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USA : diffusion d’une vidéo d’un policier blanc abattant un adolescent noir

In this Oct. 20, 2014 frame from dash-cam video provided by the Chicago Police Department, Laquan McDonald walks down the street moments before being shot by police officer Jason Van Dyke.

Le chef de la police et le maire de Chicago ont lancé mardi soir un appel solennel au calme, peu avant de rendre publique une vidéo très choquante montrant un policier blanc abattant de 16 balles un adolescent noir.

Cette vidéo risque d'exacerber les tensions raciales dans la troisième ville des Etats-Unis, après des abus policiers similaires qui ont suscité depuis 18 mois des émeutes dans d'autres agglomérations du pays.

Ces images filmées depuis une caméra fixée sur le tableau de bord d'une voiture des forces de l'ordre révèlent dans quelles conditions est mort brutalement l'an dernier, à l'âge de 17 ans, Laquan McDonald.

Marchant au milieu de la chaussée, tenant dans sa main un objet --un couteau selon les autorités-- le garçon semble ne pas obtempérer aux policiers qui veulent le contrôler, tout en ne faisant aucun geste menaçant à leur encontre.

Alors que l'adolescent s'écarte vers le bord de la route, l'agent Jason Van Dyke ouvre le feu, fauchant net Laquan McDonald. Tandis que celui-ci gît au sol, le policier continue de tirer froidement, des petits nuages de poussière trahissant les impacts des balles.

Après la diffusion de cette vidéo très vite devenue virale sur internet, Chicago redoutait mardi soir des débordements.

"Les gens ont le droit d'être en colère, les gens ont le droit de manifester, les gens ont le droit de s'exprimer, mais ils n'ont pas le droit de commettre des infractions", a prévenu Garry McCarthy, le patron des policiers de la troisième ville des Etats-Unis.

"Nous ne sommes pas là pour prédire un cataclysme", a-t-il tenté de tempérer. Mais "nous n'aurons aucune tolérance pour des comportements criminels".

"Ce moment peut être l'occasion de jeter des passerelles pour mieux se comprendre plutôt que de dresser des barrières de malentendus", a de son côté plaidé Rahm Emanuel, le maire de Chicago.

Leur conférence de presse commune, diffusée en direct par les télévisions, s'est déroulée quelques heures après que Jason Van Dyke, 37 ans, a été inculpé de "meurtre avec préméditation".

De telles poursuites visant un policier sont extrêmement rares aux Etats-Unis et en tout cas inédites depuis des décennies à Chicago.

Vidéo qui 'fait froid dans le dos'

Le meurtre de Laquan McDonald remonte à octobre 2014, mais la controverse a pris une grande ampleur ces derniers jours en raison de la mobilisation d'habitants de Chicago qui ont exigé que la vidéo soit dévoilée. Un juge leur a finalement donné raison.

La procureure du comté de Cook, Anita Alvarez, s'est donc subitement retrouvée sous pression pour inculper Van Dyke.

Cette vidéo "est violente, elle fait froid dans le dos", a commenté mardi la procureure.

Les proches de Laquan McDonald et les organisations de défense des droits des Noirs accusent la police d'avoir cherché à étouffer cette affaire et soutiennent que Mme Alvarez n'a inculpé le policier que parce que les images allaient être publiées.

L'analyse de la vidéo montre que 14 à 15 secondes se sont écoulées entre le premier et le dernier des seize tirs de Van Dyke, selon un compte-rendu d'enquête consulté par l'AFP.

Pendant ce laps de temps, "McDonald gît sur le sol durant environ 13 secondes", note le rapport.

L'adolescent était sous l'emprise de psychotropes, assure la police. Van Dyke, désormais placé en détention préventive sans caution, s'est senti menacé, ont affirmé ses avocats.

Selon un compte-rendu d'autopsie, l'adolescent présentait des impacts de balle à la tête, au cou, au thorax, aux bras, à une main, au dos et à une cuisse. Il a été atteint par des tirs de face et de dos.

Le maire Rahm Emanuel avait dès lundi tenu en urgence des réunions avec des représentants de la communauté noire, pour appeler au calme.

Selon le Chicago Tribune, les autorités ont mobilisé la quasi-totalité des policiers disponibles.

