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L'égalité des genres menacée pendant la pandémie de coronavirus

Affiche d'ONU Femmes sur la campagne 50/50

59 gouvernements, dont 39 ministres cosignataires, ont adressé une déclaration conjointe sur la protection de la santé et des droits sexuels et reproductifs et la promotion de l'égalité des genres pendant la crise de la maladie Covid-19.

De nombreuses associations et pays dans le monde ont en effet constaté une recrudescence de la violence intrafamiliale lors du confinement, en particulier à l'encontre des femmes et des enfants, n'ayant guère la possibilité de faire appel à une aide extérieur en cas d'abus de la part d'un proche.

Les sept pays africains ayant pris part à cette déclaration du 6 mai sont la Guinée, le Liberia, le Cap Vert, la Tunisie, Madagascar, l’Afrique du Sud et la Namibie. Du côté de l'Europe, qui enregistre le plus d'engagements, on note notamment les habitués de la cause féminine comme l’Espagne, la France, la Suède, l’Allemagne, ainsi que l'Italie et le Royaume Uni.

Dans le reste du monde, le Canada du Premier ministre féministe Justin Trudeau est en première ligne, avec notamment la présence du Mexique, du Japon et de la Corée du Sud, trois pays encore fortement ancrés dans la culture patriarcale.

Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian (2e-G) avec des réfugiés syriens du camp d’Azraq participant au projet d'ONU Femmes "Oasis pour les femmes et les filles."
Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian (2e-G) avec des réfugiés syriens du camp d’Azraq participant au projet d'ONU Femmes "Oasis pour les femmes et les filles."

Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de la France, et Diénè Keïta, ministre de la Coopération internationale et de l'Intégration régionale de la Guinée, sont parmi les signataires de cette déclaration, qui met en exergue l'impact "dévastateur" que produit la pandémie sur les systèmes de santé de nombreux pays.

Les signataires alertent en premier lieu sur la vulnérabilité accrue des personnes âgées, qui sont les plus exposées à la maladie et sont parfois victimes de négligence, comme l’a déploré en avril le Premier ministre canadien justin Trudeau, en réaction à un taux élevé de décès dans les maisons de retraite de son pays. Le même constat a été fait dans des centres spécialisés de pays européens et de certaines villes américaines comme Seattle dans l'Etat de Washington.

"La pandémie aggrave les inégalités chez les femmes et les filles", ainsi que chez "les personnes handicapées et celles vivant dans l'extrême pauvreté", précise la déclaration, soulignant que ces populations doivent être impliquées dans la crise sanitaire et que leur protection doit être au centre des efforts de réponse à la maladie Covid-19.

-Plus de femmes dans la gestion de crises-

"Nous appuyons la participation active et le leadership des femmes et des filles à tous les niveaux de prise de décision (...) Cette participation et ce leadership garantissent que les efforts déployés et les réponses apportées tiennent compte de la dimension de genre et n'entraînent pas davantage de discrimination et d'exclusion envers les personnes les plus à risque", détaille la déclaration du 6 mai.

A cet endroit, le Premier ministre italien Giuseppe Conte, avait appelé le 4 mai son gouvernement à donner plus de place aux femmes dans la crise sanitaire. M. Conte avait pris cette décision après la publication d'une tribune de sénatrices demandant de féminiser les comités chargés de conseiller le gouvernement sur cette question.

La parité au sein des équipes de travail ainsi que des mesures ciblées et adéquates dans le monde s'avèrent en effet devenir une nécessité, au regard de statistiques alarmantes effectuées aux quatre coins de la planète. La plupart des enquêtes disent que la violence domestique a considérablement augmenté dans plusieurs pays depuis le début des mesures de confinement général car les personnes habituellement maltraitées au sein d'un foyer sont constamment à la merci de leurs agresseurs.

Autre facteur déterminant dû à la tension économique générée par les restrictions: de nouvelles violences s'installent même dans des familles sans antécédant dysfonctionnel.

