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USA : l'auteur de la tuerie dans un centre de planning familial présenté à un juge

Robert Lewis Dear

L'auteur présumé d'une tuerie vendredi dans un centre de planning familial du Colorado, dans l'ouest des Etats-Unis, a été accusé de meurtre lors de sa première comparution au tribunal et risque la peine de mort.

"Le chef d'inculpation initial est celui d'assassinat", a déclaré le juge Gilbert Martinez à l'accusé, qui comparaissait par visioconférence depuis un centre de détention du comté d'El Paso.

Robert Lewis Dear, 57 ans, risque "au minimum la prison à vie, au maximum la peine de mort" pour avoir tué trois personnes vendredi, dont un policier, et en avoir blessé neuf autres, a ajouté le juge.

L'accusé a écouté, impassible, avec à son côté son avocat Daniel King, qui avait mené la défense de James Holmes, le tueur du cinéma d'Aurora situé à une heure environ de Colorado Springs.

Ce dernier a échappé à la peine de mort et purge une peine de prison à perpétuité pour avoir abattu 12 personnes et en avoir blessé 70.

Robert Dear, grisonnant, corpulent et barbu, vêtu lundi d'une veste blanche à lanières noires ressemblant à un gilet pare-balles, devra attendre une audience ultérieure avant qu'une éventuelle libération sous caution puisse être envisagée.

La prochaine audience aura lieu le 9 décembre pour la lecture formelle des charges qui pèsent contre lui. Les procureurs de l'Etat du Colorado auront alors 63 jours pour demander ou non la peine de mort.

M. Dear n'a fait aucun commentaire pendant l'audience, à laquelle assistaient des proches des victimes de la tuerie de vendredi ainsi qu'une trentaine de journalistes.

L'accusé s'était introduit vendredi dans un centre de la grande organisation américaine de planning familial Planned Parenthood, à Colorado Springs, avant d'ouvrir le feu durant cinq heures.

La fusillade a provoqué la colère du président Barack Obama, qui a une nouvelle fois dénoncé l'accès trop facile aux "armes de guerre" dans le pays. Le vice-président Joe Biden a appelé les élus à répondre à "la majorité des Américains qui demandent des contrôles d'antécédents (pour l'achat d'armes) et veulent bannir les armes de guerre de nos rues".

Robert Lewis Dear a été décrit dans les médias américains comme un désaxé vivant seul et agissant de façon "bizarre".

Les premières indications laissent entendre qu'il a sciemment visé le planning familial, une organisation contestée par le mouvement anti-avortement et récemment au coeur d'une polémique en raison de vidéos qui laissaient entendre qu'elle vendait ces cellules foetales.

Planned Parenthood a affirmé que ces vidéos étaient truquées et qu'elles encourageaient des actes de violence.

Selon la chaîne NBC News, citant des responsables de la sécurité, Dear aurait dit au cours d'un premier interrogatoire qu'il ne voulait "plus de bébés en petits morceaux".

La présidente de Planned Parenthood responsable du secteur où le centre a été attaqué, Vicki Cowart, a déclaré que "des témoins ont confirmé" que le tireur "était mû par son opposition à l'avortement légal".

Le gouverneur du Colorado, John Hickenlooper, a pour sa part qualifié la tuerie de Colorado Springs de "terrorisme", ajoutant que le débat autour de sujets sensibles comme l'avortement risquait de faire perdre la tête à certains et devait « se désenflammer ».

Avec AFP

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Les États-Unis bientôt de retour dans l'Accord de Paris

Une raffinerie à Port Arthur, Texas, le 2 décembre 2009.

Dès le premier jour de son mandat, Joe Biden veut faire revenir les Etats-Unis au sein de l'Accord de Paris sur le climat. Le président sortant, Donald Trump, était sorti de l'accord en 2019.

Joe Biden avait déjà annoncé qu'il introduirait auprès des Nations Unies la demande du retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris dès le début de son mandat, soit le 20 janvier 2021. Toutefois, conformément au processus, le pays devrait attendre 30 jours avant sa réintégration officielle dans l'accord.

L’accord vise à limiter sous les 2°C l'augmentation de la température moyenne sur Terre, provoquée par l'activité humaine selon le consensus scientifique. Il s’appuie sur des engagements volontaires des Etats de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Toutefois, c’est le premier accord universel et juridiquement contraignant sur le changement climatique. Le texte a été soumis lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) en décembre 2015. Il a été signé par 197 pays et ratifié par 188 d’entre eux.

Les Etats-Unis, deuxième émetteur mondial, sont le seul pays à être sorti de l’accord.

Pour l'administration Trump, la limite sur le taux d'émissions de carbone imposé par l'accord risquait d'entraver la croissance économique des États-Unis. Washington voyait aussi d'un mauvais oeil les dérogations accordées à certains pays en voie de développement, notamment l'Inde et la Chine.

