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Venezuela : l'ambassade américaine à Caracas sous étroite surveillance

Un membre de l'opposition bloque la route à Caracas, Vénézuela, le 30 juillet 2017.

L'ambassade des Etats-Unis à Caracas se trouvait vendredi entourée d'un imposant dispositif policier, au lendemain de l'annonce du président Nicolas Maduro de "renforcer la surveillance" de ce bâtiment diplomatique, pourtant vide depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Des dizaines de policiers empêchaient les journalistes de s'approcher du vaste complexe rouge ocre, perché sur les hauteurs de Caracas.

Une équipe de l'AFP n'a pas pu s'arrêter, filmer ou photographier le bâtiment, même à bonne distance, et a été contrainte de repartir à la demande des forces de l'ordre.

"J'ai demandé que l'on renforce la surveillance et la protection policière autour de l'édifice qui a hébergé l'ambassade des Etats-Unis, laquelle appartient au gouvernement américain", a déclaré Nicolas Maduro lors d'une allocution télévisée.

"Nous allons la protéger d'avantage encore, car le Venezuela respecte (...) le droit international", a ajouté le chef de l'Etat socialiste, qui a aussi fustigé l'expulsion par la police des militants pro-Maduro qui occupaient les locaux de l'ambassade vénézuélienne à Washington.

"Ils ont donné l'assaut à l'ambassade avec des commandos de manière brutale, il s’agit d'une action brutale qui va à l'encontre du droit international", a conclu Nicolas Maduro, dénonçant l'arrestation de quatre Américains.

L'objectif de ces personnes était d'empêcher l'entrée des représentants de l'opposant Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale et reconnu chef de l'Etat du Venezuela par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis. Les diplomates du gouvernement de M. Maduro avaient quitté l'ambassade le 24 avril, pour les derniers d'entre eux.

Washington et Caracas ont rompu leurs relations diplomatiques à la suite de l'autroproclamation de M. Guaido comme président par intérim du Venezuela en janvier.

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Justin Trudeau reste au pouvoir mais sans majorité au Canada

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Canada: Justin Trudeau obtient un deuxième mandat mais sans majorité

Le chef de file des libéraux et premier ministre canadien Justin Trudeau, lors de la campagne électorale, à Vaughan, Ontario, Canada, le 18 octobre 2019. REUTERS / Stephane Mahe

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a obtenu un deuxième mandat lundi mais son parti libéral s'est contenté d'une majorité relative au Parlement, qui l'obligera à compter sur l'appui d'un petit parti pour survivre.

Selon les projections des télévisions quelques heures après la clôture des derniers bureaux de vote lors des législatives, les libéraux devraient obtenir près de 160 des 338 sièges en lice à la Chambre des communes. Dans l'assemblée sortante, ils disposaient d'une confortable majorité absolue de 177 sièges.

Alors qu'ils étaient donnés au coude-à-coude avec les libéraux par tous les sondages, les conservateurs du jeune dirigeant Andrew Scheer étaient en tête dans un peu plus de 120 circonscriptions, suivi des indépendantistes du Bloc québécois (32) et du Nouveau Parti Démocratique (NPD, gauche) avec 25 sièges.

M. Trudeau remporte donc son pari d'un deuxième mandat, malgré les nombreux scandales qui ont marqué ses quatre années au pouvoir et les attaques souvent virulentes de l'opposition sur son bilan. Mais il ressort affaibli de ce scrutin et devra obtenir le soutien d'un petit parti, vraisemblablement le NPD de Jagmeet Singh, pour se maintenir au pouvoir.

Sans attendre les résultats définitifs, le président américain Donald Trump a salué dans un tweet la victoire de M. Trudeau, "magnifique et remportée de haute lutte". Il s'est dit heureux de poursuivre sa collaboration avec M. Trudeau, avec lequel il a eu des relations parfois compliquées depuis le G7 de 2018 au Canada.

Dès mardi, le dirigeant libéral pourrait donc entamer des discussions avec ces plus petits partis en vue d'accords ponctuels. Le premier test du futur gouvernement sera le discours du Trône, au cours duquel le gouvernement soumet au vote du Parlement son programme législatif.

- Atouts de la jeunesse -

"Il y aura sans doute un rapprochement plus facile entre les libéraux et le NPD qu'avec le Bloc", estime Hugo Cyr, politique à l'université du Québec à Montréal.

"Si le parti libéral fait les concessions attendues par le NPD, ça peut être assez solide, on peut s'imaginer que ça durera au moins 18 à 24 mois", estime-t-il. "Mais c'est certain que le parti libéral devra mettre un peu d'eau dans son vin".

De son côté, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet s'est félicité de son bon score au Québec, seule province où il présentait des candidats: il devrait quasiment y tripler son score de 2015 et faire jeu égal avec les libéraux.

M. Blanchet s'est dit ouvert à une collaboration ponctuelle avec le nouveau gouvernement Trudeau, à condition que les intérêts du Québec soient préservés.

"Le Bloc peut collaborer, au mérite, avec n'importe quel gouvernement. Si ce qui est proposé est bon pour le Québec, vous pourrez compter sur nous", a-t-il lancé à ses militants.

A 47 ans, Justin Trudeau n'a plus les atouts de la jeunesse -MM. Scheer et Singh ont 40 ans- et de la nouveauté qui avaient contribué à le porter au pouvoir, à la surprise générale, en 2015 face au conservateur Stephen Harper.

- Image brouillée -

Et le dirigeant libéral termine son mandat affaibli par plusieurs scandales. Sa popularité a chuté après une affaire d'ingérence politique dans une procédure judiciaire, et la publication en pleine campagne de photos de lui grimé en Noir ("blackface") a brouillé son image.

Tout au long de la campagne, il a défendu son bilan: économie solide, cannabis légalisé, taxe carbone, accueil de dizaines de milliers de réfugiés syriens, accords de libre-échange signés avec l'Europe ou les Etats-Unis et le Mexique...

En face, M. Scheer promettait un retour à l'équilibre budgétaire, des baisses d'impôts, avec un objectif simple: "Remettre de l'argent dans la poche des Canadiens".

Le conservateur aux valeurs catholiques assumées a tenté de compenser une image un peu terne par des attaques en règle contre M. Trudeau.

Mais il n'a pas échappé à son lot de polémiques: hostilité personnelle à l'avortement et soupçons d'avoir commandité une campagne de dénigrement de son rival de la droite conservatrice Maxime Bernier notamment.

Avec AFP

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