La pandémie "a des effets économiques et sociaux dévastateurs pour les femmes et les filles", soulignait le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, quatre jours après son appel du 5 avril, dans lequel il déplorait déjà "une horrible flambée de violence domestique" dans le monde. M. Guterres a demandé la mise en place de systèmes d'alerte dans les magasins d'alimentation et à prioriser les dossiers de femmes et d'enfants abusés.

-La nécessité de garantir les droits humains-

Dans leur déclaration, les 59 ministres affirment que "les mesures restrictives destinées à limiter la propagation du virus dans le monde augmentent le risque de violence domestique, dont celle entre partenaires intimes."

Au lendemain de la publication de cette déclaration, la Russie a admis que les violences domestiques avaient plus que doublé dans le pays depuis le 10 avril.

La déléguée aux droits humains auprès du Kremlin, Tatiana Moskalkova, avait ainsi souligné que les femmes peuvent difficilement se présenter aux autorités pour demander de l'aide. Si elle y parviennent, elles sont refoulées -sous couvert de violation du confinement- ou alors la police refuse de se déplacer, déplore Mme Moskalkova.

La situation n'est pas plus reluisante en Europe voisine, où les services d'urgence ont enregistré une hausse jusqu'à 60% des appels de femmes victimes de violences conjugales pendant le confinement; ce qui tend à se généraliser dans presque tous les pays européens, selon l'OMS.

Les gouvernements "ne devraient jamais perdre de vue la nécessité de garantir l'égalité et les droits humains fondamentaux", a déclaré fin mars Béatrice Fresko-Rolfo, rapporteure sur la violence sexiste au Conseil de l'Europe.

Le 30 mars, la presse italienne annonçait qu'une Sicilienne contraintes à une "cohabitation forcée" a été étranglée par son compagnon. La présidente de la commission Fémicide du Sénat, Valeria Valente, avait alors dénoncé le "énième fémicide survenu dans un foyer, où la crise du coronavirus nous impose de rester". Ainsi, les victimes en Italie sont désormais exemptées de déclaration sur l'honneur avant d'intégrer un centre d'accueil.

Des femmes interprétant la chanson chilienne contre la violence sexiste, «Un violeur sur votre chemin», à l'occasion de la Journée mondiale des droits de la femme, à Lima, au Pérou, le 8 mars 2020. (AP)
Des femmes interprétant la chanson chilienne contre la violence sexiste, «Un violeur sur votre chemin», à l'occasion de la Journée mondiale des droits de la femme, à Lima, au Pérou, le 8 mars 2020. (AP)

L'Amérique latine, encore largement empreinte de culture patriarcale et au vécu social violent, n'échappe pas à l'exacerbation des tempéraments machistes en milieu confiné où la liberté de mouvements est considérablement réduite.

Le Honduras est l'un des pays latino-américains ayant reconnu fin avril une "flambée" de la violence domestique, surtout contre les femmes et les enfants.
La justice du pays est toutefois réactive et affirme, notamment à San Pedro Sula, procéder à près de cinq placements en détention par jour de personnes accusées de ces violences, qui ont doublé pendant le confinement.

Dans le même temps, le président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a déclaré à la télévision publique son inquiétude face à la montée des violences intrafamiliales dans son pays.

-Jusqu'a cinq fois plus d'agressions sexistes-

En Chine, des associations féministes pékinoises ont dénombré un triplement des violences rapportées par des femmes à Beijin, tout en exprimant leur impuissance face à cette situation.

Tandis que les féministes turques se demandent aussi où peut aller une femme victime de violence domestique dans leur pays, la plupart des communes allemandes organisent des accueils alternatifs pour assurer la sécurité des victimes.

En Malaisie, une ligne téléphonique de soutien aux personnes abusées a enregistré une hausse des appels de plus de 50% depuis le 18 mars.

Une participante à la «Marche de la dignité» réclamant la justice pour les victimes de violences sexistes, à New Delhi, en Inde, le 22 février 2019. (AFP)
Une participante à la «Marche de la dignité» réclamant la justice pour les victimes de violences sexistes, à New Delhi, en Inde, le 22 février 2019. (AFP)

En Inde, la Commission pour les femmes a noté le doublement des violences sexistes dès la première semaine de restrictions, et la même periode en Afrique du Sud s'est traduite par 90.000 plaintes.

