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Tchad

Une ONG tchadienne accuse les autorités d'être à l'origine des conflits intracommunautaires

Mahamat Nour Ibedou, secrétaire général de la CTDDH, une ONG nationale des droits de l'homme N'Djamena, le 28 janvier 2019. (VOA/André kodmadjingar)

Une ONG des droits de l’homme a rendu public les conclusions de son rapport sur les événements sanglants survenus entre 2016 et 2018 dans la province du Ouaddaï dans l’est du Tchad. Elle engage la responsabilité des autorités locales et centrales dans ces conflits qui ont occasionné la mort d’une centaine de personnes. Mais pour le gouvernement, ce rapport est sans fondement.

Dans ce rapport de 30 pages, la convention tchadienne de défense des droits de l’homme impute la responsabilité des massacres dans les conflits éleveurs/agriculteurs et dans les affrontements intercommunautaires de la province du Ouaddaï aux autorités locales.

Selon l’ONG, l’ex-gouverneur de ladite province lui-même éleveur a pris un acte pour raccourcir la période de la récolte afin laisser la latitude aux éleveurs pour faire paitre leurs troupeaux sans tenir compte de la maturation des grains en dépits de mise en garde des sages et autres chefs traditionnels. ​

N’Djamena responsable d’une centaine de morts à Ouaddaï, selon un rapport
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"Cet acte a octroyé un sauf conduit au berger et à leur troupeau pour envahir les champs des villageois dont les produits ne sont pas encore récoltés", souligne Mahamat Nour Ibédou, secrétaire général de la CTDDH. "Les conséquences de cet acte illégal et irresponsable ne se sont pas fait attendre. Un groupe d’éleveurs dont le nombre de bétails est estimé à 280 têtes de chameaux ont envahi les champs situés aux alentours du village Marga".

Pour lui, ces autorités administratives, civiles et militaires ont bel et bien reçu la bénédiction des autorités centrales dans la gestion de ces conflits.

"Ces responsables protègent systématiquement les bergers et leurs troupeaux et leur apportent une assistance pérennante au détriment des agriculteurs. Mieux ils sont équipés d’armes de guerre et une logistique importante leur aient fourni en cas de conflits avec les agriculteurs, voir les actes posés par le commandant de la légion de la gendarmerie en armant et en transportant les éleveurs vers les lieux de conflit utilisant ainsi les moyens de l’Etat" ajoute-t-il.

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Oumar Yaya Hissein, estime que les allégations contenues dans ce rapport n’ont aucun fondement. Selon lui, le gouvernement n’a pas vocation à dresser les communautés, les unes contre les autres.

"Je m’inscrit en faux contre toutes ces allégations qui viennent relevées dans ce rapport", a-t-il déclaré. "Je crois que quand on veut le rendre public il doit tenir compte de tous les avis et non prendre un avis ou bien une seule position et dire que le gouvernement est en train d’activer le feu. Au contraire, nous sommes pour l’unité nationale, nous sommes pour la cohabitation pacifique et je m’attaque aux propos de cette ONG. Nous sommes là pour clarifier la situation. Qu’elle nous fournisse les preuves".

Pour Maitre Midaye Guerimbaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, ce n’est pas pour la première fois que ces genres des conflits endeuillent les familles tchadiennes et que le pouvoir joue au chat et à la souris.

"Si nous fermons les yeux sur ces genres de conflit on peut arriver un jour à des génocides. Parce que dans le rapport il a été clairement établi que la responsabilité des autorités administratives et militaires est établie, c’est très grave. Et le rapport qui a été établi montre clairement qu’il se passe des choses gravissimes et nous demandons à l’autorité de prendre des mesures pour que cela ne contamine pas d’autres communautés. Qu’on ne laisse pas l’est du Tchad entré dans cette crise profonde que nous avons vécue au Sud s’agissant notamment des conflits éleveurs agriculteurs."

De ce qui précède, la CTDDH, recommande au gouvernement de revoir les méthodes de la gestion des conflits intercommunautaires au Tchad.

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Les autorités tchadiennes de transition annulent un décret contesté

Au Tchad, les autorités de transition annulent un décret contesté, le 12 janvier 2022. (VOA/André Kodmadjingar)

Le président militaire de la transition Mahamat Idriss Déby a annulé un acte qu’il a lui-même signé le 31 décembre 2021, nommant plusieurs personnalités a des postes de commandement. Le décret qui vient d’être annulé a été critiqué par les énarques, qui se sentent lésés dans leur droit.

D’abord se sont les énarques, intégrés et mis à la disposition du ministère de l’Administration du territoire, qui étaient les premiers à sortir de leur silence.

"Quand il y a un projet de nomination au ministère de l’Administration du territoire, les hommes politiques envoient les noms de leurs militants pour demander des postes au détriment des énarques formés dans une école de renom comme l’ENA, École nationale d’administration", ont-ils affirmé en dénonçant dans l’anonymat.

"Nous disons non, unanimement non, nos droits sont bafoués, il faudrait que ces gens-là changent, qu’ils cessent avec ces pratiques malsaines", a décrié un de ces énarques, qui ajoute qu'ils avaient écrit au ministre de l’administration du territoire à plusieurs reprises et qu'une liste de personnes qualifiées qui lui avait été remise n'a pas été prise en considération.

Le mécontentement des énarques semble être entendu par les autorités de transition. Neuf jours après la publication de ce décret contesté, le président du Conseil militaire de transition recule. Il a annulé purement et simplement son acte.

Une décision sage, selon les juristes, qui estiment que ce décret n'aurait même pas dû être pris puisque le poste des sous-préfet a été supprimé en 2018.

"En principe, dans un pays normal, le Premier ministre aurait démissionné, ou on devait le faire démissionner. Parce que c’est très grave de faire signer un décret sans objet. C’est dommage pour une administration qui est tellement légère", a déclaré Dr Sitack Yombatina Beni, enseignant chercheur à l’ENA.

Dr Sitack Yombatina Beni enseignant-chercheur à l'École nationale d'administration du Tchad, le 12 janvier 2022.
Dr Sitack Yombatina Beni enseignant-chercheur à l'École nationale d'administration du Tchad, le 12 janvier 2022.

"Dans les ordonnances qui régissent les collectivités territoriales décentralisées, il faut une loi pour créer les unités administratives. A ce jour, il n’y a pas de loi dans ce sens et donc on ne peut pas nommer les gens parce que les limites ne sont pas tracées", a expliqué le juriste.

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