Ces 18 derniers mois, des brutalités policières ayant coûté la vie à des Noirs ont déclenché des émeutes, comme à Ferguson (centre) ou à Baltimore (nord-est), et de nombreuses protestations dans tous le pays.

Les tensions sont vives également à Minneapolis (nord), où cinq personnes ont été blessées par balle mardi lors d'une manifestation après la mort d'un Noir abattu par la police.

Selon le mouvement Black Lives Matter, ces tirs émanaient de militants racistes qui prêchent la supériorité des Blancs sur les Noirs.

La police de Minneapolis a annoncé mardi l'arrestation de deux suspects.

(AVEC AFP)

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Le Sénat formellement saisi contre Trump, procès en vue début février

Le président américain Donald Trump brandit une copie de la première page du quotidien USA Today montrant des nouvelles de son acquittement, à Washington, aux États-Unis, le 6 février 2020.

Les sénateurs américains prêtent serment mardi en tant que juges et jurés dans le cadre du second procès de mise en accusation de l'ancien président Donald Trump.

Le procès proprement dit ne commencera pas avant la semaine du 8 février, afin de donner aux législateurs qui feront office de procureurs et à l'équipe de défense de M. Trump le temps de se préparer. Ce délai supplémentaire permettra également au Sénat de confirmer un plus grand nombre de membres du gouvernement du président Joe Biden.

Les élus de la Chambre des représentants, qui font office de procureurs, ont fait leur entrée cérémoniale au Sénat lundi soir pour remettre l’acte de mise en accusation. Un acte qui accuse M. Trump d'incitation à l'insurrection dans le cadre de l'assaut du Capitole par une foule de ses partisans le 6 janvier. Une attaque qui a conduit à la mort de cinq personnes.

Le représentant Jamie Raskin (Maryland), ancien professeur de droit constitutionnel, va diriger l’équipe des démocrates.

De son côté, M. Trump a engagé l'avocat spécialiste de l'éthique et des élections Butch Bowers pour diriger sa défense aux côtés de Deborah Barbier, une ancienne procureure fédérale.

C’est le sénateur du Vermont Patrick Leahy, doyen des démocrates dans la chambre haute, qui présidera le procès de destitution, après le désistement du juge en chef de la Cour suprême, John Roberts.

La Constitution américaine prévoit que le chef de la Cour suprême préside les audiences de destitution d'un président, mais comme M. Trump a quitté le pouvoir le 20 janvier, le juge Roberts n’est pas tenu de présider.

Il faut une majorité de deux tiers pour que l’ancien président soit jugé coupable. Or le Sénat étant divisé entre 50 républicains et 50 démocrates, 17 républicains devraient se retourner contre l’ancien chef de l’exécutif, lui-même républicain, en supposant que tous les démocrates votent en bloc contre l'ancien président. Tâche herculéenne.

Les républicains sceptiques

Déjà, le No.2 des sénateurs républicains, John Cornyn (Texas), s’est dit opposé à une condamnation rétroactive de Donald Trump.

"Dans notre système, une des façons d'être puni est de perdre une élection", a déclaré M. Cornyn, estimant que l’ancien président ne mérite pas cette sanction supplémentaire.

Pour sa part, la sénatrice républicaine Joni Ernst (Iowa), a déclaré que s’il est vrai que M. Trump "a fait preuve d'un mauvais leadership", il serait injuste de lui faire porter le chapeau de l’assaut au Capitole. Pour elle, la responsabilité revient aux individus qui ont choisi de le faire de leur propre gré.

Des arguments battus en brèche par le nouveau leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer (New York).

"Il n'y a qu'une seule question en jeu. Une seule question à laquelle les sénateurs des deux partis devront répondre, devant Dieu et leur propre conscience : l'ancien président Trump est-il coupable d'incitation à l'insurrection contre les États-Unis ?", a déclaré M. Schumer.

"Il s'agit du crime le plus grave contre la Constitution que l'on puisse imaginer", a tweeté un autre démocrate, le sénateur Jeff Merkley (Oregon). "Chaque sénateur a été un témoin ; chaque sénateur a fait l'expérience de la menace qui pèse sur le fondement même de notre démocratie. Nous devons la traiter avec un sérieux absolu et conduire le procès en conséquence", a-t-il ajouté.

