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Rwanda

Vers une large victoire du parti de Kagame lors des législatives au Rwanda

Le président rwandais, Paul Kagame, prend la parole lors de la cérémonie d’ouverture du Forum sur la coopération Chine-Afrique au Grand Palais du Peuple à Beijing, le 3 septembre 2018.

Les Rwandais votaient lundi pour élire leurs députés, des élections législatives qui devraient voir se prolonger l'hégémonie au Parlement du parti du chef de l'Etat Paul Kagame, réélu avec plus de 98% des voix à la présidentielle d'août 2017.

Le Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir depuis 24 ans, ses alliés et un parti d'opposition briguent ce lundi 53 des 80 sièges de la chambre basse du Parlement. Les 27 sièges restants sont réservés aux femmes, aux jeunes et à des handicapés physiques élus par des conseils, comités et organisations spécifiques.

Dans le Parlement sortant, ces 53 sièges sont détenus par le FPR et ses alliés ou des partis soutenant la politique du gouvernement.

"Nous avons bon espoir de gagner au moins dix sièges au Parlement", a toutefois assuré Frank Habineza, le président du seul parti d'opposition autorisé à participer, le Parti démocratique vert, au moment de voter dans la capitale Kigali.

"Notre parti est dans une bonne dynamique, malgré de nombreux obstacles", a ajouté celui qui n'avait remporté que 0,48% des suffrages lors de l'élection présidentielle remportée par Paul Kagame en 2017.

De longues files d'électeurs s'étiraient devant les bureaux de vote dès l'ouverture de ceux-ci à 07 heures (05 heures GMT). Ils fermeront à 17H00 (15H00 GMT) et des résultats préliminaires sont attendus tard dans la soirée.

"La participation est conforme à ce que nous attendions et les élections se déroulent de manière pacifique", a assuré à l'AFP Charles Munyaneza, secrétaire exécutif de la Commission électorale. "Au total, nous attendons plus de six millions de votants et de nombreux jeunes qui voteront pour la première fois".

Les électeurs ne votent pas pour des députés individuels, mais pour des partis, qui décident en interne qui les représentera au Parlement. Un parti doit obtenir au moins 5% des voix pour siéger au Parlement.

Le président Kagame a lui voté dimanche à l'ambassade du Rwanda à Pékin, où il participe à un sommet sur la coopération sino-africaine.

Paul Kagame est l'homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

M. Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d'expression et de réprimer toute opposition.

En 2015, une réforme de la Constitution adoptée par référendum a permis à Paul Kagame de se présenter pour un nouveau mandat et de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034.

Rwanda: ouverture des bureaux de vote pour les législatives (vidéo)
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Avec AFP

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Génocide au Rwanda: la France ouvre ses archives, les rescapés demandent justice

Le président rwandais Paul Kagame et la première dame Jeannette Kagame allument une flamme commémorative pour la 27e commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi au Mémorial du génocide de Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2021.

La France a annoncé mercredi l'ouverture d'importantes archives sur le Rwanda pour faire avancer la "vérité historique" sur le génocide des Tutsi en 1994, un geste salué par les rescapés qui réclament toutefois des "excuses" de Paris pour son rôle dans la tragédie.

Les commémorations du 27e anniversaire du génocide, où plus de 800.000 personnes, essentiellement tutsi, furent exterminées dans des conditions atroces entre avril et juillet 1994, étaient placées en France sous le signe du refus du négationnisme.

Elles interviennent quelques jours après la remise au président Emmanuel Macron d'un rapport d'historiens qui, pour la première fois, a conclu à des "responsabilités lourdes et écrasantes" de Paris dans la tragédie.

L'annonce par un décret gouvernemental de l'ouverture des archives, notamment celles de l'ancien président socialiste François Mitterrand au pouvoir à l'époque du génocide ont été saluées comme "une bonne chose" par l'association de rescapés Ibuka France.

Toutefois, "les rescapés n'ont pas beaucoup à apprendre", a souligné le président d'Ibuka France Etienne Nsanzimana, lors d'une cérémonie au memorial de la Shoah à Paris. "Ils veulent des actes forts, des mots d'excuses", a-t-il lancé, ajoutant: "Les historiens ont parlé, il faut que les politiques et les juges prennent le relais".

Une demande relayée par l'ambassadeur du Rwanda en France, François-Xavier Ngarambe, qui a exhorté "tous les pays au sein desquels des génocidaires se cachent" à les "extrader ou à les juger eux-mêmes".

Après plus de deux décennies de relations exécrables entre Paris et Kigali, empoisonnées par la question du rôle de la France, le ton était cependant à l'apaisement. M. Ngarambe a de nouveau salué le "pas important" que constitue le rapport d'historiens de la commission Duclert et cité les "efforts" de la France pour juger des génocidaires sur son sol.

Des fleurs offertes par l'association Ibuka France sont vues lors d'une cérémonie d'hommage à l'occasion du 27e anniversaire du génocide rwandais au Jardin de la Mémoire du parc public du Parc de Choisy à Paris le 7 avril 2021.
Des fleurs offertes par l'association Ibuka France sont vues lors d'une cérémonie d'hommage à l'occasion du 27e anniversaire du génocide rwandais au Jardin de la Mémoire du parc public du Parc de Choisy à Paris le 7 avril 2021.

"Vérité historique"

Des représentants de l'Etat français ont participé aux commémorations, une présence saluée comme une marque de "respect" par une responsable d'Ibuka. Le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian a assisté à une cérémonie de dépôt de gerbes dans la matinée.

Et à la cérémonie au memorial de la Shoah, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a insisté sur le rôle de la recherche et de l'enseignement afin de "lutter contre l'éternel recommencement et contre l'oubli". "Nous devons la vérité historique aux victimes, à leurs enfants, à notre humanité", a-t-il déclaré.

L'ouverture des archives sur le rôle de la France au Rwanda était attendue depuis des années et marque un pas supplémentaire dans la politique mémorielle du président Emmanuel Macron, après la remise du rapport Duclert.

Les archives de l'ancien président socialiste François Mitterrand, celles de son Premier ministre de l'époque Edouard Balladur (droite), et d'autres documents sont désormais ouverts à tous les publics, selon un décret paru mercredi au Journal officiel.

Plusieurs de ces documents, notamment des télégrammes diplomatiques et notes confidentielles, figurent dans le rapport Duclert remis le 26 mars à Emmanuel Macron. Cette somme de 1.200 pages souligne notamment la responsabilité de François Mitterrand et de son état-major particulier qui ignoraient régulièrement les diverses mises en garde sur les risques de génocide.

Au total, ce sont des milliers de documents qui vont ainsi être ouverts au public et en particulier le fonds Mitterrand, resté verrouillé pendant des décennies.

La commission avait toutefois regretté de s'être heurtée lors de son travail de plus de deux ans à des "refus de communication ou de consultations, certes rares mais notables".

D'autres ouvertures d'archives pourraient suivre à l'été, notamment des documents de l'armée qui ont été déclassifiés mais pas exploités, selon une source proche du dossier.

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