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Une rentrée scolaire sous le signe du masque en Europe


Des élèves portant le masque au Texas. (AP Photo/LM Otero, File)

Après six mois de scolarité en pointillés, des millions d'élèves de France, Belgique ou Grande-Bretagne ont fait leur rentrée ce mardi, le plus souvent masqués, dans des établissements scolaires qui ont dû bouleverser leur organisation face au spectre d'une résurgence du Covid-19.

Les petits Français, Belges et Britanniques ont ouvert le traditionnel bal du mois de septembre. Leurs pairs allemands, nord-irlandais ou écossais les avaient précédés en août.

Ecoliers, collégiens et lycéens n'ont pas retrouvé l'école "d'avant", compte tenu des mesures sanitaires inédites entourant cette rentrée (effectifs réduits en Grèce, ou en Serbie, horaires décalés en Grande-Bretagne, masques obligatoires...).

Tandis que presque partout en Europe, le nombre de contaminés a recommencé à augmenter, les autorités veulent éviter que les établissements scolaires ne deviennent des foyers de diffusion de l'épidémie de coronavirus.

Mais leur objectif est aussi de repêcher les décrocheurs. L'Unesco a averti mardi que seulement un élève sur trois dans le monde, sur un total de 1,5 milliard, va retrouver son établissement en cette fin d'été, les autres restant "sans école" ou "dans l'incertitude" liée à un enseignement qui sera dispensé à distance, totalement ou partiellement.

"Pas de risque zéro"

En France, 12,4 millions d'élèves ont commencé à être accueillis mardi, en suivant des prescriptions très précises. Notamment le masque obligatoire pour enseignants et élèves à partir de 11 ans, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Julie Siata, professeure d'anglais à Marseille se demandait mardi "comment réussir à connecter avec les jeunes avec la moitié du visage cachée par un masque ?"

A Bruxelles, Martin, bientôt 13 ans, s'est dit à la fois "enthousiaste" de revoir ses amis et "stressé" par les conditions particulières de cette rentrée où tous les collégiens et lycéens belges d'au moins 12 ans doivent se présenter masqués.

Dans d'autres pays, les enfants sortiront par rotations en récréation pour éviter des cours bondées. C'est le cas de la Grèce où la rentrée prévue le 7 septembre a été retardée d'une semaine, le temps que tout le monde rentre de vacances. Le masque sera obligatoire pour élèves et enseignants et "distribué gratuitement dans le public comme le privé", selon le ministre de l'Education Niki Kerameus.

En Grande-Bretagne, il est déconseillé aux parents d'élèves de rester dans l'établissement à discuter trop longtemps avec d'autres géniteurs. A Londres, la société des transports a mis en place des autobus spéciaux pour transporter les élèves. Les autorités encouragent aussi les élèves à marcher ou à se rendre à vélo à l'école, alors que les revirements du gouvernement sur le port du masque au collège ont suscité des critiques.

"Les écoles sont bien plus sûres que les autres endroits même s'il n'y a pas de risque zéro dans une épidémie", a prévenu le premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

Dans ce pays particulièrement touché, la rentrée s'échelonnera entre le 4 et le 15 septembre selon les régions, c'est dès six ans que les enfants devront porter le masque à l'école, et à tout moment.

"important pour leur bien-être"

Autre préoccupation de cette rentrée: le retour à l'école d'enfants dont certains, surtout dans les milieux défavorisés, ont totalement décroché pendant le confinement.

En France, en Belgique et ailleurs, après deux mois de confinement de mi-mars à mi-mai, seuls certains niveaux jugés prioritaires avaient pu retourner en classe avant la coupure de l'été. Ailleurs, les écoles sont fermées depuis plus de six mois, comme en Italie, premier pays européen touché par l'épidémie à la fin février.

La Belgique, l'un des pays les plus endeuillés au monde avec près de 10.000 morts pour 11,5 millions d'habitants, a entouré le retour en classe de nombreuses précautions, comme l'obligation de limiter à cinq personnes au-delà de son foyer les "contacts sociaux rapprochés" (à moins d'1,50 m sans masque) jusqu'au 1er octobre.

Mais la Première ministre Sophie Wilmès a jugé "fondamental que les enfants puissent reprendre une vie scolaire aussi normale que possible".

Une opinion partagée en Grande-Bretagne.

Critiqué pour sa gestion de la pandémie qui a fait plus de 41.000 morts au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson s'emploie depuis plusieurs jours à rassurer parents et élèves.

Le ministre de l'Education Gavin Williamson a souligné à quel point ce retour à l'école "est important pour l'éducation des enfants mais aussi pour leur développement et leur bien-être".

En Italie, le gouvernement a promis une "rentrée en sécurité" alors que le retour en classe, prévu à compter du 14 septembre, suscite de fortes préoccupations. Tout un éventail de mesures sont prévues: distanciation, port du masque, horaires décalés, rotations dans les cantines.

Et particularité locale, le gouvernement a acheté 2,5 millions de pupitres à forme spéciale pour garantir la bonne distance entre les 8,3 millions d'élèves.

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