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Tchad

Une loi contre l'apologie du terrorisme dans les médias tchadiens

Dans une bibliothèque à N'Djamena, au Tchad, le 19 février 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, la Haute autorité des médias et de l’audiovisuel (Hama), s’appuie sur la nouvelle loi adoptée par le parlement pour réguler la presse écrite et les média en ligne pour mettre en garde les médias qui donnent la parole aux responsables de la rébellion dans le nord du pays.

Dans une mise au point, l’organe de régulation des médias dit avoir constaté des propos déplacés ou des contenus copiés sur des sites à caractère subversif portant sur une possible guerre dans le nord du Tchad sans en apporter des preuves.

Des informations tendant à faire l’apologie du terrorisme ou d'autres groupes qui cherchent à s’attaquer à l’intégrité du territoire ainsi que la cohésion sociale sont punies par l’article 90 de l'ordonnance.

Pour le vice-président de la Hama, Ali Djibrine, "ce ne sont pas seulement les médias en ligne qui sont visés mais tous les média et quand vous parlez d’une information, il faut la vérifier donc c’est une manière de protéger les journalistes par rapport à la loi qui est très dure".

Les journalistes qualifient cette ordonnance de "liberticide" avant même son adoption. Pour Ali Djibrine, cette mesure vise plutôt à assainir le climat médiatique au Tchad.

Oumar Yaya Hissein, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, explique qu’il n’est pas question de donner la parole aux rebelles.

"Dès lors qu’on est illégal, on ne peut pas être une source fiable", a-t-il déclaré. "S’il y a une opposition qui a son autorisation de fonctionner, c’est une source fiable. Mais quand vous chercher les hors-la-loi pour les opposer à un gouvernement, je crois qu’à ce niveau, il y a quelque chose qui cloche. Un civil qui prend une arme contre le gouvernement, pour nous est un hors-la-loi et il faut le traiter comme tel".

Madjasra Nako, directeur de publication du journal Le Pays, à N'Djamena, le 11 décembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Madjasra Nako, directeur de publication du journal Le Pays, à N'Djamena, le 11 décembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le directeur de publication du journal Le Pays et gestionnaire d’un média en ligne, Madjiasra Nako, la HAMA "aurait pu gagner à exhorter le gouvernement - qui depuis le début dit que rien ne se passe à Miski - à organiser un voyage de presse pour que les journalistes disent 'Je suis allé à Miski, j’ai vu et rien ne se passe'."

"Mais passer son temps à mettre en garde une profession de journaliste ce n’est pas une bonne option", soutient-il.

Célestin Topona, vice-président de l'Odemet, à N'Djamena, le 11 décembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Célestin Topona, vice-président de l'Odemet, à N'Djamena, le 11 décembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Le vice-président de l’Odemet, l'Observatoire de la déontologie et de l’éthique des média au Tchad (un tribunal des pairs des journalistes de la presse écrite et de l’audiovisuel), Célestin Topona, estime que l’exécutif doit s’en prendre à lui-même puisqu’il n’a pas assez communiqué sur la situation dans le nord du Tchad.

"La situation sécuritaire dans le nord du pays interpelle tous les Tchadiens et les journalistes sont des acteurs essentiels pour véhiculer l’information globale du pays", rappelle-t-il.

"Mais l’Odemet a constaté qu’il n’y a pas une communication institutionnelle sur cette question-là", explique-t-il. "Je pense que les autorités, en voulant appliquer les textes, puissent donner la vraie information pour que l’opinion tchadienne en soit informée par le canal des différents médias".

Un autre projet de loi sur la régulation de la presse audiovisuelle est en ce moment sur la table de l’Assemblée nationale. Le projet inquiète dans les milieux professionnels des journalistes.

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La création du poste de vice-président ne fait pas l’unanimité chez les Tchadiens

Les officiels tchadiens à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, le gouvernement a validé la semaine dernière, en conseil des ministres, un projet de révision de la constitution. Une modification de la loi fondamentale pour tenir compte des résolutions issues du 2e forum national inclusif tenu à N’Djamena en octobre dernier.

Selon le projet de loi constitutionnelle, le vice-président sera nommé et révoqué par le président de la République. Il aidera le chef de l’Etat dans ses responsabilités et fonctions en cas d’absence du territoire ou d’empêchement temporaire. Une initiative qui va supprimer définitivement la primature.

"Nous avons défendu le principe de la vice-présidence parce que c’est logique avec la 4e République. Si on restaure la primature, ça veut dire qu’on remet en cause la 4e République et on revient avec un autre régime qui est parlementariste", a déclaré M. Abdéraman Djasnabaye, coordonnateur de la majorité présidentielle.

En cas de vacance de poste ou d’empêchement définitif, les attributions du chef de l’Etat sont provisoirement exercées par le vice-président. Il procédera à des nouvelles élections présidentielles 45 jours au moins et 90 jours au plus.

Pour Dr Nasra Djimasngar secrétaire général du parti "Un nouveau jour", l’opposition démocratique dans son ensemble et la société civile étaient catégorique à la création du poste de vice-président. "Le Tchad n’a pas besoin d’un vice-président parce que c’est un poste qui va diviser les Tchadiens", a-t-il indiqué.

