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L'Union européenne va demander à Ankara de s'engager "davantage" dans la crise des migrants

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, parle devant le Parlement européen à Bruxelles le 24 février 2016. (REUTERS/Yves Herman - RTX28DT2)

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé mardi qu'il demanderait aux dirigeants turcs de s'engager "davantage" dans la gestion de la crise de migrants, à l'occasion d'un déplacement dans leur pays jeudi et vendredi, précédant un sommet à Bruxelles le 7 mars.

"L'Europe est prête, ainsi qu'elle l'a déjà démontré, à accorder une aide financière substantielle aux pays voisins des zones de guerre", a déclaré M. Tusk lors d'un point-presse à Vienne. "Mais en même temps, nous attendons de nos partenaires qu'ils s'engagent davantage, une condition indispensable pour éviter un désastre humanitaire. Ce sera le sujet de mes entretiens en Turquie", a-t-il ajouté.

M. Tusk a entamé mardi à Vienne une tournée de quatre jours, qui doit le conduire dans le Balkans et en Turquie. Il doit rencontrer jeudi à Ankara le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et le lendemain à Istanbul le président Recep Tayyip Erdogan.

Ces rendez-vous auront lieu à quelques jours d'un sommet européen convoqué le 7 mars à Bruxelles, auquel assistera la Turquie, de plus en plus considérée côté européen comme la clé pour résoudre la crise migratoire qui divise l'UE.

Les dirigeants européens veulent notamment obtenir d'Ankara une mise en oeuvre plus rapide du plan d'action UE-Turquie, dans lequel le pays s'est engagé à endiguer les départs de migrants vers l'Europe, en échange d'une aide financière et de concessions politiques.

"Nous ouvrons un nouveau chapitre dans notre lutte face à la crise des migrants. Il s'appelle Back to Schengen (retour à Schengen)", a assuré mardi à Vienne M. Tusk, qui était reçu par le chancelier Werner Faymann.

Le plan d'action UE-Turquie, scellé fin novembre 2015, n'a pas toutefois encore porté ses fruits, déplorent les Européens qui se déchirent sur la gestion de la crise, alors que l'afflux de migrants depuis les côtes turques ne semble pas diminuer.

Avant de se rendre en Turquie, le président du Conseil européen (instance de l'UE qui réunit les dirigeants des 28 Etats membres) est attendu mardi soir à Ljubljana, mercredi à Zagreb et Skopje et jeudi matin en Grèce.

Cette visite de principaux pays situés sur la route migratoire des Balkans vise à "continuer à bâtir un consensus européen sur la manière de traiter la crise migratoire et préparer le sommet avec la Turquie du 7 mars et le Conseil européen des 17-18 mars", avait-il indiqué vendredi.

Le récent durcissement des conditions d'entrée pour les migrants dans les pays situés sur la route des Balkans aggrave l'engorgement en Grèce et fait craindre une crise humanitaire dans ce pays, dont les autorités fustigent les décisions prises sans concertation par leurs voisins.


Avec AFP

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L'Azerbaïdjan et l'Arménie au bord de la guerre

Les forces arméniennes détruisent un véhicule militaire azerbaïdjanais sur la ligne de contact de la République autoproclamée du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan. (Photo Armenian Defense Ministry via AP)

L’Arménie et l'Azerbaïdjan étaient au bord de la guerre dimanche, des combats meurtriers ayant éclaté entre les forces azerbaïdjanaises et la région séparatiste du Nagorny Karabakh soutenue par Erevan.

Les belligérants ont fait état de victimes militaires et civiles. Selon la partie arménienne, une femme et un enfant ont été tués.

Un conflit majeur impliquant l'Azerbaïdjan et l'Arménie pourrait entraîner l'intervention des puissances en concurrence dans la région du Caucase, la Russie et la Turquie. Le conflit autour du Nagorny Karabakh, qui a fait sécession de l'Azerbaïdjan avec le soutien arménien, nourrit les tensions régionales depuis 30 ans.

Après l'annonce des premiers combats dimanche matin, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a décrété "la mobilisation générale" et l'instauration de "la loi martiale", tout comme les autorités du Karabakh.

"Soutenons fermement notre Etat, notre armée (...) et nous allons vaincre. Longue vie à la glorieuse armée arménienne!", a-t-il écrit sur Facebook.

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a lui aussi promis la victoire.

"L'armée azerbaïdjanaise combat aujourd'hui sur son territoire, défend son intégrité territoriale, porte des coups dévastateurs à l'ennemi. Notre cause est juste et nous allons vaincre", a-t-il dit, dans un discours à la télévision.

Moscou a appelé dès dimanche matin "à un cessez-le-feu immédiat" et à des pourparlers, alors que les deux camps se rejettent la responsabilité des hostilités.

La France, médiatrice du conflit avec la Russie et les Etats-Unis dans le cadre du Groupe de Minsk, a aussi appelé à "cesser immédiatement les hostilités".

