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Une foule de manifestants à Alger malgré un important dispositif policier

Des employés de la ville installe le drapeau algérien et un poster du président Abdelaziz Bouteflika, à Alger, en Algérie, le 26 avril 2016.

Des milliers d'Algériens sont descendus dans les rues malgré un important dispositif policier, lors du 20e vendredi de manifestations contre le pouvoir, crucial pour les deux camps après une proposition de sortie de crise du président par intérim.

Criant "Partez, libérez l'Algérie", les manifestants à Alger ont forcé un cordon de policiers, munis de casques et de boucliers et postés à quelques mètres de l'esplanade de la Grande poste, bâtiment emblématique des rassemblements, a constaté un journaliste de l'AFP. Des témoins ont rapporté une dizaine d'arrestations parmi les manifestants.

Au son d'hymnes à la gloire des martyrs de la guerre d'indépendance dont l'Algérie célèbre ce vendredi le 57e anniversaire et en agitant le drapeau national, les Algériens ont répondu à l'appel lancé par des personnalités pour faire du 5 juillet "la concrétisation de la libération de l'Homme, après la libération de la patrie" du pouvoir colonial français en 1962.

Depuis la démission le 2 avril du président Abdelaziz Bouteflika sous la pression de la rue et de l'armée, le mouvement de contestation refuse que le "système" en place organise la présidentielle, et réclame au préalable le départ de tous les anciens soutiens de M. Bouteflika, resté près de 20 ans au pouvoir.

Mercredi, le président par intérim Abdelkader Bensalah a proposé la création d'une instance de dialogue pour organiser une présidentielle et promis que l'Etat et l'armée ne s'y impliqueraient pas.

"Ou c'est vous (le pouvoir) ou c'est nous, on ne s'arrêtera pas", ou encore "pas d'élection bande de mafieux" ont crié les manifestants, rejetant à nouveau la feuille de route du pouvoir.

"Mêmes propositions"

"Ils (le pouvoir) sont en train de reformuler les mêmes propositions. Leur seul objectif est de maintenir le système en place. Donc pas de dialogue dans ces conditions", lance une manifestante de 28 ans, Linda Hamrouche.

Un premier appel au dialogue, lancé début juin par M. Bensalah et limité à la classe politique, avait aussi reçu une fin de non-recevoir de la contestation.

La présidentielle, initialement prévue le 4 juillet et rejetée par les manifestants, a été annulée faute de candidat.

Alors que le délai de 90 jours prévu par la Constitution pour l'intérim expire théoriquement dans les prochains jours, M. Bensalah a dit qu'il resterait à son poste jusqu'à l'élection d'un nouveau président.

Selon le site indépendant TSA (Tout sur l'Algérie), le nouvel appel risque aussi d'être rejeté "si les autorités ne s'empressent pas d'annoncer des mesures concrètes d'apaisement".

Partis d'opposition, société civile et observateurs attendent de voir comment cette proposition va être concrétisée car aucun nom n'a été avancé à ce stade pour le dialogue.

"Je sortirai vendredi comme je le fais depuis quatre mois, jusqu'à l'élection d'un président légitime. On a réalisé un grand objectif: Bensalah ne conduira pas le dialogue, il est +out+ même s'il reste en poste", a dit à l'AFP Ali, un employé de banque de 47 ans.

La journée est un test pour la contestation, après un appel à des manifestations "massives" lancé par le célèbre avocat et défenseur des droits humains, Me Mustapha Bouchachi, ainsi que par le diplomate et ex-ministre Abdelaziz Rahabi et d'autres personnalités.

"Libérez les détenus"

Samedi, des partis politiques, des représentants de la société civile et des personnalités nationales doivent tenir une réunion intitulée "assises nationales du dialogue".

Cette initiative "vise à mettre en place des mécanismes pour sortir de la crise et aller, dans des délais raisonnables, vers l'organisation" d'une présidentielle, a déclaré M. Rahabi.

Une autre revendication de la contestation est l'arrêt des interpellations de manifestants.

Si le président par intérim a salué le caractère pacifique du mouvement et la "retenue des forces de sécurité", les arrestations de manifestants et mises en garde lancées par le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée, se sont multipliées.

Pour la contestation et de nombreux observateurs, le président par intérim n'est pas le détenteur du pouvoir réel, assumé par le général Gaïd Salah, qui avait refusé les revendications de la contestation.

Amnesty International a appelé les autorités à libérer les manifestants détenus et à "respecter les droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique pendant les rassemblements".

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La contestation soudanaise refuse "l'immunité absolue" des généraux

Une image diffusée à la télévision soudanaise le 11 juillet 2019 montre le général Jamal Omar (C), membre du Conseil militaire de transition du Soudan, prononçant un discours à Khartoum.