En France, la violence domestique a cru d'un tiers en une semaine, tandis que plusieurs villes américaines ont également rapporté un nombre croissant de violences familiales.

La Tunisie a enregistré cinq fois plus d'agressions contre des femmes dès la première semaine de confinement. "La tension a augmenté au sein des familles et les risques sont beaucoup plus élevés", avait declaré la ministre de la Femme, de l'Enfance et des Personnes âgées, Asma Shiri Laabidi, tout en annoncant de nouvelles dispositions dont un service en ligne pour les enfants en situation de détresse.

Mi-avril, des associations marocaines se sont également inquiétées de la détérioration de la situation au sein de certains foyers, et ont appelé les autorités à apporter "une réponse d'urgence aux violences faites aux femmes pendant la pandémie de Covid-19".

Dans une lettre adressée au gouvernement, elles soulignent que "les restrictions de mobilité augmentent la vulnérabilité des victimes de violences, en rendant difficile, voire impossible la possibilité d'échapper à une situation dangereuse".

Le stress lié à l'isolement social augmente "la menace de violences domestiques et sexuelles pour les femmes et enfants", a prevenu fin mars la fédération allemande des Centres de conseils pour les femmes, soulignant que pour les victimes, la situation actuelle signifie "être constamment livrée" aux auteurs de tels actes.

Chrifa Nimri, Tunisienne de 69 ans, à son retour de pêche au port de Sidi Bou Said, à Tunis, le 23 février 2017. (Reuters)
Chrifa Nimri, Tunisienne de 69 ans, à son retour de pêche au port de Sidi Bou Said, à Tunis, le 23 février 2017. (Reuters)

-Des réponses adaptées aux situations de détresse-

Face à ce constat général, certains pays ont engagé des mesures accompagnées de fonds spéciaux, comme l'Australie, qui a debloqué 150 millions de dollars en mars pour la lutte contre les violences conjugales.

Parmi d'autres pays européens, l'Italie a aussi débloqué une trentaine de millions d'euros mi-avril et renforcé les fonctionnalités de l'application YouPol, utilisée pour envoyer des signalements géolocalisés aux forces de police.

Ce phénomène de l'amplification des violence domestiques en période de confinement n'épargne pas les populations les plus vulnérables dans les camps de personnes deplacées ou refugiées à travers le monde.

Le 20 avril, le HCR a alerté sur la situation des filles et des femmes, soulignant que les déplacées risquent d'être confinées avec leurs agresseurs, et que d'autres "pourraient être contraintes à des relations sexuelles de survie, ou à des mariages forcés de mineures".

Au cours de la même période, les autorités françaises chargées de la protection de l'enfance indiquaient que le numéro d'urgence pour l'enfance en danger avait bondi de 89% en une semaine.

Le 119, qui reçoit quotidiennement environ 700 appels, a été doublé d'un service de signalement sur internet, sachant qu'en France -hors période de coronavirus- un enfant meurt tous les cinq jours de violences familiales.

-Nouvelle vague de violence économique-

Les restrictions dans une majorité de pays à travers le monde ont par ailleurs fragilisé plus encore la situation, déjà précaire, de millions de femmes travaillant dans l'économie informelle.

Le 20 mars, la Directrice d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, déclarait: "la majorité des femmes travaillent dans l’économie informelle, ce qui signifie que leur revenu est précaire (...) Sachant qu’elles ne sont souvent pas éligibles aux mesures de renflouements, elles ne sont pas aidées financièrement." Et d'ajouter, "Il ne s’agit pas là seulement d’un problème sanitaire: nous sommes au cœur de la question de l’égalité des genres".

Début avril, le Sénégal, avec l'appui d’ONU Femmes, a lancé un programme pour soutenir les agricultrices, qui, en retour, fournissent la population en riz et en céréales locales qu'elles produisent. "Les femmes agricultrices que nous appuyons ont une capacité de production qui leur permet de participer activement à la riposte au coronavirus", avait indiqué Oulimata Sarr, Directrice régionale d’ONU Femmes Afrique de l’Ouest et du Centre.

Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice d'ONU Femmes, lors de la cérémonie d’ouverture du Women’s Forum Americas à Mexico, le 30 mai 2019. (AFP)
Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice d'ONU Femmes, lors de la cérémonie d’ouverture du Women’s Forum Americas à Mexico, le 30 mai 2019. (AFP)

De même qu'au Maroc, les travailleurs du secteur informel bénéficient de mesures d'accompagnement leur permettant de supporter le poids des pertes économiques. Mais ce type d'initiatives est loin d'être généralisé dans la plupart des pays à fort taux d'économie informelle féminine; un secteur ne disposant déjà que de très peu de soutien en temps normal.

Ainsi, les efforts d'autonomisation des femmes entrepris depuis des décennies sont menacés dans certaines régions défavorisées, où de nombreuses femmes risquent de perdent leur indépendance si durement acquise, pour se retrouver confrontées à la violence économique, à laquelle elles avaient tout juste échappé.

-Préserver les acquis en matière d'éducation-

La crise sanitaire mondiale a l'avantage de mobiliser des personnalités du monde entier, y compris la cadette des militants altermondialistes, la jeune suédoise Greta Thunberg, qui, du haut des ses 17 ans, a lancé une campagne avec l'Unicef visant à protéger les enfants subissant les conséquences de la crise du coronavirus, à commencer par la privation d'éducation dans les pays n'ayant pas la capacité de dispenser des cours à distance.

L'adolescente, connue pour ses coups de gueule contre le réchauffement climatique, a remis 100.000 dollars à l'agence onusienne, pour soutenir "la lutte contre la violence et le recul de l'éducation" provoqués par la fermeture des écoles en raison du confinement.

Le 20 mai, le Programme des Nations Unies pour le Développement a indiqué que le développement humain était en voie de régression pour la première fois depuis des décennies, à cause des conséquences de la pandémie. Actuellement, 60% des enfants ne reçoivent pas d'éducation, selon le PNUD.

Un mois plus tôt, l'Unesco estimait à 826 millions le nombre d'élèves et d'étudiants n'ayant pas accès à un ordinateur à domicile, en pleine période d'enseignement à distance obligé.

Dénonçant une "fracture numérique préoccupante", l'ONU ajoute que 706 millions d'apprenants, dont une grande partie en Afrique, n'ont d'ailleurs pas internet à la maison...

Par ailleurs, "des adolescentes qui ne vont plus à l'école pourraient ne jamais y retourner", a mis en garde Antonio Guterres, craignant que "les progrès perdus ne mettent des années à revenir".

Estimant que les gouvernements doivent "être responsables de la protection sociale et garantir la santé, les droits et le bien-être des adolescents en période de fermeture des écoles", les 39 ministres de la déclaration du 6 mai soulignent pour leur part que "les besoins en matière de santé sexuelle et reproductive, y compris les services de soutien psychosocial et de protection contre la violence sexiste, doivent être prioritaires".

Les progrès réalisés en matière de scolarisation et autres droits des filles, subissent en effet un double revers du fait de la crise sanitaire, repoussant des agendas prioritaires plutôt que de les recentrer, de les redéfinir sans écarter l'aspect genre du nouveau contexte.

Kemi Olajuwon, Nigériane de 12 ans, manque régulièrement l’école pour vendre du poisson fumé à Lagos et ainsi gagner de l’argent pour sa famille et ses frais de scolarité. (AP)
Kemi Olajuwon, Nigériane de 12 ans, manque régulièrement l’école pour vendre du poisson fumé à Lagos et ainsi gagner de l’argent pour sa famille et ses frais de scolarité. (AP)

Et la manière dont les différents pays gèrent l'aspect genre -que ce soit au plan national ou international- en cette période de pandémie, sera probablement révélatrice du chemin qu'il reste à parcourir, après la longue marche entreprise depuis la première conférence mondiale sur les femmes au Mexique en 1975 jusqu'a celle de Beijin en 1995.

