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Augmentation de près de 60% des appels d'urgence pour violences conjugales en Europe

Jeune italienne participant à une marche lors de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes et les filles, Rome, 25 novembre 2017. (AP Photo/Gregorio Borgia)

Les services d'urgence à travers l'Europe ont enregistré une hausse allant jusqu'à 60% des appels de femmes victimes de violences conjugales pendant le confinement lié à la lutte contre le coronavirus, alerte l'OMS Europe.

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, les violences intrafamiliales, envers un conjoint ou un enfant, tendent à augmenter en période de crise, notamment avec les mesures de restriction et de confinement mises en place pour limiter la propagation du nouveau coronavirus.

"Les Etats membres font état d'une augmentation allant jusqu'à 60% des appels d'urgence de femmes victimes de violences de la part de leur partenaire en avril cette année, par rapport à l'année dernière", a déclaré le directeur de la branche Europe de l'OMS, Hans Kluge, lors d'une conférence de presse diffusée en ligne depuis Copenhague.

"Les signalements sont en hausse dans presque tous les pays", a souligné une experte de l'organisation, Isabel Yordi.

L'agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive (UNFPA) a estimé que 31 millions de cas supplémentaires de violences familiales seraient à déplorer dans le monde si le confinement se poursuivait encore six mois.

Avant l'épidémie, un quart des femmes et un tiers des enfants dans la région avaient été sujets à des violences au cours de leur vie.

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Les campagnes de vaccination perturbées, 80 millions d'enfants menacés

Seth Berkley, PDG de GAVI Alliance lors de la session «Rising to a Global Challenge: The 15th Anniversary of GAVI» dans la station de montagne suisse de Davos, le 22 janvier 2015. REUTERS / Ruben Sprich /

Environ 80 millions d'enfants de moins d'un an dans 68 pays risquent de contracter des maladies contagieuses, comme la rougeole, car la pandémie de Covid-19 limite les vaccinations de routine, ont averti l'OMS, l'Unicef et Gavi vendredi.

"Cette donnée est alarmante. C'est quelque chose que nous n'avons jamais vu de toute notre vie", a déclaré le Dr Seth Berkley, directeur exécutif de l'Alliance du vaccin (Gavi), au cours d'une conférence de presse virtuelle.

Ce cri d'alarme est lancé à quelques jours du Sommet mondial sur la vaccination qui sera virtuellement accueilli le 4 juin par le Royaume-Uni.

Comme l'expliquent l'Organisation mondiale de la santé, le Fonds des Nations unies pour l'enfance et Gavi dans un communiqué, la pandémie limite la vaccination de routine pour plusieurs raisons.

Certains parents hésitent à sortir de chez eux en raison des mesures de limitation de mouvement, du manque d'information ou parce qu'ils craignent d'être infectés par le coronavirus responsable de la maladie Covid-19. En outre, de nombreux agents de santé ne sont pas disponibles en raison des restrictions de déplacement ou de leur réaffectation à des tâches relatives à la lutte contre la pandémie.

Et alors que la pandémie a cloué au sol de nombreux avions, des problèmes de logistiques et de transports perturbent l'acheminement des vaccins, a expliqué aux médias la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

Depuis mars, les services de vaccination systématique des enfants en particulier contre la roougeole poliomyélite, mais aussi contre le choléra, la méningite et le tétanos notamment, sont ainsi perturbés à un niveau sans précédent depuis le lancement des programmes élargis de vaccination dans les années 1970.

Selon les données recueillies par l'ONU et Gavi, le fonctionnement des services de vaccination systématique est considérablement perturbé dans au moins 68 pays, ce qui pourrait affecter environ 80 millions d'enfants âgés de moins d'un an.

Fin mars, craignant que les rassemblements de masse pour les campagnes de vaccination ne favorisent la propagation du Covid-19, l'OMS avait recommandé aux pays de suspendre provisoirement celles qui étaient menées à visée préventive, le temps d'évaluer les risques et de mettre en place des mesures efficaces pour réduire la transmission du coronavirus.