Si M. Trump est reconnu coupable, un autre vote devrait avoir lieu pour décider s’il doit être banni à vie de tout poste fédéral. Là, une majorité simple est requise.

Donals Trump, 74 ans, est le seul président américain en 245 ans d'histoire du pays à avoir été mis en accusation deux fois par la Chambre des représentants.

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Le chef de la Cour suprême ne va pas présider le 2e procès de Trump au Sénat

Le président américain Donald Trump brandit une copie de la Une du Washington Post qui annonce qu'il a été acquitté par le Sénat, le 6 février 2020.

Le juge en chef de la Cour suprême américaine, John Roberts, ne présidera pas le procès en destitution de l'ancien président Donald Trump prévu la semaine du 8 février, a-t-on appris de plusieurs sources.

M. Roberts, 65 ans, a intégré à la Cour en 2005 après avoir été nommé par l'ancien président George W. Bush.

Bien qu'il ait présidé le premier procès de mise en accusation de Donald Trump, il n'est pas obligé de le faire cette fois-ci, car M. Trump n'est plus président, selon la National Public Radio. "Roberts n'est pas constitutionnellement obligé de présider" cette fois-ci, conclut le média.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, une démocrate, a annoncé la semaine dernière que l'acte d'accusation contre M. Trump, un républicain mis en accusation par un vote majoritaire dans ses derniers jours au pouvoir, sera officiellement présenté au Sénat ce lundi.

Le président de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, écoute le président Donald Trump prononcer son premier discours sur l'état de l'Union au Capitole, à Washington, le 30 janvier 2018.
Le président de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, écoute le président Donald Trump prononcer son premier discours sur l'état de l'Union au Capitole, à Washington, le 30 janvier 2018.

Selon la Constitution, le juge en chef de la Cour suprême supervise le procès de destitution d'un président en exercice. Mais comme le mandat de M. Trump a pris fin lorsque son successeur Joe Biden a prêté serment le 20 janvier, il n'est plus le président en exercice et, à ce titre, le juge en chef n'est pas tenu d'être présent.

Il reste donc deux possibilités.

Premièrement, le procès peut être présidé par le doyen des démocrates du sénat, le sénateur Patrick Leahy de l'État du Vermont. C'est la théorie avancée par le quotidien The Hill.

Une autre possibilité est que le procès soit dirigé par l'actuelle vice-présidente, Kamala Harris, qui, selon les lois américaines, préside les plénières du Sénat. Cette option est évoquée par Fox News.

Quoi qu'il en soit, la question même de savoir s'il est constitutionnel de mettre en accusation un président après qu'il ait quitté ses fonctions est sans précédent. Une question qui est aussi susceptible de raviver les tensions partisanes qui ont existé lors des élections controversées de 2020.

Le sénateur républicain Rand Paul (Kentucky) arrive pour le début du procès de mise en accusation du président américain Donald Trump au Capitole à Washington, États-Unis, le 16 janvier 2020.
Le sénateur républicain Rand Paul (Kentucky) arrive pour le début du procès de mise en accusation du président américain Donald Trump au Capitole à Washington, États-Unis, le 16 janvier 2020.

Les sénateurs républicains ont déjà exprimé leur réticence à l'égard de cette mise en accusation rétroactive. Dimanche, le sénateur de Floride Marco Rubio a déclaré que la procédure est "stupide", tandis qu'un collègue républicain, Rand Paul du Kentucky, a déclaré sans ambages que la procédure serait "illégitime" en l’absence du juge Roberts.

Pour rappel, Donald Trump a été mis en accusation à deux reprises par la Chambre des représentants, qui est contrôlée par les démocrates. La première mise en accusation a eu lieu en janvier 2020, déclenchée par un appel téléphonique controversé avec le président de l'Ukraine. M. Trump a été acquitté par le sénat. La deuxième mise en accusation par la chambre basse a eu lieu le 13 janvier. Aucun autre président américain n'a été mis en accusation plus d'une fois.

Les 17 premiers décrets de l’ère Biden
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Procès de Trump : les sénateurs prennent le relai

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