Un porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, allié traditionnel de Bakou, a lui dénoncé sur Twitter une "attaque de l'Arménie".

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a indiqué pour sa part avoir lancé une "contre-offensive sur toute la ligne de front" du Karabakh, afin de "mettre fin à des activités militaires des forces armées de l'Arménie".

Victimes civiles et militaires

"Des morts et des blessés ont été rapportés parmi les civils et les militaires", a ajouté la présidence azerbaïdjanaise, tandis que le médiateur public du Karabakh a déclaré qu'il y avait "des victimes civiles".

Aucun bilan chiffré n'a été avancé, tandis que le ministère de la Défense du Karabakh a dit avoir infligé "de lourdes pertes" à l'adversaire.

L'Azerbaïdjan avait auparavant indiqué qu'un de ses hélicoptères avait été abattu mais que son équipage était sain et sauf. Il affirme avoir détruit 12 batteries anti-aériennes.

"Tôt ce matin, la partie azerbaïdjanaise a lancé des bombardements (...) nous appelons la population à se mettre à l'abri", a pour sa part indiqué le porte-parole de la présidence séparatiste sur sa page Facebook.

Le Nagorny Karabakh est une région sécessionniste d'Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d'Arméniens et soutenue par l'Arménie.

30 ans de conflit

Elle a été le théâtre d'une guerre au début des années 1990 qui a fait 30.000 morts, et depuis lors, les autorités azerbaïdjanaises veulent en reprendre le contrôle, par la force si nécessaire. Des pourparlers de paix sont dans l'impasse depuis de longues années.

Des combats opposent régulièrement séparatistes et Azerbaïdjanais, mais aussi Erevan et Bakou.

En 2016, de graves heurts avaient déjà failli dégénérer en guerre au Karabakh, et des combats meurtriers ont aussi opposé en juillet 2020 Arméniens et Azerbaïdjanais à leur frontière nord.

Les deux camps ont l'habitude de se rejeter la responsabilité de ces flambées de violence.

Le président Aliev avait menacé vendredi l'Arménie de représailles, en raison de son "comportement agressif", et accusé Erevan de "faire échouer à dessein les négociations" de paix sur le Karabakh.

Il avait estimé que l'Arménie préparait des "dizaines de milliers d'hommes" pour attaquer l'Azerbaïdjan.

Bakou a profité de ses réserves immenses de pétrole pour dépenser sans compter en matière d'armement. L'Azerbaïdjan peut aussi compter sur le soutien du président turc, qui considère l'Arménie comme une menace pour la stabilité du Caucase.

L'Arménie, bien plus pauvre, est par contre plus proche de la Russie, qui y dispose d'une base militaire. Erevan appartient aussi à une alliance politico-militaire dirigée par Moscou, l'Organisation du traité de sécurité collective.

Le Kremlin, qui se positionne en arbitre régional, livre des armes aux deux pays.

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Une ville californienne va interdire chips et bonbons aux caisses des supermarchés

Des enfants portant des masques d'Halloween reçoivent des bonbons pendant la tradition «Trick or Treat» à Makati à Manille le 31 octobre 2008. Les parents doivent surveiller la consommation de sucre de leurs enfants selon le Dr Mary Hayes, dentiste pédiatre à Chicago. AP/Marquez

La ville de Berkeley, bastion progressiste du nord de la Californie, va interdire la vente des produits trop sucrés ou salés sur les présentoirs situés aux caisses des supermarchés afin de promouvoir une alimentation plus saine, une première aux Etats-Unis selon des médias locaux.

Le conseil municipal de Berkeley, ville universitaire de 120.000 habitants près de San Francisco, a adopté cette semaine à l'unanimité une ordonnance qui bannira des caisses les produits contenant plus de 5 grammes de sucres ajoutés ou plus de 250 mg de sodium par portion. L'interdiction vise également toutes les boissons contenant des sucres ajoutés ou des édulcorants artificiels.

L'ordonnance relève que "des aliments bon marché et riches en sel, graisses saturées et sucres ajoutés sont prédominants dans les présentoirs des caisses". Les clients y sont "plus enclins à effectuer des achats impulsifs et les parents se battent avec leurs enfants qui réclament des confiserie à la fin des courses".

L'interdiction, qui doit s'appliquer à 25 supermarchés de la ville, entrera en vigueur en mars prochain et les premières visites des inspecteurs sanitaires sont prévues en janvier 2022.

"Ce qui est bon pour les clients à Berkeley est aussi bon pour nos commerces", a lancé Kate Harrison, l'une des élues à l'origine de cette mesure.

En 2014, Berkeley avait déjà été la première à imposer une taxe sur les sodas, une initiative reprise ensuite par plusieurs autres grandes villes américaines.

Selon une étude publiée début 2019, les habitants de Berkeley avaient diminué leur consommation de boissons sucrées de 21% dans l'année qui avait suivi la mise en place de cette "taxe sodas". La chute atteignait 52% en 2017.

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