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En Virginie, les antiracistes ont éclipsé le Ku Klux Klan

Members of the Ku Klux Klan face counter-protesters as they rally in support of Confederate monuments in Charlottesville, Virginia, July 8, 2017.

Des centaines de militants antiracistes américains ont réussi samedi, dans une ambiance à la fois tendue et festive, à éclipser un rassemblement du Ku Klux Klan dans l'Etat de Virginie.

Les membres du "Klan" comptaient manifester contre le projet de retirer d'un jardin public de Charlottesville une statue équestre du général sudiste Robert Lee (1807-1870), qui a commandé les troupes confédérées durant la Guerre de Sécession.

Mais leur démonstration de force --ils avaient prévenu qu'ils viendraient armés-- a tourné court dans cette ville universitaire très majoritairement démocrate.

Accueillis par des cris hostiles "Pas de KKK, pas d'Amérique raciste!", les protestataires ont vu leurs prises de parole étouffées, n'étant eux-mêmes que quelques dizaines.

Les nombreux policiers déployés ont dû former des haies de boucliers et isoler derrière des barrières les militants des Loyal White Knights of the Ku Klux Klan ("Les fidèles chevaliers blancs du Ku Klux Klan"), pour éviter des débordements.

Certains membres de ce groupuscule originaire de Caroline du Nord avaient revêtu la robe traditionnelle du Klan, évoquant le temps révolu des lynchages de Noirs et des croix enflammées.

- Chapeaux pointus -

S'étant vu interdire de porter la cagoule complétant la panoplie, ils se sont néanmoins coiffés d'un chapeau pointu et ont brandi des drapeaux confédérés et des pancartes affichant des messages antisémites.

"Voici notre message: arrêtez de maltraiter notre Histoire, sinon vous aurez affaire à nous", a lancé l'une des rares femmes du groupe.

Ils sont repartis en rejoignant leurs pick-ups sous les injures et les huées.

Des centaines d'autres contre-manifestants ont choisi eux de montrer leur condamnation du KKK par des actions pacifiques, allant de prières silencieuses à des farandoles enjouées porteuses de messages de tolérance.

"Nous sommes ici une population très diverse. Ces gens tentent de s'incruster dans notre ville mais ils n'ont rien à y faire", a expliqué Nina Dowell, une animatrice de radio locale.

"Nous ne pouvons accepter une organisation prônant un sectarisme fondé sur la couleur de la peau", a insisté la femme de 37 ans.

Au final, l'événement n'a fait que confirmer le profond déclin du Ku Klux Klan en Amérique, à une époque où les mouvements d'extrême droite les plus radicaux se sentent pourtant pousser des ailes depuis la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump.

- Général esclavagiste -

Qu'ils s'appellent Alt-Right ou White Supremacists, ils ont trouvé un nouveau motif de mobilisation dans la défense du drapeau et des monuments confédérés. Des symboles considérés comme racistes par une bonne partie des Américains, qui multiplient les procédures pour les déboulonner ou les faire disparaître des façades officielles.

Ce débat agite le pays, de la Louisiane aux Carolines, du Maryland à la Géorgie et jusqu'à Washington, dont un vitrail de la cathédrale fait l'objet d'une campagne car il représente des soldats de la Confédération.

A Charlottesville, où ne s'est déroulée aucune grande bataille de la guerre civile (1861-1865), la décision de retirer la statue du général Lee avait été votée en février, au terme d'un débat de plusieurs années qui a laissé des meurtrissures.

La mesure avait depuis été suspendue par un juge pour une durée de six mois, en attendant qu'un tribunal examine le dossier.

"Robert Lee a beaucoup d'admirateurs dans tout le Sud, notamment car on y enseigne qu'il était un homme noble, un gentleman qui a durement oeuvré pour la réconciliation", a expliqué Kristin Szakos, l'élue à l'origine de la proposition du retrait du monument.

Selon elle, "il existe de nombreux autres moyens d'apprendre l'Histoire que des statues géantes dominant nos centres-villes".

Un avis que ne partage pas Mason Pickett, un retraité sexagénaire rencontré au coeur de la ville aux splendides bâtiments de brique rouge: "Les statues représentent l'Histoire sous sa face belle et sa face sombre, on peut le déplorer ou s'en féliciter, mais c'est l'Histoire", disait-il.

Tina Young, une avocate de 49 ans, regrette elle que la Virginie et de nombreux autres Etats sudistes continuent à célébrer comme des héros les responsables confédérés alors que, dans la capitale fédérale Washington, "ils ont érigé une statue de Martin Luther King, ils ont un musée afro-américain, un musée juif, ils ont rééquilibré l'espace public".

