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Une trentaine de personnes arrêtées lors des échauffourées entre policiers et opposants à Lubumbashi


L'opposition s'est rassemblée samedi à Lubumbashi, RDC, le 29 octobre 2016. (VOA/Narval Mabila)

La police a tiré du gaz lacrymogène et procédé à des arrestations pour disperser un rassemblement de l’opposition samedi après-midi à Lubumbashi, deuxième de la ville de la RDC, dans le sud-est du pays.

Une trentaine d’opposants ont été arrêtés et plusieurs autres blessés lors des échauffourées avec la police, selon l’opposition.

L’inspecteur général de la police, Jean Bosco Kalenga, attribue les arrestations au trouble à l’ordre public. Il accuse les membres du Rassemblement, plate-forme de l’opposition qui proteste contre l’accord trouvé le 18 octobre dernier au dialogue politique entre le pouvoir et quelques opposants.

Ils ont troublé l’ordre public et ont jeté des pierres sur les véhicules de la police, a affirmé l’inspecteur général Kalenga.

Pour sa part, Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, président du Rassemblement pour l’ex-province du Katanga, a dénoncé la police d’avoir violé sa résidence où se réunissaient pacifiquement ses partisans.

Si nous sommes dans une démocratie, comment peut-on venir jeter du gaz lacrymogène dans ma parcelle où même mes enfants et des personnes âgées ont dû inhaler ces produits toxiques ? s’est-il plaint.

Les militants du Rassemblement, habillés en jaune, symbole de la carte jaune en référence à l’avertissement donné dans les sports, se préparaient à un meeting prévu le 5 novembre et aux manifestations pour le 20 décembre, date de la fin du mandat du deuxième et dernier du président Joseph Kabila, selon la Constitution.

La police a tiré du gaz lacrymogène et procédé à des arrestations pour disperser un rassemblement de l’opposition samedi après-midi à Lubumbashi, RDC, le 29 octobre 2016. (VOA/Narval Mabila)
La police a tiré du gaz lacrymogène et procédé à des arrestations pour disperser un rassemblement de l’opposition samedi après-midi à Lubumbashi, RDC, le 29 octobre 2016. (VOA/Narval Mabila)

Le pouvoir et une partie de l’opposition ont signé un accord reportant les élections dont la présidentielle, en avril 2018.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’est pas en mesure de tenir la présidentielle avant le 19 décembre 2016 pour raison de refonte du fichier électoral présentement en cours.

La majeure partie de l’opposition mais aussi l’église catholique n’ont pas adhéré à l’accord reportant les élections. Elles exigent des concertations plus élargies.

M. Kabila a hérité le pouvoir de son père assassiné en 2001. Elu deux fois de suite, il ne devrait plus se représenter selon la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Ces arrestations interviennent alors qu’un peu plus tôt, le même samedi, un groupe de militants citoyens ont été interpellés lors d’un sit-in devant le siège de l’Union africaine à Kinshasa, la capitale, où ils protestaient contre le sommet international tenu le 26 octobre dernier à Luanda, en Angola, entérinant l’accord du dialogue de Kinshasa.

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