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Crise migratoire : l'UE tente de mettre fin à la cacophonie sur la route des Balkans

Réfugiés et migrants débarquent au port du Pirée près d'Athènes , en Grèce, le 23 février 2016 .

Les pays membres de l'UE se retrouvent jeudi à Bruxelles, avec l'espoir de mettre fin aux décisions en ordre dispersé face à l'afflux de migrants sur la route des Balkans, menacée d'une "crise humanitaire".

Les pays de l'UE étaient réunis jeudi à Bruxelles dans l'espoir de mettre fin à un engrenage de décisions isolées face à l'afflux de migrants, notamment sur la route des Balkans menacée d'une "crise humanitaire".

"Les initiatives isolées ne mènent nulle part", a lancé le commissaire européen en charge du dossier, Dimitris Avramopoulos, à son arrivée à la réunion des ministres de l'Intérieur des 28. "L'unité de l'Union et des vies humaines sont en jeu", a insisté M. Avramopoulos.

Une réunion critiquée, en comité plus restreint et sans la Grèce, avait eu lieu la veille, à l'initiative de l'Autriche, avec des pays des Balkans. Deux des participants, la Serbie et la Macédoine, non membres de l'UE, ont également été conviés jeudi à Bruxelles.

Comme l'Autriche ou la Slovénie (membres de l'UE et de l'espace Schengen), ils ont été invités à expliquer le filtrage décrié des migrants qu'ils appliquent désormais à leurs frontières et qui a provoqué un engorgement en Grèce.

"Il est bon aujourd'hui que tout le monde soit autour de la table", a souligné le ministre néerlandais de l'Immigration, Klaas Dijkhoff, dont le pays assure la présidence tournante du conseil de l'UE.

L'enjeu d'une réponse collective est d'autant plus fort que la menace d'une "crise humanitaire" plane désormais sur certains pays, en particulier la Grèce, insistent la présidence comme la Commission.

Dialoguer avec la Turquie

Les 28, qui continuent de voir dans la Turquie l'une des principales clés de la crise en cours, devaient accueillir aussi à la mi-journée le vice-ministre de l'Intérieur turc, Sebahattin Öztürk.

L'objectif est de faire le point sur les efforts d'Ankara pour freiner les flux de migrants vers l'UE, avant un nouveau sommet qui sera consacré à la question le 7 mars à Bruxelles.

"C'est une priorité", a martelé le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière.

Malgré les engagements de la Turquie, ces flux restent "beaucoup trop élevés", ne cessent de répéter les dirigeants européens. Depuis début janvier, plus de 102.000 migrants ont ainsi gagné la Grèce par la Méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrants (OIM).

La Grèce est d'autant plus débordée que le plan de répartition des demandeurs d'asile arrivés sur son sol vers d'autres pays de l'UE peine toujours à démarrer. Moins de 600 réfugiés ont été répartis depuis l'Italie et la Grèce ces derniers mois, sur les 160.000 qui doivent l'être en deux ans.

Dans ce contexte, la décision de la Macédoine de refuser le passage aux Afghans à sa frontière avec la Grèce, et d'exiger des Syriens et Irakiens des papiers d'identité, a alourdi la tâche des Grecs.

"La Grèce n'acceptera pas de devenir le Liban de l'Europe", a averti le ministre grec Yannis Mouzalas. Les réfugiés syriens représentent désormais le quart de la population libanaise de quatre millions d'habitants.

La Grèce en accusation

La Commission devrait une nouvelle fois appeler les Etats membres à prendre des mesures concertées, et à mettre fin à la politique du "laisser passer" des migrants.

L'Autriche, qui a instauré un quota journalier de 3.200 migrants en transit à laisser passer sur son territoire, est la cible des critiques de Bruxelles.

Selon la Commission, les pays européens doivent refuser l'entrée aux migrants économiques. En revanche, tous les demandeurs d'asile se présentant à la frontière d'un pays doivent pouvoir accéder aux procédures d'asile.

L'Autriche s'est défendue en expliquant avoir voulu, avec d'autres pays des Balkans, envoyer "un signal clair" sur sa volonté de "réduire le flux de migrants" se dirigeant vers le nord depuis la Grèce.

Si la Grèce n'est pas capable de protéger la frontière extérieure de l'UE, "peut-elle encore être une frontière extérieure de l'espace Schengen"?, a lancé la ministre autrichienne Johanna Mikl-Leitner, évoquant à nouveau une exclusion de la Grèce de l'espace européen de libre-circulation, pourtant juridiquement impossible.

La nécessité d'une meilleure coordination entre pays européens est loin de ne concerner que la route des Balkans.

Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve a ainsi qualifié jeudi d'"étrange" la décision de la Belgique de rétablir des contrôles à sa frontière avec la France, de crainte d'un éventuel afflux de migrants en provenance de la "jungle" de Calais (nord de la France).

