !", a-t-il mis en garde.

Son homologue mexicain souhaite freiner le flux de migrants traversant le Mexique vers le nord, afin notamment de garantir leur sécurité.

Depuis plusieurs semaines, les autorités mexicaines proposent aux migrants qui entrent sur leur territoire un visa humanitaire d'un an limité aux seuls Etats du sud du pays, qui remplace peu à peu les visas humanitaires qui leur permettaient jusqu'alors de circuler librement dans tout le pays.

S'ils progressent vers le nord, les migrants détenteurs de ce nouveau visa s'exposent désormais à une expulsion du territoire mexicain.

M. Trump a salué dans un autre tweet "le travail formidable" réalisé par la police aux frontières américaine. "Elle a déjà interpellé plus de 418.000 migrants clandestins cette année, beaucoup plus que l'an dernier" à la même époque, s'est-il félicité.

Depuis octobre, plusieurs milliers de migrants d'Amérique centrale organisés en caravanes ont traversé le Mexique dans l'espoir d'entrer aux Etats-Unis.

Quelque 2.900 militaires américains d'active sont actuellement déployés le long de la frontière sud, ainsi que 2.000 réservistes.

"Il y a toujours eu des militaires armés chargés de la sécurité des troupes", a indiqué à l'AFP un responsable du Pentagone, sans préciser la proportion de militaires portant une arme au sein de la force américaine, surtout chargée de renforcer la frontière par des rouleaux de barbelés ou des systèmes de surveillance électronique.

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