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Une pétition contre le golf de Donald Trump en Ecosse examinée jeudi

Un homme tient une balle de golf rouge avec une croix gammée pendant que le candidat républicain à la présidence américaine Donald Trump, à l’arrière droite, coiffé d’une casquette blanche, est sur le point de donner un discours sur la cours de golf Trump

Le golf du président américain Donald Trump près d'Aberdeen, dans le nord-est de l'Ecosse, continue de provoquer la colère des riverains, dont une pétition sera examinée jeudi par les autorités locales.

Alors que le conseil d’Aberdeenshire avait prévu d'examiner un projet d'extension du parcours de golf du milliardaire, il se penchera à la place sur une pétition réclamant des "excuses" des autorités locales pour avoir autorisé sa construction, selon l'ordre du jour publié sur son site internet.

Le parcours de golf connu sous le nom de Trump International Golf Links a ouvert en 2012. Le magnat américain, qui a des origines écossaises, avait promis de créer 6.000 emplois et d'investir un milliard de livres (1,13 milliards d'euros), des promesses qui ne se sont jamais concrétisées. La Trump Organization a dépensé 100 millions de livres (113 millions d'euros) sur le site, et employé jusqu'à 650 personnes, intérimaires compris.

"Le conseil a soutenu la destruction d'un site protégé irremplaçable sur la base de promesses exagérées et irréalistes d'emplois et d'investissement qui ne se sont jamais matérialisées", indique le texte de cette pétition. Ses signataires réclament au conseil local des "excuses avec la promesse que des leçons en soient tirées".

La Trump Organization prévoit aujourd'hui d'étendre le site, avec la construction de plus de 500 maisons, un projet qui doit encore être examiné par les autorités locales.

Le président américain sera en visite d'Etat au Royaume-Uni du 3 au 5 juin. Il pourrait profiter de ce passage pour aller en Ecosse, ce qu'il avait fait en juillet 2018, se rendant sur son complexe hôtelier écossais de Turnberry (côte ouest) en marge d'une visite de travail dans le pays.

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Génocide au Rwanda: des rescapés s'impatientent de l'inaction du juge d'instruction à Paris

Un panneau de bienvenue à Bisesero, dans l'ouest du Rwanda, le 2 décembre 2020, où l'un des plus grands massacres du génocide rwandais de 1994 a eu lieu.

Des parties civiles dans l'enquête sur le rôle de l'armée française lors des massacres de Bisesero fin juin 1994, pendant le génocide au Rwanda, s'impatientent de l'inaction du juge d'instruction, selon un courrier envoyé lundi dont l'AFP a eu connaissance.

Dans cette lettre adressée aux trois magistrats instructeurs du pôle "crimes contre l'humanité" du tribunal judiciaire de Paris, les avocats des associations Survie, FIDH et LDH et de plusieurs parties civiles rappellent que dans cette information judiciaire ouverte en décembre 2005, un réquisitoire définitif de non-lieu avait été rendu le 28 avril 2021.

Les parties civiles ont le 31 mai suivant formulé des observations, comme le permet le code de procédure pénale, pour demander que l'enquête soit relancée afin d'interroger plusieurs personnes, dont des membres de l'entourage de l'ancien président François Mitterrand(à la tête de l'Etat de 1981 à 1995).

"Depuis, aucune ordonnance n'a été rendue, aucun acte d'investigation n'a été réalisé", soulignent les avocats.

"Considérant, dans l'hypothèse où vous décideriez de clôturer cette instruction en dépit de votre devoir d'investigation qui vous a été rappelé, les parties civiles disposent de voies de recours qu'elles ne peuvent actuellement exercer à cause du statu quo de votre procédure après nos observations", poursuivent-elles.

Ce dossier sensible est emblématique de la controverse historique sur les objectifs de la mission militaro-humanitaire française Turquoise, déployée au Rwanda sous mandat de l'ONU pour faire cesser le génocide des Tutsi.

Selon l'ONU, les massacres ont fait plus de 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

Dans cette affaire, Survie, Ibuka, FIDH et six rescapés de Bisesero, parties civiles, accusent l'armée et la France de "complicité de génocide" pour avoir, selon eux, sciemment abandonné pendant trois jours les civils tutsi réfugiés dans les collines de Bisesero, dans l'ouest du pays, laissant se perpétrer le massacre de centaines d'entre eux par les génocidaires, du 27 au 30 juin 1994.

Pendant l'instruction, conclue en juillet 2018, cinq hauts gradés français - dont le chef de Turquoise, le général Jean-Claude Lafourcade - ont été entendus par les juges et sont restés placés sous le statut de témoin assisté, moins incriminant que celui de mis en examen (inculpé) qui ouvre, lui, la voie à un éventuel procès.

Fin avril 2021, peu de temps après la publication par la commission présidée par l'historien Vincent Duclert d'un rapport qui avait notamment pointé "l'échec profond" de la France lors des massacres de Bisesero, le parquet de Paris a requis un non-lieu.

"Toujours se justifier": des Français maghrébins oppressés par le débat identitaire

Le candidat à la présidentielle Eric Zemmour prononce un discours devant le Château de Villers-Cotterets, dans l'Aisne, le 15 janvier 2022.

