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Sénégal

Verdict le 6 mai dans le procès du chef religieux Cheikh Bethio Thioune

Les disciples de Cheikh Béthio Thioune chantent et portent les clubs sur un marchon le 17 mars 2012 à Dakar en soutien au président Abdoulaye Wade.

Le verdict du procès du chef religieux musulman Cheikh Bethio Thioune et d'une vingtaine de ses disciples, poursuivis pour le meurtre de deux d'entre eux en 2012, sera rendu le 6 mai, a annoncé jeudi un tribunal sénégalais.

"Nous allons mettre en délibéré jusqu'au lundi (06 mai) à 09H00" (GMT et locales), a déclaré Thierno Niang, président de la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Mbour, à 80 km au sud-est de Dakar.

Débuté le 23 avril, ce procès très médiatisé au Sénégal s'est déroulé en l'absence de Cheikh Bethio Thioune, jugé par contumace. Le guide religieux, âgé de près de 80 ans, est "en soins intensifs" à Bordeaux (France), selon sa défense.

Ce responsable mouride, une des plus influentes confréries de l'islam au Sénégal - pays à plus de 90% musulman -, compte de nombreux disciples, y compris à l'étranger.

Le procureur Youssou Diallo avait requis lundi une peine de travaux forcés à perpétuité contre lui et 16 des prévenus, poursuivis pour meurtre avec actes de barbarie, association de malfaiteurs, recel de cadavres, inhumation sans autorisation administrative, détention d'armes sans autorisation et non-dénonciation de crime. Il avait également demandé un mandat d'arrêt international contre le guide religieux.

Le parquet avait en outre demandé 10 ans de travaux forcés à l'encontre des trois prévenus en liberté provisoire.

Les avocats des parties civiles ont réclamé trois milliards de francs CFA (4,5 millions d'euros) en dommages et intérêts.

Les avocats des prévenus ont de leur côté réclamé la relaxe de leurs clients dans un dossier où, selon l'un deux, Me Ibrahima Mbengue, il n'y a "nulle preuve".

Les avocats de Cheikh Bethio Thioune n'ont pas été autorisés à plaider durant le procès, en raison de son absence.

En liberté provisoire depuis février 2013, Cheikh Bethio Thioune avait été arrêté le 23 avril 2012, à la suite de la mort de deux de ses disciples lors d'une rixe dans le village de Keur Samba Laobé (ouest), où il possède une résidence.

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Victimes d'actes de violence, les médias sénégalais demandent plus de sécurité

Les organisations de presse se sont mobilisées suite à ces violences contre les acteurs des médias, à Dakar, le 5 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

En 2019, des journalistes avait subi une attaque à Tambacounda à la suite de violences meurtrières impliquant des membres du PUR. Ces derniers ont été condamnés à des peines allant de 3 mois à 15 ans de réclusion criminelle.

Une attaque contre les locaux du quotidien "Les Échos" à Dakar a remis au goût du jour les violences contre les médias et incité les associations de la presse à la mobilisation. Souvent victimes de menaces et quelques fois d'attaques verbales ou physiques, les journalistes comptent mettre fin à ces persécutions provenant des milieux politiques, religieux et coutumiers.

Lundi 3 août 2020, le quotidien "Les échos" avait mis à sa Une la contamination au Covid-19 et l'hospitalisation de Serigne Moustapha Sy, guide moral de la puissante association religieuse des moustarchidines et président du Parti de l'unité et du Rassemblement (PUR). Une information qui a déchaîné ses disciples qui sortent un communiqué menaçant le journal.

Une attaque contre les locaux du quotidien sénégalais "Les Échos"
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Le quotidien "Les Échos" est par la suite victime d'une violente attaque comme le relate le rédacteur en chef Mbaye Thiandoum. "Des gens ont débarqué au niveau du journal et ils se sont mis à attaquer notre matériel qu’ils ont complètement bousillé. Ils ont cassé pas moins de 8 ordinateurs et la télévision", ce dernier ajoute que les auteurs de l'attaque "se sont réclamés à leur arrivée comme des disciples de Serigne Moustapha Sy" avant de commettre le forfait.

Au lendemain de cette énième attaque contre les médias, la Coordination des associations de presse (CAP) s'est mobilisée pour mettre les autorités face à leurs responsabilités et réclamer plus de sécurité face à ces actes qui secouent l'un des piliers de la démocratie sénégalaise.


Pour les acteurs des médias, cet "acte de terreur lâche visiblement planifié et coordonné" appelle une condamnation de tout patriote soucieux du devenir démocratique du pays. La CAP en appelle à la responsabilité du gouvernement de la République du Sénégal afin que la "sécurité des journalistes" soit une "réalité institutionnelle" d’abord avec le "parachèvement des textes réglementaires qui sont toujours en souffrance dans les arcanes du pouvoir".

Au-delà de la saisine des autorités, le Syndicat des Professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics) estime que c'est un combat que la presse doit mener avec fermeté sur tous les fronts possibles. Le Secrétaire Général du Synpics, Bamba Kassé, se dit surpris et déçu mais déterminé à mener ce combat.

"Nous pensions que le Sénégal avait dépassé ces périodes noires où on pointait du doigt la presse et où on essayait de la faire taire. Malheureusement cet acte nous renseigne que ce n’est pas encore le cas", s'insurge-t-il.

Pour lui, le rôle du syndicat est de "marquer sa solidarité mais aussi d’accompagner le média en question" dans toutes les actions judiciaires qu'il va entamer.

Le quotidien "Les Échos" a déposé une plainte et la section de recherches de la gendarmerie a d'ores et déjà procédé à l'arrestation de 6 personnes soupçonnées d'être impliquées dans l'attaque.

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