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Rwanda

Une foule de pèlerins mourides converge vers la ville sainte de Touba au Sénégal

Une pèlerine de la confrérie mouride, un ordre soufi, portant un masque, arrive à la Grande Mosquée de Touba, avant la fête religieuse du Magal commémorant l'exil de son fondateur, le grand marabout Sheikh Amadou Baba, le marabout, Touba, Sénégal, 27 octo

Des centaines de milliers, voire plusieurs millions de pèlerins mourides, selon certaines estimations, convergeaient samedi vers la ville sainte sénégalaise de Touba, à la veille du "grand Magal", rassemblement annuel des membres de cette confrérie très influente.

Après avoir passé des heures dans des embouteillages pour rejoindre cette ville champignon du centre du pays, passée de 30.000 à quelque deux millions d'habitants en une quarantaine d'années, les pèlerins se pressaient sous une forte chaleur aux alentours de la grande mosquée, épicentre des célébrations du "grand Magal", où un à trois millions de personnes étaient attendues dimanche.

Certains portaient des masques pour se protéger de la poussière.

Le "Magal" ("célébration" en wolof) marque l'anniversaire, dans le calendrier musulman, du départ en exil le 12 août 1895 du fondateur du mouridisme à la fin du XIXe siècle, Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), dit Serigne Touba.

Le chef religieux, qui n'a jamais levé les armes, avait été contraint par les autorités coloniales françaises à l'exil au Gabon (1895-1902) puis en Mauritanie (1903-1907), avant d'être placé en résidence surveillée dans le nord du pays. Il est vénéré par ses millions de fidèles au Sénégal et dans la diaspora.

Tout au long du week-end, les pèlerins assisteront à des récitations du Coran et des "khassaïdes", poèmes écrits par Cheikh Ahmadou Bamba, prendront part à des prières dans la mosquée aux sept minarets et se recueilleront sur les tombeaux du fondateur du mouridisme et de ses fils et successeurs, considérés comme des saints.

Les fidèles partageront aussi le traditionnel "berndel" (banquet), repas gargantuesque composé de boeufs, moutons, poulets, chameaux, poissons, riz, fruits et boissons fraîches, servi à volonté dans chaque famille.

"Pour rien au monde nous ne raterions le Magal parce que Serigne Touba, tout ce qu'il a fait mérite que tout le monde aille vers lui", a confié Diagne Fatou Cissé.

Pays réputé pour sa tolérance religieuse, le Sénégal compte plus de 90% de musulmans, adhérant pour la plupart à l'islam soufi, représenté par différentes confréries, dont celle des mourides est l'une des principales.

"Le Magal est un jour de gloire, de fête, de succès dans le combat pour élever le droit de Dieu et des hommes sur terre, c'est-à-dire pour réhabiliter les valeurs islamiques. Cheikh Ahmadou Bamba l'a fait sans effusion de sang. Il la fait sans nuire à personne, mais il a tout réussi", a expliqué un responsable mouride, Youssouf Diop.

Le grand Magal a aussi une dimension politique et voit converger cette année les candidats à la présidentielle de février 2019.

La ville, qui s'est développée quasi anarchiquement autour de ses centres religieux, attire des habitants des campagnes chassés par une sècheresse persistante, ainsi que bon nombre de délinquants et trafiquants en tous genres. Même si elle dispose d'école et de postes de police, l'autorité du calife y passe traditionnellement avant celle de l'Etat et ses infrastructures restent déficientes.

En visite jeudi et vendredi, le président Macky Sall y a inauguré les locaux d'une nouvelle compagnie de gendarmerie et a été reçu par l'actuel "calife général" des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, auquel il a "demandé des prières pour sa réélection", selon la presse locale. Macky Sall a aussi rappelé les réalisations de son gouvernement, dont une nouvelle autoroute qui reliera d'ici peu Touba à Dakar.

