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Une Sud-Africaine condamnée à deux ans de prison ferme pour injure raciste

Le juge de la Haute Cour Thokozile Masipais lors d’un procès à Pretoria, en Afrique du Sud, 21 octobre 2014.

La Sud-Africaine blanche fait appel de sa condamnation à deux ans de prison pour insultes racistes, la première incarcération pour ce délit, généralement sanctionné financièrement.

Ex-agente immobilière, Vicki Momberg a été condamnée en mars à trois ans d'emprisonnement, dont deux fermes, pour avoir traité un agent de police noir de "kaffir", terme insultant utilisé pour désigner les Noirs sous l'apartheid.

L'incident s'est produit en février 2016, juste après avoir été victime d'un vol alors qu'elle circulait en voiture dans une banlieue de Johannesburg.

>> Lire aussi : Canberra fait marche arrière sur les fermiers blancs sud-africains

Un enregistrement vidéo largement diffusé sur les réseaux sociaux la montre, furieuse, en train d'insulter un officier de police qui lui était venu en aide, le taxant à plusieurs reprises de "kaffir."

Lors du procès, son avocat a plaidé les circonstances atténuantes, soulignant qu'elle avait réagi sous le choc.

La juge Pravina Raghoonandan l'a toutefois condamnée à la prison ferme pour, a-t-elle justifié, faire un exemple. Elle a également ordonné son incarcération immédiate.

Sa décision a été largement saluée par la population noire et les ONG de la société civile.

Toujours détenue, Mme Momberg s'est présentée mercredi devant un tribunal de Johannesburg pour faire appel de sa condamnation au motif qu'elle avait agi sous le coup de l'émotion.

>> Lire aussi : Une Noire au pays des vignerons blancs en Afrique du Sud

Un procureur, Yusuf Baba, a jugé "sans fondement" sa demande. "La question de l'altération de sa capacité de jugement n'a jamais été soulevée auparavant", a-t-il argué à la barre, "ce motif d'appel n'est pas fondé".

Le juge a renvoyé l'audience au 18 avril.

Jusqu'à cette affaire, les auteurs d'injures racistes étaient exclusivement sanctionnés financièrement.

En 2016, une autre agente immobilière blanche, Penny Sparrow, avait écopé de 10.000 dollars d'amende pour avoir comparé sur les réseaux sociaux les Noirs à des singes.

Avec Afp

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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