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L'Afrique du Sud honore "l'esprit de combat" de Winnie Mandela

Winnie Mandela saluant les sympathisants à la 54e Conférence de l'ANC à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 16 décembre 2017.

L'Afrique du Sud a continué mardi à rendre hommage à la "Mère de la nation" Winnie Mandela en célébrant "l'esprit de combat" de la militante acharnée, mais controversée, de la lutte contre le régime de l'apartheid.

Incarnation, avec son ancien mari, de la lutte de "libération" du pays contre la ségrégation raciale, Winnie Mandela est décédée lundi à 81 ans à Johannesburg des suites "d'une longue maladie".

Pour la deuxième journée consécutive, célébrités et anonymes se sont succédé mardi devant sa modeste maison en briques rouges du township de Soweto pour présenter leurs condoléances.

Quelques heures après l'annonce de sa mort, le président sud-africain et du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) Cyril Ramaphosa avait ouvert le défilé en venant saluer une "voix du défi et de la résistance".

>> Lire aussi : Winnie Mandela, l'héroïne imparfaite de l'Afrique du Sud

Un hommage officiel et national doit lui être rendu le 14 avril dans un stade près de Soweto.

Le trublion de la gauche radicale, Julius Malema, lui a emboîté le pas mardi, escorté de centaines de militants aux couleurs rouges de son parti, les Combattants pour la liberté économique (EFF).

"Parce que Mama (Winnie) vivait au milieu de son peuple et parce qu'elle ne la jamais trahi, ils lui ont donné le titre de Mère de la Nation", a-t-il lancé à ses partisans, "c'est ce que nous sommes venus célébrer ici, la vie de quelqu'un qui n'a jamais pris de haut les Noirs et les masses pauvres".

Winnie Mandela, un parcours hors du commun
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L'ex-archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu a salué la mémoire de Winnie Mandela, estimant qu'elle avait été un "symbole majeur" de la lutte contre l'apartheid.

"Winnie Madikizela-Mandela a été pendant de nombreuses années un symbole majeur du combat contre l'apartheid", a déclaré le prix Nobel de la Paix dans un communiqué.

"Elle a refusé de céder face à l'incarcération de son mari, au harcèlement perpétuel de sa famille par les forces de sécurité, aux détentions, aux interdictions et à son bannissement. Son attitude de défi m'a profondément inspiré, ainsi que des générations de militants", a-t-il ajouté.

"Puisse-t-elle reposer en paix et s'élever vers la gloire", a conclu lundi l'ancien archevêque du Cap dans son message de condoléances à sa famille.

L'archevêque Desmond Tutu, au Cap, 23 avril 2014.
L'archevêque Desmond Tutu, au Cap, 23 avril 2014.

'Peur d'elle'

Malema, devenu ces dernières années le confident de Winnie Mandela, a également répondu à tous ceux qui ont, à l'annonce de son décès, rappelé que son image avait été ternie par ses positions radicales et ses appels à la violence.

"Ils avaient peur d'elle. Même après sa mort ils ont peur d'elle et c'est pour ça qu'ils continuent de l'insulter, c'est pour ça qu'ils continuent de la présenter sous un jour que nous ne connaissons pas", a-t-il déploré, "mais les masses connaissent la vérité."

Dans son discours le plus controversé, en 1986, Winnie Mandela avait appelé à "libérer le pays avec des allumettes", une référence au supplice du "collier" enflammé autour du cou des "traîtres".

Nelson Mandela et Winnie.
Nelson Mandela et Winnie.

Winnie s'était aussi entourée d'un groupe de jeunes hommes qui formaient sa garde rapprochée, le "Mandela United Football Club", dont les méthodes musclées défrayaient la chronique.

En 1991, elle est condamnée à six ans de prison pour complicité dans l'enlèvement et le meurtre d'un jeune militant de l'ANC, Stompie Seipei. Sa peine est commuée en simple amende.

'Leçons de sa vie'

La photo des ex-époux, main dans la main à la sortie de prison de Nelson Mandela en 1990, qui symbolisait leur victoire contre l'apartheid, appartient désormais au passé. A sa mort en 2013, Nelson Mandela, entre temps remarié avec Graça Machel, ne lui a rien légué. Winnie a porté l'affaire devant la justice, en vain.

Haut responsable de l'ANC et ministre du gouvernement, Zweli Mkhize a célébré mardi une Winnie consensuelle.

"Nous perdons les derniers combattants de la liberté de la première heure et je crois que ce que nous devons faire, c'est de retenir les leçons de sa vie", a-t-il dit devant la presse après avoir rendu visite à la famille de la défunte.

"Quand elle faisait face au gouvernrment de l'apartheid, elle n'avait pas peur", a souligné M. Mkhize, "et même entre nous, elle n'a jamais hésité à critiquer ce qui ne marchait pas".

La ligue des femmes de l'ANC, que Winnie Mandela a dirigé dans le passé, devait lui rendre hommage mercredi en organisant une marche jusqu'à son domicile.

Une de ses dernières apparitions publiques remonte à la dernière conférence de l'ANC en décembre à Johannesburg, où elle avait été saluée par des applaudissements nourris.

Quelques semaines plus tard, elle était hospitalisée pour une infection rénale. Elle en était sortie une dizaine de jours plus tard, avant d'y être de nouveau admise le week-end dernier.

Son discours violent et les accusations de meurtre portées contre ses gardes du corps l'avaient éloigné de son époux.

Nelson Mandela est devenu en 1994 le premier président noir de l'Afrique du Sud. Leur divorce a été prononcé deux ans plus tard.

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

La page des sports du 23 avril avec Yacouba Ouédraogo

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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