Une situation qui a de quoi inciter les cellules de veille des milieux progressistes à ne pas baisser la garde. C'est notamment le cas de la FAR, l'Alliance Féministe pour les Droits, basée au New Jersey, qui a également coordonné une déclaration mondiale pour demander aux États d’adopter une politique féministe, afin, dit-elle, "de relever les défis exceptionnels posés par la pandémie COVID-19, tout en respectant les droits humains."

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Le policier impliqué dans la mort de George Floyd inculpé, couvre-feu à Minneapolis

Des agents de police se tiennent à l'extérieur du domicile en Floride de l'ancien officier de police de Minneapolis, Derek Chauvin, accusé du meurtre de George Floyd  en Floride. (REUTERS / Scott Audette)

Le policier mis en cause dans la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, lors d'une interpellation létale en début de semaine à Minneapolis a été arrêté et inculpé d'homicide involontaire ont annoncé vendredi les autorités locales. Un couvre-feu a été décrété vendredi à Minneapolis.

"L'ancien officier de police de Minneapolis Derek Chauvin a été inculpé par le bureau du procureur du comté de Hennepin de meurtre (au 3ème degré) et d'homicide involontaire", a annoncé vendredi le procureur Mike Freeman du comté de Hennepin, où se trouve la ville de Minneapolis.

La famille de cet homme de 46 ans, à qui le président Donald Trump a annoncé avoir parlé, a salué l'arrestation du policier comme un premier pas sur "la voie de la justice", mais l'a jugée "tardive" et insuffisante.

"Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir les autres agents (impliqués) arrêtés", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Quelques instants plus tôt, les autorités locales avaient annoncé l'arrestation de M. Chauvin, qui avait été démis de ses fonctions.

Pour l'instant, seul le policier Derek Chauvin "a été placé en détention", a déclaré le commissaire John Harrington, du département de la Sécurité civile du Minnesota.

Une vidéo devenue virale montre ce policier blanc plaquer au sol George Floyd et maintenir son genou sur son cou pendant de longues minutes, alors que M. Floyd disait ne plus pouvoir respirer.

Depuis la diffusion de cette vidéo des manifestations tournant à l'émeute ont éclaté à Minneapolis, notamment aux abords du commissariat où travaillaient les quatre policiers impliqués dans cette affaire, et dans d'autres villes de la région.

Des enquêtes fédérales et locales ont été ouvertes pour établir leurs responsabilités.

Ce drame rappelle la mort d'Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs.

Lui aussi avait dit "Je ne peux pas respirer", une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter ("La vie des Noirs compte").

Inde: des singes s'emparent d'échantillons de test sanguins pour le Covid-19

Un singe macaque prend une mangue offerte par un homme au bord de la route à Hua Hin le 29 mai 2020. (Photo de Jack TAYLOR / AFP)

Des singes ont dévalisé un soignant près de New Delhi et se sont emparés d'échantillons de tests sérologiques pour le Covid-19, suscitant la crainte que les primates, qui se livrent fréquemment au pillage, ne contribuent à propager le nouveau coronavirus.

Les singes se sont emparés de trois échantillons cette semaine à Meerut, près de New Delhi, avant de s'enfuir et de grimper sur des arbres à proximité. L'un d'eux a machouillé son butin.

Mais les échantillons, découverts plus tard, n'ont pas été endommagés, a déclaré vendredi à l'AFP le directeur de la faculté de médecine de Meerut Dheeraj Raj, après que des images du vol sont devenues virales sur les réseaux sociaux.

"Ils étaient encore intacts et nous ne pensons pas qu'il y ait un risque de contamination ou de propagation", a déclaré M. Raj.

Les trois personnes dont les échantillons sanguins ont été volés par les singes ont subi de nouveaux tests.

Le nouveau coronavirus a été détecté chez des animaux, bien que le risque de transmission de l'animal aux humains ne soit pas confirmé.

Les autorités indiennes sont en permanence confrontées au problème des singes voleurs, qui dérobent de la nourriture ou même des téléphones portables.

Dans de nombreuses zones rurales, les agriculteurs, dont les récoltes sont pillées par des bandes de singes, ont demandé l'intervention des autorités locales pour contrôler leur population.