Khadija ne se sent plus à sa place, Linda n'allume plus la télé, Kamel n'en peut plus de devoir toujours être "le bon Arabe". Ils sont Français d'origine maghrébine, musulmans, et oscillent entre colère et désespoir face à une parole anti-islam et anti-immigration de plus en plus radicale et décomplexée.

Issus de familles algérienne et marocaine d'origine modeste, ces trois Français de la classe moyenne, qui n'ont pas souhaité donner leurs noms de famille, racontent leur sentiment de "ne plus être les bienvenus", dans un pays où la parole se libère, portée notamment par le candidat d'extrême droite Eric Zemmour et par les débats récurrents autour des liens entre islam et jihadisme.

Les discours violents contre l'immigration - question particulièrement sensible en France en raison du passé colonial et de l'arrivée massive de Maghrébins dans les années 50-60 - n'ont certes rien de nouveau, et ces quadragénaires n'ont pas oublié les diatribes de l'ancien chef d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen jusqu'à son arrivée surprise au second tour de la présidentielle en 2002.

Le débat sur la place de l'islam en France est aussi régulièrement alimenté par des polémiques, comme sur le port du voile, alors que le nombre d'habitants de confession ou de tradition musulmane sur le territoire métropolitain atteint près de 9% de la population.

Mais pour ces trois personnes interrogées par l'AFP, une parole extrémiste aujourd'hui se banalise, favorisée par une médiatisation exceptionnelle.

Les antiennes d'Eric Zemmour, accusant les immigrés d'être responsables du déclin de la France ou assénant que l'islam n'est pas compatible avec la République, occupent depuis des mois une grande partie du débat politique dans un pays en campagne présidentielle.

La théorie complotiste du "grand remplacement" de la population européenne par des populations africaine et maghrébine fait désormais l'objet de débats sur des plateaux télé.

"La plus neutre possible"

"Je me sens mal, très mal. J'ai l'impression que la France d'aujourd'hui crache sur mes grands-parents qui se sont battus pour la libérer, sur mes parents venus construire ses routes, et sur moi, qui ai pourtant respecté toutes les règles de la démocratie et de l'intégration", s'emporte Khadija, une assistante sociale en entreprise dans le Loiret (centre).

"Il y a quelques jours, ma fille de 5 ans m'a dit qu'elle n'aimait pas être Arabe", raconte, encore choquée, cette femme de 38 ans, qui dit "vivre dans le suspicion permanente, ne plus savoir ce qu'il y a derrière le sourire de la boulangère, ni ce que pensent vraiment les gens".

Le débat identitaire permanent heurte aussi de plein fouet Linda, une juriste de 38 ans, qui reproche aux responsables politiques, de gauche comme de droite, d'avoir laissé "la parole se déverser", et d'avoir surfé sur ces thèmes sensibles depuis des années.

"Je suis hyper en colère. J'ai toujours tout fait comme il faut, de bonnes études, je paye des impôts, et pourtant il faut toujours prouver qu'on a sa place, se justifier en permanence. Ce n'est jamais assez. Quotidiennement, on entend qu'on est un problème et que la France va à sa perte à cause de nous", s'exclame cette jeune femme, qui dit avec une triste ironie avoir "la chance de ne pas être trop typée". Même si, lorsqu'elle passe un entretien, elle se plaque les cheveux en chignon, cherche à être "la plus neutre et la moins maghrébine possible".

La libération de la parole ne commence pas avec Eric Zemmour. Chacun a son marqueur. Pour Khadija, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, "des choses ont commencé à se distiller, et puis c'est monté en puissance".

Pour Kamel, qui travaille dans le milieu associatif, "c'est le Bataclan", le massacre de 90 personnes venues assister à un concert par des jihadistes, dans le cadre d'une vague d'attentats islamistes qui a fait près de 150 morts pour la seule année 2015.

"Je me suis séparé d'une bonne partie de mes amis qui commençaient à lier musulman avec terrorisme" raconte-t-il.

Tentation du repli communautaire

Avec une émotion non feinte, cet homme dit avoir l'impression de "n'avoir jamais été reconnu en tant que Français", sauf lorsqu'il vivait aux Etats-Unis.

Pour le sociologue Ahmed Boubaker, indéniablement "un barrage a sauté", et il y a aujourd'hui une "totale désinhibition".

"Pour autant, je ne suis pas persuadé que la société française soit aussi raciste qu'on veut le dire. Ce sont les politiques qui courent après le pseudo-racisme de l'opinion, sans se rendre compte qu'ils le fabriquent", déplore-t-il.

Dans son petit cabinet de psychiatre à Montrouge, en banlieue parisienne, Fatma Bouvet de la Maisonneuve, Tunisienne mariée à un Français, constate que la question politique "prend énormément de place" dans ses consultations.

"Parfois je me dis que personne ne peut comprendre à quel point c'est violent", ajoute cette femme, auteur du livre "Une Arabe en France", en évoquant la tentation du repli communautaire.

"Franchement, des fois, on a juste envie de se retrouver entre Arabes pour se dire à quel point on va mal!", sourit-elle.

"A force de dire aux gens vous n'êtes rien, vous n'appartenez pas à ce pays, on les pousse dans un repli identitaire", abonde Kamel. Ou dans la tentation du départ, dit Linda, qui envisage de plus en plus de s'expatrier.

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