Après avoir évalué la situation, l'OMS conseille désormais "aux pays de procéder à une évaluation spécifique des risques en fonction de la dynamique locale de propagation du coronavirus, des capacités de leur système de santé et de l'intérêt pour la santé publique de mener des campagnes de vaccination".

La France va devoir faire face à son tour aux faillites et aux licenciements

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse en marge des assemblées annuelles Banque mondiale / FMI à Washington, le 18 octobre 2019.

Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a mis en garde vendredi contre les faillites et les licenciements inéluctables "dans les mois qui viennent", dans un pays jusqu'à présent épargné grâce à de vastes dispositifs de soutien.

La crise du Covid-19 a mis un coup d'arrêt brutal à l'économie partout dans le monde. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certains pays.

Aux États-Unis, le taux de chômage a explosé, atteignant 14,7% en avril, contre 3,5% en février (son plus bas niveau depuis 50 ans). Au total, 38,6 millions de personnes ont demandé une allocation chômage depuis l'arrêt de l'économie mi-mars.

En Amérique latine, 11,5 millions de personnes supplémentaires vont être au chômage en 2020, en raison de la pandémie, selon un récent rapport de deux agences onusiennes.

La France semblait jusqu'à présent relativement épargnée. Le nombre de chômeurs a certes progressé de 7,1% sur un mois en mars, mais cela s'explique essentiellement par le non-renouvellement des contrats à durée déterminée et de missions d'intérim ou des reports/annulations d'embauches.

Principal rempart contre les vagues de licenciements : la prise en charge par l’État du chômage partiel, un dispositif dont 8,6 millions de salariés auraient bénéficié, selon une estimation du ministère du Travail.

"L’Etat n'a pas hésité à dépenser", il s'agit d'une "mesure très centrale de soutien à l'économie qui a permis de sauvegarder des emplois", a déclaré à l'AFP Anne Eydoux, maîtresse de conférence en économie au Conservatoire national des Arts et Métiers.

Le gouvernement souhaite toutefois réduire progressivement à partir de juin ce dispositif de chômage partiel, une mesure à laquelle s'oppose notamment le syndicat patronal Medef. De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande d'attendre septembre pour une réduction "sensible" de la prise en charge, anticipant des licenciements.

La situation va en effet se noircir : "Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent", a prévenu sur la radio Europe 1 Bruno Le Maire.

- Entreprises "non profitables" -

Les faillites vont se produire "petit à petit", mais il est "extrêmement compliqué" de prévoir précisément à quoi s'attendre, a indiqué à l'AFP Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon lui, le nombre de disparitions d'entreprises dépendra notamment du retour ou non de la consommation, et du soutien que le gouvernement proposera aux entreprises.

"La capacité de rebond de la demande est plus forte en France qu'ailleurs, puisque les ménages ont un revenu qui s'est mieux maintenu" grâce au chômage partiel, a relevé M. Heyer.

"La consommation va repartir dans certains secteurs qui pourront rattraper une partie du retard, mais pas dans d'autres où la facture va s'alourdir", a-t-il cependant expliqué.

Le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, encore à l'arrêt, sont particulièrement en danger, ainsi que certaines branches industrielles, telles que l'automobile et l'aéronautique, pour lesquelles le gouvernement doit présenter prochainement des plans de soutien spécifiques.

Les petites entreprises sont menacées tout comme de grands fleurons français, à l'instar du constructeur automobiliste Renault - qui "joue sa survie", selon les mots de Bruno Le Maire.

Autre difficulté pour les sociétés: les mesures sanitaires entraînent des coûts supplémentaires et ralentissent la production. "Beaucoup d'entreprises - mais c'est très difficile à chiffrer aujourd'hui - vont devenir non profitables pour une durée que ni vous ni moi on ne sait estimer", a souligné lors d'une audition à l'Assemblée nationale le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

Les syndicats sont déjà en alerte. La CFDT, premier syndicat de salariés, qui s'attend à ce que la crise soit sévère, appelle à une "mobilisation générale sur l'emploi". Force Ouvrière réclame "un contrôle strict des procédures de suppressions d'emplois, afin d'empêcher les licenciements quand une entreprise a bénéficié ou bénéficie d'aides publiques en particulier".

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