Les autorités municipales de New Delhi ont eu recours à des singes langurs à longue queue pour affronter et repousser d'autres singes, plus petits, des abords du parlemen indien.

En Inde 175 nouveaux décès dus au Codiv-19 ont été enregistrés en 24 heures, portant vendredi le bilan des morts à un total de 4.706, selon les chiffres officiels.

L'Inde, pays très vulnérable à la propagation du nouveau coronavirus avec ses mégapoles surpeuplées et son système de santé défaillant, a enregistré des nombres records de nouveaux cas au cours des derniers jours.

Un ex-employé de Samsung, qui a passé un an au sommet d'une tour, met fin à son action

Le logo de Samsung Electronics dans l'usine de l'entreprise à Tijuana, au Mexique, le 1er juin 2019. REUTERS / Jorge Duenes

Un employé de Samsung qui a passé plus d'un an au sommet d'une tour à Séoul pour protester contre son licenciement, a mis fin vendredi à son action après être parvenu à une entente avec le conglomérat sud-coréen de l'électronique, auquel il reprochait sa politique d'interdiction des syndicats.

Kim Yong-hee, 60 ans, affirme qu'il a été licencié en 1995 pour avoir tenté de mettre en place un syndicat.

Après avoir pendant plus de vingt ans demandé en vain à Samsung des excuses et une réintégration, il est monté en 2019 au sommet de la vertigineuse tour de surveillance de la circulation, une mince colonne située dans le quartier commercial de Gangnam, près des bureaux de Samsung Electronics.

Il est resté 354 jours perché sur l'étroite plate-forme au sommet de la tour, comptant sur ses soutiens qui lui apportaient de la nourriture, des vêtements et des batteries pour téléphone portable, qu'il hissait à l'aide d'une corde.

Après être parvenu à un accord avec le groupe jeudi, dont le contenu n'a pas été dévoilé, Kim a regagné le sol vendredi soir, accueilli par ses partisans avec un bouquet de fleurs.

L'espace dont il disposait était "si petit" qu'il ne pouvait même pas allonger ses jambes, a-t-il raconté à l'AFP.

"J'ai souffert de crises de panique et j'ai dû contamment lutter contre la tentation de sauter ... J'espère que Samsung va à présent réellement garantir (le droit) aux activités syndicales à tous les employés", a-t-il ajouté.

En mars, l'héritier de Samsung, Lee Jae-yong, actuellement poursuivi par la justice pour corruption, avait présenté ses excuses pour la politique antisyndicale qui a longtemps prévalu dans l'entreprise. Pendant près d'un demi-siècle, jusqu'en 2019, Samsung a réussi avec succès à contrer toutes les tentatives de création d'un syndicat.

Lee Sang-hoon, ancien président de Samsung Electronics, avait été condamné en 2019 à une peine de prison pour avoir saboté les activités syndicales dans l'entreprise.

Dans un communiqué, le groupe a présenté ses excuses à Kim pour "n'avoir pas réussi à régler rapidement le problème".

Son action de protestation a représenté "un effort surhumain", a estimé Vladimir Tikhonov, professeur aux Etudes coréennes à l'Université d'Oslo. "Samsung l'a maintenu en haut pendant un an, cela montre à tous les autres candidats syndicalistes de ses entreprises que s'il veulent le combat, le combat sera cruel", a-t-il déclaré à l'AFP.

Samsung est le plus important des conglomérats sud-coréens qui ont contribué à faire de la Corée du Sud la 12e économie du monde.

Samsung Electronics est le plus important fabriquant de smartphones dans le monde.

Les États-Unis rompent avec l'OMS, avenir incertain pour l'Éthiopien Tedros Ghebreyesus

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, assiste à une conférence de presse quotidienne sur le nouveau coronavirus, ouCOVID-19, au siège de l'OMS le 2 mars 2020 à Genève. (Photo AFP)

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi qu'il met fin à la relation entre son pays et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qu'il accuse depuis le début de la pandémie de coronavirus de se montrer trop indulgente avec Pékin.

"Parce qu'ils ont échoué à faire les réformes nécessaires et requises, nous allons mettre fin aujourd'hui à notre relation avec l'Organisation mondiale de la Santé et rediriger ces fonds vers d'autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent", a déclaré M. Trump devant la presse.

