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Une quinzaine d'arrestations, dont un ancien porte-parole de l'armée au Sénégal


Des policiers sénégalais lors des manifestations à Dakar, le 19 avril 2018

Une quinzaine de personnes, dont un ancien porte-parole de l'armée, ont été arrêtés au Sénégal pour notamment "troubles à l'ordre public, incitation à la révolte" à la suite de l'élection présidentielle, a-t-on appris lundi auprès de l'opposition et de défenseurs des droits humains.

La Commission nationale de recensement des votes (CNRV) a proclamé le 28 février la réélection du président Macky Sall au premier tour avec 58,27% des voix. Ses quatre adversaires, qui ont rejeté ces résultats, avaient 72 heures pour les contester devant le Conseil constitutionnel mais ont annoncé qu'ils renonçaient à le faire.

Jointe lundi par l'AFP, la police a confirmé des arrestations à la suite du scrutin qui s'est tenu le 24 février.

"Ce sont au moins 16 personnes arrêtées, toutes membres de la coalition" ayant soutenu la candidature de l'ex-Premier ministre Idrissa Seck, arrivé en deuxième position avec 20,5% des voix, a dit à l'AFP Déthié Fall, un responsable de cette coalition. Ces personnes ont été arrêtées à Dakar et en province "avant et après la proclamation des résultats" et sont détenues dans la capitale.

Parmi elles, un colonel de l'armée à la retraite, Abdourahim Kébé, ancien chef de la direction des relations publiques des armées (Dirpa), arrêté pendant le week-end à la suite d'un "post sur sa page Facebook", selon la même source.

Le rappeur Abdou Karim Guèye, un sympathisant du candidat Ousmane Sonko arrêté le 25 février, fait également partie des personnes détenues, selon quatre organisations des droits humains dont la section sénégalaise d'Amnesty Sénégal et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), qui avaient fait état de 11 arrestations dans un communiqué vendredi.

Poursuivi pour "incitation à la révolte et injures publiques" contre le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, responsable de l'équipe de campagne du président Sall, il devait être jugé lundi, selon la presse locale.

"Toutes ces personnes ont été arrêtées alors qu'elles exerçaient leur droit à la liberté d'expression et à la manifestation", ont indiqué ces organisations.

Le Sénégal, qui a connu deux alternances, en 2000 et en 2012, et aucun coup d'Etat, fait figure de modèle démocratique en Afrique, mais les campagnes électorales y sont souvent émaillées d'accusations de corruption, de désinformation et de violences.

Des affrontements ont fait deux morts le 11 février à Tambacounda, à 420 km à l'est de Dakar, entre partisans de Macky Sall et du président d'université privée Issa Sall, candidat proche d'un mouvement religieux issu de la confrérie tidiane.

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