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Une vague rose a coloré la capitale américaine pour la Marche des femmes


Des milliers de participants écoutent les discours sur le Mall, Washington DC, le 21 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)

Le temps d'une journée, Washington D.C. a vu la vie en rose lors de la Marche des femmes samedi. Selon les dernières estimations, entre 500 000 et 700 000 personnes étaient présents pour participer à cette protestation contre la politique de Donald Trump.

Elles sont venus de Los Angeles, Portland, Detroit, Dallas, Miami. Des centaines de milliers de femmes sont arrivés à Washington D.C. samedi matin pour protester contre la politique de Donald Trump. Avec elles, des hommes et des enfants étaient aussi présents pour cette marche historique.

Organisées sur les réseaux sociaux, les manifestantes ont arrivés à bord de centaines de bus et des avions dès le matin pour participer au rassemblement. Sur la rue de l'Indépendance, en face du bâtiment de VOA Afrique, une scène a accueilli de célèbres artistes telles que la chantenuse Madonna, l'actrice Scarlett Johansson ou encore, du côté des hommes, le producteur de documentaire engagé Michael Moore.

"Mon corps, mon choix", ont chanté les manifestantes, les hommes chantant en écho "son corps, son choix". De 10 heures à 17 heures, heure locale, les 500 000 participants ont entonné des chants et des slogans pour montrer leur mécontentement.

"Je suis ici car je n'ai pas aimé le résultat des élections", a expliqué Gail Harris à VOA Afrique, écrivain et oratrice afro-américaine. "Donald Trump insulte les femmes âgés, handicapées, ou les femmes moches".

Pour elle, le problème est simple : "passer assez de personnes sont allées voter". "Les États-Unis ont été fondés sur l'immigration", rappelle-t-elle quand elle parle de la politique anti-immigration de la nouvelle administration.

"Pussy hat"

La vague rose, ce sont ces milliers de manifestantes qui portaient un bonnet rose pour l'événement. En réaction à la vidéo de Donald Trump qui parlait "d'attraper des chattes" comme il le voulait, les femmes ont décidé de porter des bonnets en forme de chat avec deux oreilles sur les côtés.

Après qu'une femme ait posté un patron pour tricoter la forme du bonnet, des milliers de mères, de femmes, et d'étudiantes se sont mis au tricot pour être prêtes pour le 21 janvier 2017.

"J'ai tricoté avec ma mère", explique Alison, une professeure de français à Washington DC. "Tout le monde s'est mis au tricot pour en donner à la famille et aux amies".

Une femme de 87 ans avec la pancarte "Maintenant tu as énervé mamie!", à Capitol Hill, Washington DC, le 21 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)
Une femme de 87 ans avec la pancarte "Maintenant tu as énervé mamie!", à Capitol Hill, Washington DC, le 21 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)

De très jeunes à très âgées, toutes les femmes étaient présentes pour protester.

Huées devant l'Hôtel Trump

La Marche des femmes a défilé devant l'Hôtel de Trump, une ancienne poste, qui n'a pas été ignoré des manifestants.

Des participants à la Marche des femmes se sont stoppé devant le Trump Hotel à Washington DC, le 21 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)
Des participants à la Marche des femmes se sont stoppé devant le Trump Hotel à Washington DC, le 21 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)

Alors que certains ont déposé leurs pancartes devant l'entrée, d'autres sont restés pour crier le mot "honte" pendant plusieurs minutes.

Le chemin des "pussy hat" a continué pour passer de la Maison-Blanche, bloqué par des barrières et une vingtaine de policiers.

Un nouveau mouvement politique ?

Lors de cette journée, Micheal Heaney, professeur de sociologie politique à l'Université du Michigan, a étudié le mouvement et sondé de nombreux participants.

"C'était une manifestation énorme, une des plus grandes protestations que je n'ai jamais vues", a-t-il expliqué, précisant qu'il a couvert pas loin de 60 manifestations pour ses recherches.

Soulignant que cette marche était "positive", il a remarqué que "les chefs de file ont vraiment fait un bon travail d'organisation". Spécialiste des mouvements politiques, il pense que "cette marche donne un bon potentiel pour le futur".

"Si les femmes ont manifesté, c'est parce qu'elles ont peur pour leur avenir, nous avons, au pouvoir, une des personnes les plus dangereuses depuis une cinquantaine d'années", selon lui.

Bien que tous les ingrédients soient réunis pour une mouvance sur la longue durée, le professeur s'interroge : "Il faut que des efforts soient développés au niveau local, et là, nous verrons si cela peut être une nouvelle force politique".

Nastasia Peteuil, à Washington DC

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