"Le monde souffre aujourd'hui des méfaits du gouvernement chinois", a déclaré M. Trump dans un discours prononcé à la roseraie de la Maison Blanche. "D'innombrables vies ont été perdues et de profondes difficultés économiques ont été infligées dans le monde entier".

Aussi choquante qu'elle soit, la déclaration du chef de l'exécutif américain était prévisible. La semaine dernière le président Trump avait menacé de couper la contribution financière américaine à cette agence de l'ONU chargée de sauvegarder la santé publique dans le monde.

Donald Trump n'est pas le seul à penser ainsi.

Selon le magazine américain Foreign Policy, l'OMS "va de scandale à scandale", depuis le leadership de la Chinoise Margaret Chan, nommée directrice générale en 2006, et de son successeur depuis 2017, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ancien ministre de la santé de l'Éthiopie.

Mais pour le quotidien New York Times, le président Trump tente de blâmer la Chine et l'OMS pour distraire de sa propre gestion calamiteuse d'une crise qui a tué plus de 100 000 personnes aux États-Unis.

La décision de Trump est un coup dur pour l'agence onusienne de santé. Selon le New York Times, les États-Unis sont le plus grand donateur de l'OMS, contribuant à hauteur d'environ 20 % de son budget en 2018 et 2019.

L'exit du plus grand contributeur sonne-t-elle le glas pour le directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus? Difficile de le dire pour l'instant.

Au Brésil, des tests génétiques pour un dépistage de masse du coronavirus

Des travailleurs médicaux déplacent un nouveau patient atteint de coronavirus pour être traité à l'hôpital Dr Ernesto Che Guevara de Marica, Brésil, le 21 mai 2020.

Un hôpital de Sao Paulo a développé une nouvelle technologie pouvant augmenter de façon considérable la capacité de dépistage du coronavirus qui fait cruellement défaut au Brésil, grâce à des tests génétiques.

Avec un séquençage nouvelle génération, l'analyse génétique développée par l'hôpital de référence privé Albert Einstein permet d'identifier l'acide ribonucléique (ARN) du virus.

Les échantillons sont collectés à partir de sécrétions prélevées à l'aide de cotons-tiges, dans la bouche et dans le nez, pour des résultats sous 72 heures.

Mais le principal avantage de cette méthode innovante est qu'elle permet d'analyser 16 fois plus de tests en une seule fois que la méthode virologique RT-PCR, la plus utilisée actuellement. Elle permet 1.536 analyses simultanées, contre 96 pour le RT-PCR.

Avec six machines mises en service dès le mois de juin, l'hôpital pourra réaliser 9.000 tests supplémentaires par jour, en plus des 2.000 RT-PCR effectués actuellement.

"Cela permet de révolutionner le dépistage au Brésil, en permettant des tests de masse, sur une échelle bien plus large et à moindre coût, sans la nécessité d'importer des produits", explique Sidney Klajner, président de l'hôpital, qui a déposé un brevet international pour cette technologie.

Actuellement, le nombre de cas confirmés de Covid-19 au Brésil est largement sous-estimé, la capacité de dépistage étant si réduite que la grande majorité des personnes testées présentent déjà des symptômes graves de la maladie, dans ce pays aux dimensions continentales de 210 millions d'habitants.

Le dernier bilan officiel du ministère de la Santé fait état de 438.238 cas confirmés, ce qui fait du Brésil le deuxième pays au monde en termes de personnes infectées et le sixième en ce qui concerne les décès, avec 26.417 morts déplorés.

Les laboratoires publics et privés avaient totalisé jusqu'au 26 mai 871.839 tests RT-PCR, pour un taux de 4.251 tests par million d'habitants, cinq fois moins qu'en France et 12 fois moins qu'aux Etats-Unis.

"Nous savons que le manque de tests limite la possibilité d'adoption de mesures pour éviter que le virus ne se répande", souligne Joao Renato Rebello Pinto, qui coordonne l'un des laboratoires de recherche de l'hôpital.

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