M. Cazeneuve a notamment regretté que Paris n'ait pas été prévenu à l'avance.

AFP

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Visite d'une délégation israélienne au Soudan

Une combinaison de photos montre un drapeau israélien, à gauche, lors d'un rassemblement à Tel-Aviv, le 19 septembre 2020, et un drapeau soudanais lors d'un rassemblement à l'est de la capitale Khartoum, le 3 juin 2020.

Une importante délégation israélienne s'est rendue lundi à Khartoum pour discuter du processus de normalisation des relations en cours entre l'Etat hébreu et le Soudan, ont annoncé mardi les autorités israéliennes.

Depuis l'annonce en octobre d'un accord entre les deux pays, des responsables israéliens et américains se sont rendus ensemble à Khartoum mais la visite de lundi était la "première" dirigée par un ministre israélien, celui du Renseignement, Eli Cohen, ont fait valoir ses services à Jérusalem.

Les responsables se sont notamment entretenus avec le chef du Conseil souverain de transition soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhane, ainsi que le ministre soudanais de la Défense, le général Yassine Ibrahim, selon le gouvernement israélien.

"Cette visite a jeté les bases de nombreuses collaborations importantes, qui aideront à la fois Israël et le Soudan, la stabilité et la sécurité dans la région (...) et déboucheront sur de nouveaux accords avec les pays de la région", a déclaré M. Cohen, qui a invité M. Al-Burhane en Israël.

Les deux pays ont discuté de l'"approfondissement de leur coopération en matière de renseignement" et de la possibilité pour Israël de se joindre au Conseil de la Mer Rouge, entité régionale dont l'Egypte --qui entretient des relations officielles avec Israël-- et l'Arabie saoudite, un candidat potentiel à la normalisation, sont aussi membres, ont précisé les autorités israéliennes.

Après les Emirats arabes unis et Bahreïn, le Soudan est devenu en octobre le troisième pays arabe à annoncer en 2020 un accord de normalisation avec l'Etat hébreu et, ce, en dépit de protestations dans le pays contre ce rapprochement avec un ancien ennemi.

L'accord de normalisation a été signé début janvier. Khartoum a obtenu simultanément une aide financière des Etats-Unis après avoir été retiré de la liste américaine des Etats accusés de financer le terrorisme pour avoir notamment accueilli l'ancien chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990.

L'accord doit toutefois être ratifié par le pouvoir législatif avant d'entrer en application. Or le Soudan ne dispose toujours pas d'un Parlement de transition, après la chute en avril 2019 du régime islamiste d'Omar el-Béchir, qui a régné sur le pays pendant trois décennies.

Un Kenyan extradé vers les États-Unis pour trafic présumé de cornes de rhinocéros

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Le président Marcelo Rebelo de Sousa réélu au Portugal

Le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, au Palais de l'Elysée, en France, le 14 juillet 2019.

Sans surprise, les Portugais ont reconduit dimanche leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa, à l'issue d'un scrutin réalisé en pleine tourmente sanitaire et marqué par une importante percée de l'extrême droite.

L'actuel chef de l'Etat, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa "première priorité", en remerciant les électeurs pour leur "confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles" que celles d'il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 13% des suffrages, l'ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat d'extrême droite André Ventura, qui a engrangé 11,9% des voix.

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème "Chega" ("ça suffit") confirme l'assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, mais semblait jusqu'ici passer à côté d'une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d'abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3%, soit près de 70.000 voix.

"Progression de l'ultra-droite"

"Pour la première fois, un parti ouvertement antisytème a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d'un demi-million de voix", s'est félicité dimanche cet allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini.

Il n'a toutefois pas atteint l'objectif qu'il s'était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti, ni du Premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. Ventura.

"Si je n'avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de l'ultra-droite", a affirmé cette ancienne diplomate et militante anticorruption âgée de 66 ans.

Le taux d'abstention s'est élevé à 60,6%, un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974.

Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.
Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.

Mais candidats et analystes redoutaient une participation encore plus faible en raison de l'explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d'habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Selon les données collectées par l'AFP, c'est le pays au monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès par Covid-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l'enclave britannique de Gibraltar.

Files d'attentes

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s'est résolu à fermer les écoles vendredi, tandis qu'un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10.500 morts.

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d'attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un.

"Même si c'est important de venir voter alors qu'on est en confinement, cela n'a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes", a regretté Luis Araujo, un électeur qui a voté dans un école de Lisbonne.

En fin de campagne, le président sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et "épargner aux Portugais le prolongement de l'élection pendant trois semaines cruciales" pour freiner l'épidémie.

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire d'Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l'Etat n'a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.

"Les agents de la santé qui refusent de se faire vacciner posent un risque"

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370 personnes secourues par un navire humanitaire

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