Nasra Djimasngar, secrétaire national du parti Un Nouveau Jour à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Nasra Djimasngar, secrétaire national du parti Un Nouveau Jour à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le constitutionnaliste Ahmat Mahamat Hassan, il faut expérimenter. En 2018 dit-il, c’était le système de la présidence intégrale, mais maintenant l’intégralité se limite avec le parlement qui sera secondé d’une chambre haute, le Sénat. Le constitutionnaliste estime que cela répond à des réalités politique du pays dans la recherche de la stabilité, et du vivre ensemble.

Pour beaucoup d’observateurs, la création du Sénat en elle même n’est pas mauvaise, puisqu’il jouera le rôle de négociateur pour des intérêts locaux entre l’assemblée nationale et l’exécutif.

Par contre, la création du poste de vice-président relève d’un calcul politique. Puisque le président actuel ouvre une possible succession par voie constitutionnelle d’un dauphin qu’il aura choisi pour pérenniser son régime.

Ahmat Mahamat Hassan, constitutionnaliste à N'Djamena, le 18 juin 2019.
Ahmat Mahamat Hassan, constitutionnaliste à N'Djamena, le 18 juin 2019.


Dr Djong-yang Dibam, publiciste et consultant indépendant, estime que deux scénarios sont envisageables.

Le premier scénario selon lui, c’est qu’en plein mandat présidentiel, le président peut décider de se retirer pour des raisons quelconques et se faire remplacer à la tête de l’Etat par un vice-président dauphin qu’il aura choisi.

Le second scénario, poursuit-il, c’est que le prédisent peut décider de ne plus se présenter à l’élection présidentielle, pas en avril 2021 mais au prochain scrutin, et d’investir un vice-président dauphin qui portera les couleurs du parti au pouvoir.

Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020.
Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020.

Mais, pour le constitutionnaliste Ahmat Mahamat Hassan, ce genre d’analyse semble être assez courte et sans fondement. "Si le président avait l’intention de transformer la forme républicaine de l’Etat en monarchie, il n’aurait pas accepté qu’il y ait une répartition de pouvoir entre lui et un vice-président", réplique-t-il.

Si ce projet de loi constitutionnelle validé par le conseil des ministres est adopté par l’assemblée nationale, c’est pour la troisième fois consécutive que la loi fondamentale sera modifiée en 30 ans de pouvoir d'Idriss Déby.

Les Tchadiens pourraient bientôt avoir un vice-président et des sénateurs
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Inondations: plus de 2000 ménages sans abri à N'Djamena

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Les Tchadiens pourraient bientôt avoir un vice-président et des sénateurs

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Les autorités tchadiennes veulent créer un poste de vice-président et un sénat

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Elections américaines: des réactions positives au Tchad

Le président élu américain Joe Biden s'exprime dans son quartier général de transition à Wilmington, Delaware, le 10 novembre 2020.

Les Tchadiens ont suivi avec beaucoup d’intérêt les élections américaines. Beaucoup pensent que Joe Biden peut apporter des changements dans la politique américaine sur l’Afrique. Pour d’autres, Biden ne peut pas apporter un grand changement dans les relations entre le Tchad et les Etats-Unis.

"Je suis très favorable à Joe Biden parce que nous sommes dans la même idéologie politique. Nous faisons même campagne, et nous militons pour lui, nous mettons tous nos poids dans la balance pour qu’il soit élu", a déclaré le socio-démocrate tchadien Max Kemkoi.

"Vous pouvez voir ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire, en Guinée et bientôt le Tchad. Un démocrate au pouvoir veillera au grain pour faire en sorte que la démocratie puisse être une réalité en Afrique", a-t-il indiqué.

Abdéraman Djasnabaye, homme politique, membre de la majorité présidentielle, estime aussi que l’élection annoncée de Joe Biden offre une nouvelle perspective pour les Africains.

"En tant qu’Africain, je souhaite qu’il y ait une large ouverture puisque depuis un certain temps on a senti une certaine restriction vis-à-vis des pays africains. L’élection de Joe Biden peut nous permettre de mieux coopérer avec les Etats-Unis", a souhaité Abdéraman Djasnabaye.

Léopold, un citoyen tchadien, ne partage pas cet avis. Pour lui, il faut que les Africains et les Tchadiens en particulier soient réalistes. Pour lui, les Africains ont tendance à dire que si tel est élu président, il va aider l’Afrique.

"Nous avons notre président qui est là et qui doit s’occuper aussi des problèmes des Tchadiens. Nous devons comprendre que l’élection soit de Trump ou de Joe Biden, c’est d’abord pour les Américains", a-t-il dit.

Réaction similaire du côté du coordonnateur national du mouvement citoyen "Le Temps", Kemba Djidah Alain. Pour lui, avec l’avènement de Trump, il y a une remise en cause de plusieurs traités dont les USA sont partie prenante. Aujourd’hui, Joe Biden a décidé de renouveler les accords tels que les accords sur le changement climatique, et l’Organisation mondiale du commerce.

"En tant que Tchadien, nous n’attendons pas grand chose mais nous espérons que les Etats-Unis en tant que puissance mondiale puissent jouer leur partition dans la promotion de la démocratie pour permettre qu’il y ait la paix et le progrès dans le monde", a-t-il souligné.

Beaucoup des Tchadiens souhaitent vivement que Joe Biden en sa qualité de démocrate puisse ramener le programme initié par l’ancien président Barack Obama qui a permis aux jeunes Africains de séjourner aux Etats Unis 3 à 4 semaines pour apprendre l’entrepreneuriat et le leadership ainsi que le programme de l’énergie dénommé "Power for Africa", suspendu par Donald Trump.

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