Avec AFP

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La veuve Habyarimana conteste le refus de lui accorder un non-lieu

Des volontaires déposent dans caveau les restes des victimes du génocide de 1994, à Murambi, est du Rwanda, 07 avril 2005. epa / RICKY GARE

Agathe Habyarimana, soupçonnée d'être impliquée dans le génocide de 1994 au Rwanda, demande à la justice française de lui accorder un non-lieu après 13 ans d'enquête et a fait appel du refus que lui oppose le juge d'instruction, a appris lundi l'AFP auprès de son avocat.

Âgée de 78 ans, Agathe Kanziga est la veuve de Juvénal Habyarimana, le président hutu dont l'assassinat le 6 avril 1994 a déclenché les massacres contre la minorité tutsi.

Elle a demandé en septembre à un juge d'instruction du tribunal de Paris de clore l'enquête ouverte contre elle en 2008, invoquant le "délai déraisonnable" de la procédure.

Dans cette enquête, initiée par une plainte en 2007 du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), ce personnage-clé de l'histoire rwandaise a été placé sous le statut de témoin assisté en 2016, intermédiaire entre témoin et mis en examen, et n'a plus été interrogé depuis sur les faits.

Le 4 novembre, le juge a rejeté sa demande, conformément aux réquisitions de la section Crimes contre l'humanité du parquet national antiterroriste.

Le parquet fait valoir que "les investigations sont en cours" et que "la demande est dès lors prématurée", selon l'ordonnance consultée par l'AFP. Le juge cite aussi la crise sanitaire parmi les circonstances qui "ralentissent nécessairement l'exécution des demandes d'entraide internationale".

Mme Habyarimana a interjeté appel de ce refus, qui devra être examiné par la cour d'appel de Paris.

"Toutes ces années de travail de la justice française n'ont débouché sur rien", a commenté son avocat Me Philippe Meilhac. "La gravité des faits ne permet pas de faire durer éternellement une procédure", d'autant qu'"elle permet d'entretenir un flot d'accusations contre ma cliente qui l'empêche d'obtenir un titre de séjour", a-t-il ajouté.

Mme Habyarimana est installée en France depuis 1998, de fait sans statut légal puisque la France a refusé en 2011 de l'extrader au Rwanda, sans toutefois lui accorder l'asile en raison des soupçons sur le rôle qu'elle a pu jouer dans l'une des pires tragédies du XXe siècle.

Selon l'ONU, environ 800.000 personnes, essentiellement dans la minorité tutsi, ont été tuées en trois mois lors de massacres déclenchés après l'attentat contre l'avion du président Habyarimana le 6 avril 1994.

Exfiltrée en Europe trois jours après, Mme Habyarimana est souvent présentée comme l'une des dirigeantes de l'"akazu", le premier cercle du pouvoir hutu qui, selon ses accusateurs, a planifié et orchestré le génocide. Ce qu'elle conteste.

"Nous sommes choqués par une telle demande" de non-lieu, a réagi auprès de l'AFP le président du CPCR, Alain Gauthier. "Il faut que Mme Habyarimana rende des comptes et soit jugée, mais nous avons parfois le sentiment que la justice attend que les gens meurent pour se prononcer", a-t-il dénoncé.

Dans cette procédure, Mme Habyarimana n'a été interrogée sur les faits qu'à deux reprises: d'abord par les gendarmes en 2010 puis le 20 octobre 2016 par le juge, comme témoin assisté.

Depuis cet interrogatoire, les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les Crimes contre l'humanité (OCLCH) se sont rendus au moins six fois au Rwanda, la dernière fois en septembre, pour interroger de possibles témoins dans cette procédure, selon des sources proches du dossier.

Le Rwandais Félicien Kabuga plaide non coupable par défaut

Un convoi de police censé transporter Félicien Kabuga arrive au tribunal de Paris où il devait comparaître pour une audience de mise en accusation, France, 19 mai 2020.

Le Rwandais Félicien Kabuga, accusé de crimes de guerre pour avoir contribué à l'orchestration du génocide de 1994 et avoir armé des milices, a plaidé non coupable lors de sa première comparution devant le tribunal de La Haye mercredi.

