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Trump visite un centre de commandement militaire chargé de lutter contre le groupe Etat islamique


Le président Donald Trump arrive à la base aérienne de MacDill à Tampa, en Floride, le 6 février 2017.

Trente jours : c'est le délai imparti par Donald Trump à ses responsables militaires fin janvier pour lui présenter un plan "pour vaincre" le groupe EI.

C'est avec ce compte à rebours en arrière-plan et sa promesse d'accélérer la campagne contre les jihadistes que Donald Trump s'est rendu à la base de MacDill, à Tampa en Floride, siège du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) et quartier général des forces spéciales américaines.

Le Centcom a mené 17.861 bombardements en Syrie et en Irak depuis le début en août 2016 de l'opération "Inherent Resolve" dirigée par les Américains contre le groupe Etat islamique.

Promesse centrale de sa campagne électorale, le républicain a placé la lutte contre "le terrorisme islamiste radical" au centre de ses premières décisions à la Maison Blanche.

Contrôlant des pans de territoires en Syrie et en Irak, le groupe Etat islamique est également derrière de nombreux attentats qui ont ensanglanté l'Afrique, l'Europe, l'Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient.

Aux Etats-Unis, l'organisation jihadiste a revendiqué le pire attentat commis sur le sol américain depuis le 11-Septembre, avec 49 personnes tuées dans un club gay d'Orlando en Floride, en juin 2016. Et l'EI avait salué l'attaque à San Bernardino en décembre 2015 qui a fait 14 morts.

En campagne, Donald Trump avait mis ces attentats sur le compte de l'ouverture des frontières, promettant même, après les attentats de Paris, d'interdire aux musulamans d'entrer aux Etats-Unis.

- Croisée des chemins -

A peine arrivé au pouvoir, il a finalement signé le 27 janvier un décret interdisant temporairement l'entrée aux Etats-Unis des réfugiés et des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen).

Une décision hautement emblématique, et polémique, qui a provoqué un tollé mondial et était bloquée lundi par la justice américaine.

Furieux, le président américain a fait retomber la responsabilité d'un possible attentat sur le juge fédéral auteur de cette décision.

"N'arrive pas à croire qu'un juge mette notre pays en pareil péril. Si quelque chose arrive, tenez-le pour responsable ainsi que le système judiciaire. Les gens affluent. Mauvais!", a-t-il écrit dimanche sur Twitter.

En campagne, Donald Trump avait également promis de bombarder les installations pétrolières en Irak et Syrie afin de priver le groupe jihadiste d'une juteuse source de revenus.

"Il ne resterait plus rien" puis les compagnies pétrolières, comme ExxonMobil, viendraient tout reconstruire. "Ca sera très beau", avait-il assuré.

Si les lignes précises de la stratégie de Donald Trump pour défaire l'EI restent encore à définir, il a déjà ordonné à son ministre de la Défense, James Mattis, "d'identifier de nouveaux partenaires pour la coalition". Une consigne perçue comme un signe en direction de la Russie.

Moscou a d'ailleurs indiqué que Donald Trump et Vladimir Poutine voulaient "une réelle coordination contre l'EI en Syrie", après un appel téléphonique entre les deux présidents.

Les Américains ont pour l'instant déployé un peu plus de 5.000 militaires en Irak aux côtés des troupes irakiennes, et près de 500 soldats des forces spéciales en Syrie, aux côtés essentiellement des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde.

Les soldats américains sont censés jouer un rôle de conseil, mais des démineurs, des formateurs et des forces spéciales épaulent aussi la campagne des FDS pour reprendre Raqa.

La stratégie américaine se trouve désormais à la croisée des chemins. Donald Trump aurait en effet décidé d'abandonner l'objectif, fixé par son prédécesseur Barack Obama, d'une reprise de Raqa, selon des médias américains. Il devra alors rapidement choisir une stratégie alternative.

Avec AFP

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