Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

L'ex-rebelle Ntaganda assure être un "révolutionnaire", pas un criminel, à la CPI

Bosco Ntaganda, à droite, chef de milice congolais connu sous le nom de Terminator, entre dans la salle d'audience pour le procès de la Cour pénale internationale, à La Haye, Pays-Bas, le 2 septembre 2015.

L'ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda s'est défini comme un "révolutionnaire" et non un criminel jeudi, lors de la dernière phase de son procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI).

Bosco Ntaganda est accusé d'avoir recruté des enfants soldats et d'avoir commandité des meurtres, pillages et viols commis par ses troupes en 2002-2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Plus de 60.000 personnes ont perdu la vie depuis 1999 et l'éclatement de violences sanglantes dans la région instable et riche en minéraux, selon des ONG.

"Je suis un révolutionnaire, mais je ne suis pas un criminel", a déclaré Ntaganda lors des plaidoiries finales après plus de trois ans de procès.

L'ancien général redouté de l'armée congolaise doit répondre de 13 crimes de guerre et de cinq crimes contre l'humanité, pour lesquels il a plaidé non coupable en 2015.

S'exprimant en kinyarwanda, sa langue natale, il a confié aux juges que témoigner lors de son propre procès était "une expérience enrichissante" qu'il n'oublierait "jamais".

- Massacres de civils -

"Je suis en paix avec moi-même. Ces allégations ne sont rien de plus que des mensonges", a déclaré le Congolais, vêtu d'un costume bleu foncé et d'une cravate à motif de diamant.

Durant la dernière phase du procès devant la CPI, qui siège à La Haye, où l'ex-chef de guerre est détenu depuis 2013, l'accusation a dressé un tableau épouvantable des exactions présumées commises sous ses ordres, comme des exécutions à coups de machette.

Des femmes enceintes ont également été éventrées, a lâché l'accusation, citant un témoignage.

L'ex-rebelle a joué un rôle central dans la planification des opérations de l'Union des patriotes congolais et de son bras armé, les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), selon l'accusation.

Né en 1973 au Rwanda, issu d'une famille tutsie, Ntaganda a fait ses premières armes avec le Front patriotique rwandais (FPR): il participe au Rwanda aux combats qui mettront fin au génocide des Tutsis par les Hutus en 1994. Deux ans plus tard, en RDC, il rejoint la rébellion de Laurent-Désiré Kabila qui mettra fin en 1997 à la longue dictature de Mobutu Sese Seko.

Il a été général de l'armée congolaise de 2007 à 2012. Il avait la réputation d'être un leader charismatique avec un penchant pour les chapeaux de cow-boy et la gastronomie.

- Reddition volontaire -

Il a ensuite été le fugitif le plus recherché dans la région des Grands Lacs jusqu'à ce qu'il se rende de manière inopinée à Kigali en 2013 pour demander son transfert à la CPI, chose inédite dans l'histoire de la juridiction.

Jeudi, pour la première fois, Ntaganda a donné les raisons de cette décision, qui a "profondément changé" sa vie.

"J'ai vraiment ressenti le besoin de me rendre volontairement et de faire face aux accusations portées contre moi", a-t-il expliqué, ajoutant qu'il souhaitait "rétablir publiquement les faits".

Aux yeux des observateurs, il est plus probable qu'il se soit rendu pour sauver sa peau sous la menace d'une faction rivale.

Les juges de la CPI pourraient ne pas rendre leur verdict avant des mois. Leur décision sera suivie avec une attention soutenue après l'acquittement surprise par la chambre d'appel de la CPI, en juin, du Congolais Jean-Pierre Bemba, condamné en première instance à 18 ans de prison pour des crimes commis par ses troupes en Centrafrique.

Thomas Lubanga, ex-chef congolais des FPLC, a été condamné à 14 ans de prison par la CPI en 2012 pour l'enrôlement d'enfants soldats durant la guerre civile en Ituri. Cette fois-ci, la peine a été confirmée en appel.

Avec AFP

Toutes les actualités

Finale de la CAN 2019

Finale de la CAN 2019
Attendez s'il vous plaît
Embed

No media source currently available

0:00 0:12:16 0:00

Le HCR préocupé par l'urgence de la situation

Le HCR préocupé par l'urgence de la situation
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:56 0:00

"Eau de naissance" une ode au courage des réfugiés soudanais

"Eau de naissance" une ode au courage des réfugiés soudanais
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:33 0:00

Les arbres Gao à la ressources des forêts

Les arbres Gao à la ressources des forêts
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:26 0:00

Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Voir plus

XS
SM
MD
LG