M. Kabuga, 85 ans, est arrivé au tribunal en fauteuil roulant.

Il n'a pas répondu aux accusations portées devant le mécanisme international résiduel des tribunaux pénaux de l'ONU, mais le juge qui présidait la séance a considéré son silence comme un plaidoyer de non-culpabilité.

L’ancien fugitif est ciblé par plusieurs chefs d'accusation, dont celle d’avoir financé des milices génocidaires. On lui reproche aussi d'avoir utilisé une station de radio qu'il dirigeait pour inciter les Hutus à tuer les Tutsis.

M. Kabuga a été transféré aux Pays-Bas en mai après son arrestation près de Paris, après plus de deux décennies de cavale.

Il risque une éventuelle peine de prison à vie s'il est reconnu coupable.

Génocide rwandais: comparution attendue de Kabuga à La Haye

Felicien Kabuga, "financier" présumé du génocide au Rwanda.

Le "financier" présumé du génocide au Rwanda Félicien Kabuga doit comparaître mercredi pour la première fois devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), deux semaines après son transfert à La Haye depuis la France.

Accusé notamment de génocide, Félicien Kabuga a été arrêté en mai près de Paris, après 25 ans de cavale.

Agé de 84 ans selon le mandat d'arrêt, de 87 ans selon ses dires, il est accusé d'avoir participé à la création des milices hutu Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

Il devait initialement être transféré à Arusha pour y être jugé par le MTPI - qui possède une division en Tanzanie et une aux Pays-Bas - mais a finalement été envoyé à La Haye dans l'attente d'un examen médical.

La première comparution de M. Kabuga devant le MTPI, structure chargée d'achever les travaux du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR), doit avoir lieu mercredi à 14 heures(13 heures GMT) à La Haye, a fait savoir lundi le Mécanisme dans un document officiel.

M. Kabuga a la possibilité d'assister en personne à l'audience ou, s'il le préfère, par visioconférence depuis son centre de détention, a indiqué le MTPI.

Un premier rapport médical recommande en effet que cette comparution ait lieu par visioconférence en raison des inquiétudes liées à la pandémie de Covid-19.

Le rapport indique également que "plusieurs aspects de la santé de M. Kabuga nécessitent un examen plus approfondi", a précisé le MTPI.

Il est mis en accusation par le MTPI notamment pour "génocide", "incitation directe et publique à commettre le génocide" et "crimes contre l'humanité (persécutions et extermination)".

Ancien président de la tristement célèbre Radio télévision libre des Mille collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsi, il conteste l'intégralité des sept chefs d'inculpations qui le visent.

Félicien Kabuga est également soupçonné d'avoir contribué en 1993 à l'achat massif de machettes qui seront distribuées aux miliciens en avril 1994, une accusation qui appuie la thèse d'une planification du génocide, jamais tranchée par la justice internationale au grand dam de Kigali.

Arrivée de Felicien Kabuga devant un tribunal français
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"Santé fragile"

Les avocats de M. Kabuga avaient formulé une requête début octobre afin de demander qu'il soit définitivement transféré à La Haye et non à Arusha, "compte tenu de son âge, de sa santé fragile et de la présence de l'épidémie de Covid-19 en Tanzanie".

Le procureur du MTPI, Serge Brammertz, avait partiellement soutenu la requête de la défense, estimant que M. Kabuga devait être "préalablement" transféré à La Haye afin de faire l'objet d'un "examen médical indépendant".

L'objectif, selon le procureur, est de déterminer si son état de santé est compatible avec un transfert et une détention dans la ville tanzanienne.

Fin septembre, la Cour de cassation française avait définitivement validé la remise à la justice internationale de M. Kabuga, considérant qu'il n'y avait "pas d'obstacle juridique ou médical à l'exécution du mandat d'arrêt" visant à le transférer à Arusha.

Classé parmi les fugitifs les plus recherchés au monde, Félicien Kabuga avait été arrêté le 16 mai dans une ville de banlieue parisienne où il résidait sous une fausse identité.