Le mouvement de protestation soudanais s'est dit opposé à l'octroi d'une "immunité absolue" aux généraux au pouvoir, qui pourraient faire l'objet de poursuites après les violences survenues pendant les manifestations.

Une nouvelle rencontre entre les deux parties pour finaliser un accord sur la transition après la chute d'Omar el-Béchir le 11 avril, était en cours mardi soir.

Les meneurs de la contestation et les généraux se sont accordés le 5 juillet sur le principe d'un partage du pouvoir pendant une période de transition qui doit durer environ trois ans.

Mais les pourparlers sur les derniers détails de l'accord ont été repoussés à plusieurs reprises ces derniers jours.

​Selon la protestation, l'un des principaux désaccords porte sur l'"immunité absolue" des militaires. "Nous refusons l'immunité absolue que les militaires au pouvoir ont demandée", a déclaré aux journalistes Ismaïl al-Taj, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (SPA) qui fait partie de la contestation.

"La SPA estime que cet article nuirait au document constitutionnel", l'accord sur le partage du pouvoir, a-t-il poursuivi. M. Taj a toutefois dit s'attendre à ce que ce point soit résolu mardi.

Un des meneurs du mouvement, Ahmed al-Rabie, a également confirmé que les militaires ont demandé une "immunité absolue", clause qui ne figurait pas dans les termes de l'accord conclu la semaine dernière et mis sur pied par les médiateurs de l'Union africaine (UA) et de l'Ethiopie.

"Lorsque nous avons conclu le projet d'accord, ça n'y figurait pas", a déclaré M. Rabie à l'AFP. "Un nouveau texte a été présenté par l'UA dans lequel cet article a été ajouté, proposant une immunité absolue au Conseil militaire. Nous le rejetons totalement".

Il n'était pas clair si l'immunité demandée par les généraux concernait les violences lors des manifestations qui ont suivi la chute d'Omar el-Béchir le 11 avril, ou également celles commises avant.

Cette divergence ne devrait toutefois pas empêcher la poursuite des négociations, a-t-il assuré.

Cet accord est un premier pas vers un gouvernement civil, principale revendication des contestataires. Suspendues en mai faute d'accord, les négociations avaient repris grâce à une médiation intense de l'Union africaine et de l'Ethiopie.

La tension entre militaires et protestataires était montée d'un cran après la brutale dispersion du campement de plusieurs milliers de manifestants installés depuis avril devant le siège de l'armée à Khartoum, qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés le 3 juin.

Johnny Clegg, "le Zoulou blanc" et chantre anti-apartheid, a tiré sa révérence

Johnny Clegg en concert à Johannesburg le 6 novembre 2010.

Musicien engagé, Johnny Clegg incarnait avec ses chansons, mélange inédit de rythmes zoulou et de pop occidentale, la résistance à l'apartheid puis la réconciliation. Le "Zoulou blanc" sud-africain s'est éteint mardi à l'âge de 66 ans.

Longtemps victime de la censure en Afrique du Sud, il a connu le succès à l'étranger avant d'accéder au statut de star dans son pays.

Pendant les pires heures du régime raciste, ses chansons ont été interdites. Pour contourner la censure, il a été contraint de se produire - avec son groupe Juluka, formé avec le musicien zoulou Sipho Mchunu - dans les universités, les églises, les foyers de migrants et chez des particuliers.

"Nous devions faire preuve de mille et une astuces pour contourner la myriade de lois qui empêchaient tout rapprochement interracial", racontait-il à l'AFP en 2017.

Malgré tout, l'intraitable police de l'apartheid a interdit certains de ses concerts et le chanteur a été à plusieurs reprises arrêté, accusé de violer les lois sur la ségrégation raciale.

Le gouvernement raciste blanc ne pouvait pas non plus tolérer qu'un des siens puise son inspiration dans l'Histoire et la culture zoulou.

A l'étranger pourtant, et notamment en France, Johnny Clegg a rapidement trouvé un public.

"Les gens étaient très intrigués par notre musique", expliquait le chanteur et danseur, adepte de concerts très physiques.

Une musique révolutionnaire où les rythmes zoulou endiablés cohabitent avec guitare, clavier électrique et accordéon.

- 'Choc' -

En 1982, la sortie de son album "Scatterlings of Africa" le propulse en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France.

Cinq ans plus tard, il s'affirme comme un artiste "politique" avec le titre "Asimbonanga" ("Nous ne l'avons pas vu", en langue zoulou), tube planétaire dédié à Nelson Mandela, le héros de la lutte anti-apartheid alors emprisonné à Robben Island (Afrique du Sud).

La seule évocation du chef du Congrès national africain (ANC) est alors strictement interdite. Le régime de Pretoria bannit le titre.