Robert Lee, rappelle-t-elle, "représentait l'esclavage": "Il a combattu dans une guerre contre notre gouvernement qui a tué des milliers et des milliers de soldats".

Avec AFP

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Le rapport Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion

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Le président américain se dit "totalement disculpé"

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Rapport Mueller : les médias américains priés de faire leur examen de conscience

Le dôme du Capitole des États-Unis à Washington, le 26 août 2018.

Les grands médias américains, accusés par Donald Trump et ses proches de partialité dans leur couverture de l'enquête russe, étaient appelés à faire leur introspection après la publication d'extraits du rapport Mueller disculpant le président des accusations de collusion avec la Russie en 2016.

Pour certains observateurs, il est temps que les médias "admettent" avoir fait depuis deux ans une couverture inéquitable de l'affaire. Pour d'autres au contraire, les journalistes doivent continuer à creuser car le rapport n'exonère pas complètement M. Trump sur une possible "entrave à la justice".

"Désormais, une grande partie de la population ne croira plus aucune des accusations portées contre M. Trump par la presse", a estimé le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, Matt Taibbi.

Pour Glenn Greenwald, journaliste d'investigation au site d'information The Intercept, ce sont surtout les chaînes d'information câblées qui doivent admettre leurs erreurs de jugement.

"Faites des recherches sur chaque personnalité de MSNBC, chaque +expert+ en droit de CNN, les médias libéraux-centristes (...) et voyez si vous trouvez même un iota d'introspection, d'humilité ou d'admission d'une énorme erreur", a-t-il dit sur Twitter.

"Si les médias ne rendent pas de comptes pour ce qu'ils ont fait, ne vous plaignez plus jamais du fait que les gens les qualifient de +Fake News+" a-t-il ajouté, en utilisant l'insulte préférée du président Trump quand il parle des grands médias.

- "Des excuses" -

Depuis que les premières informations ont circulé samedi sur le contenu du rapport, le camp Trump, qui hurle depuis le début de l'affaire à la "chasse aux sorcières", crie victoire et réclame des excuses.

"Les démocrates et les médias libéraux doivent des excuses au président et au peuple américain", a lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Le fils aîné du président, Donald Jr, avait auparavant dénoncé les "théories du complot (propagées) sans arrêt" par "CNN, MSNBC, BuzzFeed et le reste des médias grand public".

Son frère, Eric, a également invité sur Twitter les grands médias à s'excuser "pour l'enfer que tout le monde a vécu depuis deux ans et plus".

Mais pour certains experts des médias, il est bien trop tôt pour juger le travail du procureur spécial Robert Mueller sur la base des quatre pages de résumé publiées par le ministre de la Justice Bill Barr.

"Je ne pense pas qu'on puisse accuser les médias d'avoir été injustes avec Donald Trump," dit Stephen Ward, ancien directeur du Centre pour l'éthique journalistique à l'Université du Wisconsin.

"Les médias se devaient de couvrir ce président agressif et défiant la Constitution", souligne-t-il, estimant que les journalistes devaient désormais tout faire pour mettre la main sur l'intégralité du rapport Mueller.

"C'est une question d'intérêt public et tous les citoyens devraient le lire", ajoute-t-il.

- "Vendre du temps d'antenne" -

Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université Northeastern, estime qu'il est prématuré pour le président de se dire "exonéré" par "une enquête énorme, qui a entraîné de nombreuses mises en accusation et plaider-coupable".

Il est toutefois légitime, selon lui, qu'on s'interroge sur les nombreuses spéculations véhiculées sur les antennes de CNN ou MSNBC, deux médias régulièrement accusés de partialité par le camp Trump.

Il cite notamment l'abondante couverture d'éventuelles poursuites visant Donald Trump Jr et le gendre du président, Jared Kushner, qui n'ont pas eu lieu.

Le gros problème, selon lui, ce sont "les chaînes d'info qui doivent vendre du temps d'antenne avec des discussions et des spéculations", explique-t-il.

Mais pour Deborah Potter, ancienne journaliste de CBS, les spéculations sont normales "car il n'y a eu aucune fuite" de la part des enquêteurs. Malgré cela, "beaucoup d'organes de presse responsables ont donné la bonne impression (sur les résultats de l'enquête) ces dernières semaines", juge-t-elle.

Plus largement, c'est la confiance dans l'indépendance des médias qui doit être rétablie dans l'opinion américaine, dit Mme Potter.

"On a vu une remontée de la confiance générale dans les médias mais les divisions partisanes n'ont jamais été aussi fortes", explique-t-elle.

Le fait qu'une large majorité des électeurs républicains n'aient pas confiance dans les médias "est un problème pour la démocratie", conclut-elle.

Trump dit n’avoir «aucun problème» avec la publication complète du rapport Mueller

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