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États-Unis

Une sénatrice républicaine réélue dans le Mississippi

La Sénatrice républicaine américaine Cindy Hyde-Smith pendant la soirée électorale à Jackson (Mississippi) le 27 novembre 2018.

Donald Trump a consolidé sa majorité républicaine au Sénat avec la victoire dans le Mississippi d'une candidate controversée pour des propos aux échos racistes, à l'issue du dernier scrutin des élections de mi-mandat qui débouchent sur un Congrès américain divisé.

Deux meetings à la veille du vote, tweet d'encouragement à l'ouverture des urnes: le président américain n'avait pas ménagé ses efforts pour assurer la victoire de Cindy Hyde-Smith.

Sa réélection, a priori garantie dans cet Etat profondément conservateur, était en effet soudainement apparue compromise ces derniers jours après des propos aux teintes racistes qui avait choqué, dans un Mississippi encore profondément marqué par le passé violent de la ségrégation.

Cet Etat pauvre et conservateur a finalement confirmé son statut de fief républicain, en donnant un confortable avantage à la sénatrice républicaine sortante: Cindy Hyde-Smith a battu mardi son opposant démocrate, Mike Espy, lors de ce deuxième tour, avec quelque 55% contre 45% des voix, selon les chaînes NBC et FOX.

"Nous sommes tous très fiers de vous!" a rapidement tweeté Donald Trump, la félicitant pour la "grande VICTOIRE".

"Monsieur le président, merci pour toute votre aide", a déclaré Cindy Hyde-Smith après les résultats. "Cette victoire tient à nos valeurs conservatrices."

Après des élections de mi-mandat toujours perçues comme un référendum sur le président aux Etats-Unis, les républicains renforceront donc leur contrôle du Sénat à la prochaine rentrée parlementaire en janvier, avec 53 sièges sur 100, contre 51 aujourd'hui.

Mais la "vague démocrate" s'est en revanche bien matérialisée à la Chambre des représentants, où l'opposition à Donald Trump détiendra une nette majorité.

Devant ses supporteurs dans le Mississippi, le président républicain avait donc martelé lundi soir avoir "besoin de tous les votes républicains possibles au Sénat" pour défendre son programme sur l'immigration, le droit de porter des armes, les baisses d'impôts et la lutte contre l'avortement.

- "Que le début" -

Moins d'un point séparait Cindy Hyde-Smith de Mike Espy lors du premier tour, le 6 novembre (41,5% contre 40,6%). Mais la républicaine avait alors souffert de la candidature d'un candidat d'extrême droite, qui avait siphonné 16,5% des voix.

Depuis, les sondages internes des partis avaient dû être assez serrés pour que les états-majors se rangent en ordre de bataille.

Face à la tournée de Donald Trump lundi, les démocrates avaient récemment déployé deux sénateurs noirs populaires: Kamala Harris et Cory Booker.

C'est Cindy Hyde-Smith elle-même qui avait grippé la campagne bien huilée pour sa réélection, avec plusieurs commentaires immédiatement perçus comme ayant une connotation raciste dans cet Etat où la mémoire des nombreux lynchages de Noirs, perpétrés jusqu'à la fin des années 1960, reste douloureuse.

En présentant l'un de ses partisans devant quelques supporteurs, Cindy Hyde-Smith, 59 ans, a ainsi affirmé qu'elle se placerait "au premier rang" si celui-ci l'invitait à une "pendaison publique". A une autre occasion, elle a salué la "superbe idée" de restreindre l'accès aux urnes des étudiants progressistes, alors que plusieurs Etats ont été accusés de limiter le vote des minorités.

Des mots maladroits qui ont été détournés, s'est défendue Cindy Hyde-Smith.

Les critiques n'ont pas cessé pour autant dans cet Etat où la population noire (37%) est la plus élevée des Etats-Unis.

Un journal local a révélé ce week-end, que la sénatrice sortante, puis sa fille, avaient étudié dans des écoles privées permettant d'éviter aux élèves blancs de partager les salles de classe avec des camarades noirs.

Google, les supermarchés Walmart, la ligue américaine de baseball: plusieurs grands noms ont publiquement demandé à Cindy Hyde-Smith qu'elle leur rembourse les fonds versés à sa campagne.

Ayant fait campagne sur un message rassembleur pour tenter de mobiliser l'électorat noir, les abstentionnistes mais aussi plus de 20% des Blancs nécessaires à sa victoire, Mike Espy, ancien élu noir de la Chambre et ex-membre du cabinet de Bill Clinton, avait affirmé vouloir "combler les différences". En vain.

Mais à 64 ans, il s'est montré optimiste après la défaite, sur Twitter, avec la prochaine sénatoriale et l'élection présidentielle de 2020 en vue: "Ne vous y trompez pas, ce soir n'est que le début".

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Washington sanctionne une société chinoise accusée de soutenir la censure au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, montre lors d'une apparition télévisée des équipements saisis, Caracas, 4 mai 2020.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l'électronique, accusée d'aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir sur internet.

Le Trésor américain va geler les éventuels avoirs aux États-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d'État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent aussi l'accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l'entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

La société chinoise offre, d'après le Trésor américain, une "version commerciale du +Great Firewall+ de Pékin" -- jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall) pour décrire le filtre mis en place par le pouvoir communiste afin d'éviter tout accès des Chinois à des informations qu'il juge politiquement sensibles.

"Les États-Unis n'hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d'autres à travers le monde", a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela du président Nicolas Maduro, qui résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

Caracas organise dimanche des élections législatives à l'occasion desquelles le dirigeant socialiste espère reprendre le contrôle de l'Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l'opposition.

Juan Guaido appelle au boycott de ce qu'il considère, à l'instar de nombreux observateurs internationaux, comme un processus truqué.

Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC "soutient les efforts vicieux du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017".

"Les tentatives désespérées de Maduro pour manipuler les processus démocratiques montrent sans l'ombre d'un doute que toute élection organisée par un régime illégitime ne sera ni libre ni juste, à commencer par les élections parlementaires du 6 décembre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

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