Quelques années après la fin de l'apartheid, l'auteur et le héros de cette chanson, désormais libre, s'étaient retrouvés sur scène à Francfort (Allemagne) pour un concert aussi magique qu'inattendu.

Alors que Johnny Clegg chantait "Asimbonanga", le public s'était levé comme un seul homme.

"J'ai aperçu du coin de l'oeil quelqu'un derrière moi qui était en train de monter sur la scène, en dansant (...). C'était Mandela ! Ça a été un choc. Je ne savais même pas qu'il était là", avait raconté Johnny Clegg à l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur.

A la fin de la chanson, Mandela avait lancé de sa voix posée, au micro : "C'est la musique et la danse qui me mettent en paix avec le monde."

- 'Né deux fois' -

Né en 1953 au Royaume-Uni d'un père britannique et d'une mère zimbabwéenne, chanteuse de jazz de cabaret, Johnny Clegg débarque à l'âge de 7 ans dans une Afrique du Sud où la minorité blanche règne en maître absolue sur la majorité noire.

Initié aux cultures locales par son beau-père journaliste, Johnny Clegg assure que son refus de l'apartheid n'a rien de politique.

"Je n'étais pas motivé politiquement mais culturellement. J'aime la musique et la danse", expliquait-il simplement.

Les yeux ouverts dans un pays borgne, il se glisse dès 15 ans dans les foyers de travailleurs noirs, au mépris des interdits. Là, il découvre les danses et les mélodies zoulou et s'invite secrètement pour danser avec les troupes traditionnelles.

Quand l'apartheid tombe définitivement en 1994, "c'est comme si nous étions tous nés une seconde fois", confiera-t-il.

Quelques années plus tard, l'enthousiasme cédera la place aux doutes. "La lutte était plus simple autrefois. On vivait ici dans un tunnel, coupés du reste du monde, on se définissait +contre+, menant une bataille qui masquait toutes les autres."

"Aujourd'hui (...) on est aux prises avec tout une série d'enjeux et de conflits liés à la pauvreté, la construction d'une nation, le sida, la mondialisation", ajoutait le musicien.

Après une nouvelle rémission d'un cancer du pancréas diagnostiqué en 2015, il se lance deux ans plus tard dans une tournée mondiale d'adieu dont il réussira à honorer toutes les dates, les dernières en 2018.

"J'ai eu une carrière gratifiante à bien des égards (...) en réussissant à rassembler des gens grâce à des chansons, surtout à un moment où cela semblait complètement impossible", se félicitait le musicien qui a vendu plus de 5 millions d'albums.

Epidémie ebola : risques de contamination après le décès du pasteur

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Dialogue politique après plusieurs semaines de tension

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Les étudiants algériens marchent pour la 21e semaine d'affilée

Manifestations à Alger le 1er mai 2019.

Plusieurs centaines d'étudiants et enseignants algériens ont manifesté mardi pour la 21e semaine d'affilée contre le régime, en réclamant notamment la libération des "détenus politiques", a constaté un journaliste de l'AFP.

"Algérie, libre et démocratique", "Système dégage !", "Un Etat civil, pas un Etat militaire", a scandé, reprenant les slogans habituels, le cortège qui a défilé sans incident dans le centre d'Alger au milieu d'un important déploiement policier.

Sur les pancartes, on pouvait lire notamment "Le pouvoir au peuple", "Arabe et Kabyle sont frères" ou "Non à une presse aux ordres".

Les étudiants qui ont promis de protester "tout l'été", malgré la chaleur et les vacances universitaires, ont également assuré qu'ils manifesteraient deux fois vendredi : dans l'après-midi pour la traditionnelle grande marche hebdomadaire et en soirée après la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN-2019) opposant au Caire l'Algérie au Sénégal.

"On va faire les deux pour rendre ce pouvoir fou", a lancé Abdou, étudiant en droit.

A l'occasion du "22e vendredi" de manifestation contre le régime depuis le début le 22 février du mouvement inédit de contestation en Algérie, "nous espérons que la joie soit dédoublée: victoire de l'Algérie et départ du système" au pouvoir, explique Ismail Toukali, enseignant à l'université d'Alger.

Les manifestants ont également réclamé "la libération des manifestants arrêtés lors des marches".

Plusieurs manifestants ont été récemment placés en détention préventive à Alger pour avoir contrevenu à l'interdiction de porter le drapeau culturel amazigh (berbère) dans les manifestations, édictée par le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

Le général Gaïd Salah, véritable homme fort du pays depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril face au mouvement de contestation, a été visé mardi par de nombreux slogans.

Il refuse depuis des semaines les revendications du mouvement de contestation: la mise en place d'instances de transition, débarrassées de tous les fidèles d'Abdelaziz Bouteflika, dont il a fait partie durant 15 ans.

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