Le retour des États-Unis dans l'accord fait partie de la première vague d'actions envisagées par Biden dans le but d'annuler les décisions de son prédécesseur jugées extrêmes. D'autres décrets attendus concernent l'immigration, la vaccination anti-coronavirus et la politique étrangère.

Selon le quotidien Politico, un mémo sur les priorités publié samedi par le chef de cabinet de Biden, Ron Klain, ne mentionne pas le retour des États-Unis comme pays membre de l'Organisation mondiale de la santé. L'année dernière, l'administration Trump avait retiré les États-Unis de l'OMS et gelé des millions dollars destinés à cette agence onusienne.

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Attentat de Lockerbie: l'appel de la famille du seul condamné libyen rejeté

Le Libyen Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi (décédé en 2012), l'unique condamné dans l'attentat de Lockerbie, à Tripoli, Libye, le 9 septembre 2009.

Plus de 32 ans après l'attentat de Lockerbie, la justice écossaise a rejeté vendredi l'appel formé par la famille de l'unique condamné, le Libyen Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, décédé en 2012, qui veut poursuivre son combat pour le réhabiliter.

"Effondrée" mais "déterminée à se battre pour obtenir justice", la famille souhaite saisir la Cour suprême britannique, a indiqué son avocat, Aamer Anwar, après la décision des cinq juges de la Haute Cour de justice d'Edimbourg. Invoquant la Convention européenne des droits de l'Homme, "nous soutiendrons que M. Megrahi n'a pas eu un procès équitable", a-t-il précisé.

Agent des services de renseignement libyens, M. Megrahi avait toujours clamé son innocence. Il avait été condamné en 2001 à la prison à vie, avec un minimum de 27 ans, par une cour spéciale écossaise établie en terrain neutre aux Pays-Bas, pour l'attentat à la bombe contre un Boeing 747 de la Pan Am.

L'appareil, qui reliait Londres à New York (Etats-Unis), avait explosé le 21 décembre 1988 au-dessus du village écossais de Lockerbie, tuant les 259 passagers et membres d'équipage et 11 personnes au sol.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier jamais commis sur le territoire du Royaume-Uni, mais aussi du deuxième plus meurtrier contre des Américains (190 morts) après les attentats du 11 septembre 2001.

Le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi avait reconnu officiellement sa responsabilité dans l'attentat de Lockerbie en 2003 et payé 2,7 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) de dédommagement aux familles des victimes.

- "Pas d'erreur judiciaire" -

M. Megrahi avait été libéré en 2009 pour raisons médicales et est mort d'un cancer en 2012 à l'âge de 60 ans dans son pays, où il avait été accueilli en héros.

La Cour a "déterminé qu'il n'y avait pas d'erreur judiciaire", a souligné le ministre écossais de la Justice, Humza Yousaf.

En mars dernier, la Commission écossaise de révision des condamnations pénales (SCCRC) n'avait pas exclu cette possibilité, soulignant la faiblesse des preuves produites contre M. Megrahi. Elle avait décidé de saisir la Haute Cour de justice, qui avait tenu trois jours d'audience en novembre.

Un commerçant de Malte, Tony Gauci, avait notamment identifié l'agent libyen comme l'acheteur de vêtements retrouvés dans la valise contenant la bombe sur la base d'une photographie.

La Haute Cour a balayé vendredi les doutes émis par la défense de la famille sur la crédibilité de ce témoignage. Sur la base des preuves présentées, "un jury raisonnable (...) aurait été en droit de rendre un verdict de culpabilité", ont estimé les juges.

- "Sécurité nationale" -

La Haute Cour n'a pas non plus retenu l'argument de la famille, selon lequel des documents liés à l'affaire, que les autorités britanniques refusent de déclassifier, auraient permis d'aboutir à un verdict différent.

Ces documents évoqueraient l'implication, dans la fabrication de la bombe, d'un agent de renseignement jordanien au sein du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG).

"Cela n'a pas de sens, pourquoi le gouvernement britannique veut retenir ces informations au nom de la sécurité nationale, 32 ans après les faits?" s'est interrogé l'avocat Aamer Anwar.

Lors du procès en 2001, les juges avaient rejeté une théorie mettant en cause l'Iran, la Syrie et ce groupe palestinien pro-syrien, qui auraient agi en représailles à la destruction accidentelle d'un avion iranien par un missile américain en juillet 1988 (290 morts).

Du côté des Etats-Unis, l'enquête s'est poursuivie et en décembre, le jour du 32e anniversaire de l'attentat, la justice américaine a annoncé une nouvelle inculpation. Ancien membre des services de renseignement de Mouammar Kadhafi, actuellement détenu en Libye, Abou Agila Mohammad Massoud est soupçonné d'avoir assemblé et programmé la bombe.

L'enquête avait été relancée en 2016, quand la justice américaine avait appris que M. Massoud avait été arrêté après la chute du dictateur et aurait fait une confession aux services de renseignement du nouveau régime libyen en 2012.

Le chef de la police écossaise Iain Livingstone a indiqué que celle-ci continuerait de "travailler étroitement" avec les autorités américaines dans le cadre de l'enquête.

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