Réfugié en Suisse en juillet 1994 avant d'être expulsé, il avait ensuite temporairement rejoint Kinshasa. Il avait été signalé en juillet 1997 à Nairobi, où il avait échappé à une opération destinée à l'arrêter, puis à une autre en 2003, selon l'ONG spécialisée TRIAL.

Selon les autorités françaises, il aurait également vécu en Allemagne et en Belgique. Les Etats-Unis avaient promis une récompense pouvant aller jusqu'à cinq millions de dollars pour sa capture.

La veuve du président Habyarimana entendue dans l'enquête Barril

Le défunt président rwandais Juvenal Habyarimana, lors de son voyage officiel à Paris, le 23 avril 1991. (Photo by DANIEL JANIN / AFP)

Agathe Habyarimana, veuve de l'ancien président rwandais et soupçonnée d'être impliquée dans le génocide de 1994, est arrivée mardi matin au tribunal de Paris pour être interrogée dans l'enquête sur le rôle joué par l'ex-gendarme français Paul Barril à l'époque des massacres.

Âgée de 78 ans, Agathe Kanziga, veuve Habyarimana, a été convoquée par un juge d'instruction chargé de cette enquête pour "complicité de génocide", en vue d'être placée sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre le simple témoin et la mise en examen, selon une source proche du dossier.

Mme Habyarimana, que la France a refusé d'extrader au Rwanda sans toutefois lui accorder l'asile en raison des soupçons pesant sur elle, devrait être questionnée sur ses liens avec le capitaine Paul Barril, ex-gendarme de l'Elysée sous la présidence Mitterrand, reconverti dans les années 80 dans la sécurité auprès de chefs d'Etat africains.

Cette information judiciaire contre l'ancien militaire a pour origine des plaintes déposées en 2013 par l'association Survie, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et son antenne française.

Les ONG l'accusent notamment d'avoir signé en mai 1994, au plus fort du génocide, un contrat d'armement de 3 millions de dollars avec le gouvernement intérimaire rwandais (GIR) alors qu'un embargo international avait été imposé par l'ONU.

Paul Barril était à l'époque en lien avec la famille Habyarimana, notamment les fils de l'ancien président.

Au printemps, l'ancien militaire de 74 ans, atteint de la maladie de Parkinson, a été placé sous le statut de témoin assisté, après deux jours d'interrogatoires.

En 2016, plusieurs ex-mercenaires de sa société Secrets, qui l'avaient accompagné en Afrique centrale le 6 mai 1994 à bord d'un Falcon 50, avaient été interrogés en garde à vue, sans faire l'objet de poursuites à ce stade.

Selon l'ONU, environ 800.000 personnes, essentiellement tutsi, ont été tuées en trois mois lors de massacres déclenchés après l'attentat contre le président hutu Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

Mme Habyarimana est souvent présentée comme l'une des dirigeantes de l'"akazu", le premier cercle du pouvoir hutu qui, selon ses accusateurs, a planifié et orchestré le génocide, ce qu'elle conteste.

Exfiltrée du pays dès le 9 avril 1994, elle est elle-même visée depuis 2008 par une enquête sur son propre rôle dans le génocide, initiée par une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Dans cette procédure, elle a été interrogée une première fois par les gendarmes en 2010 comme simple témoin. Elle a été ensuite entendue une deuxième fois en 2016 par le juge d'instruction qui l'avait placée sous le statut de témoin assisté.

Génocide rwandais: la justice ordonne le transfert de Kabuga à La Haye

La salle d'audience après l'audience initiale d'extradition du suspect de génocide rwandais Felicien Kabuga, au palais de justice de Paris, France, 20 mai 2020.

Un juge du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) a ordonné mercredi le transfert à La Haye de Félicien Kabuga, "financier" présumé du génocide au Rwanda en 1994, accusé 'de génocide" et crimes contre l'humanité et actuellement détenu en France.

"Je modifie par la présente le mandat d'arrêt et l'ordre de transfert", a déclaré le juge Iain Bonomy dans un document, ordonnant au MTPI "de modifier les conditions de détention de Kabuga pour permettre sa détention" à La Haye.

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