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La Birmanie rejette le rapport de l'ONU sur les "crimes" de son armée contre les Rohingyas

Aung San Suu Kyi , Naypyidaw, Birmanie, le 22 mai 2018.

La Birmanie a rejeté mercredi le rapport des enquêteurs de l'ONU accusant son armée de "génocide" à l'encontre des musulmans rohingyas, défiant la communauté internationale au lendemain d'une réunion du Conseil de sécurité.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, y ont soutenu l'idée de poursuites judiciaires internationales contre les responsables militaires birmans, après la publication lundi d'un rapport du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

"Nous n'avons pas autorisé la MEF (Mission d'établissement des faits de l'ONU) à entrer en Birmanie, c'est pourquoi nous n'acceptons aucune résolution du Conseil des droits de l'Homme", a déclaré Zaw Htay, porte-parole du gouvernement birman, dans des propos publiés mercredi par le journal officiel Global New Light of Myanmar.

Il met en avant la création d'une "Commission d'enquête indépendante" par la Birmanie pour répondre aux "fausses allégations des agences de l'ONU".

Selon les enquêteurs de l'ONU, les principaux généraux de Birmanie, y compris le chef de l'armée, Min Aung Hlaing, devraient faire l'objet de poursuites internationales pour "génocide" contre les Rohingyas, dont plus de 700.000 ont fui au Bangladesh après une offensive de l'armée birmane en août 2017 lancée en représailles d'attaques de rebelles rohingyas.

Le gouvernement civil de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi s'accroche donc à la ligne qui a été la sienne depuis août 2017: défendre les militaires, force politique puissante avec laquelle l'ancienne dissidente tente de composer depuis son arrivée au pouvoir début 2016.

Aung San Suu Kyi elle-même s'est abstenue jusqu'ici de tout commentaire sur le rapport des experts de l'ONU publié lundi, qui déplore qu'elle n'ait pas utilisé son "autorité morale" dans la crise et que son gouvernement ait nié tout problème et empêché l'enquête de l'ONU.

-Tour de vis par Facebook-

Le porte-parole du gouvernement birman, Zaw Htay, s'est également insurgé contre la décision de Facebook -qui avait été critiqué par les enquêteurs de l'ONU pour avoir permis que des discours haineux se propagent- de fermer la page du général Min Aung Hlaing, pour "violations des droits de l'homme". Zaw Htay a estimé que cette décision du géant américain nuisait aux efforts du gouvernement birman pour promouvoir la "réconciliation nationale".

A New York, l'ambassadeur birman auprès de l'ONU, Hau Do Suan, a lui aussi rejeté les conclusions du rapport onusien et mis en cause l'impartialité des enquêteurs. "Le moment choisi pour rendre public de manière hâtive ce rapport à la veille de la réunion du Conseil de sécurité soulève de sérieuses questions", alors que le document était attendu le 18 septembre, a-t-il relevé.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont réclamé mardi à l'ONU une justice internationale pour les responsables militaires birmans de la répression contre les Rohingyas, restant toutefois vagues sur la suite à donner aux accusations de "génocide" de ce rapport onusien.

"Les faits de nettoyage ethnique contre les Rohingyas doivent être décrits et entendus", a réclamé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, lors de cette réunion du Conseil de sécurité.

Dans leur rapport, les experts de l'ONU ont appelé le Conseil de sécurité à saisir la Cour pénale internationale par le biais d'une résolution ou à créer un tribunal international ad hoc, comme pour le Rwanda ou l'ex-Yougoslavie.

Mais la probabilité d'une résolution sur le "génocide" rohingya est faible, la Chine et la Russie risquant d'y mettre un veto.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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