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Une enquête "sérieuse" réclamée sur la disparition de l'opposant Ibni Saleh au Tchad


Des affiches d’Ibni Oumar Mahamat Saleh brandies avant un meeting au stade de Ndjamena, le 17 mai 2001.

Une centaine d'amis et de sympathisants ont réclamé samedi à Paris une enquête "sérieuse" sur la disparition de l'opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, dix ans jour pour jour après les faits.

"Il faudrait une enquête sérieuse", a estimé Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, dans l'ouest de la France, où l'opposant tchadien avait enseigné.

"Il faut la vérité et non une parodie de justice", a-t-il insisté lors d'une conférence organisée à Paris à l'initiative du Parti pour les libertés et de développement (PLD, opposition), dont Ibni Saleh était le fondateur.

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Qualifiant d'"imposture intégrale et totale" l'enquête tchadienne qui a abouti à un non-lieu en juillet 2013, le sénateur a demandé que "les responsabilités soient établies".

Ibni Saleh, ex-ministre de deux présidents tchadiens, dont l'actuel Idriss Déby Itno, avait été démis de ses fonctions en 1994 avant de passer dans l'opposition. Il avait disparu le 3 février 2008.

Une commission intégrant des membres de la société civile et de l'opposition, mise en place en 2008 par le Tchad sur demande de la communauté internationale, avait conclu qu'Ibni Saleh avait été enlevé à son domicile par des forces de défense et de sécurité tchadiennes, ce que les autorités tchadiennes contestent.

Une nouvelle enquête judiciaire a été ouverte en France à la suite d'une plainte déposée à Paris en 2012 pour enlèvement et torture par deux enfants d'Ibni Saleh.

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"Mais on stagne", a regretté Clément Boursin, responsable Afrique au sein de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), une ONG française. "Ibni a été sacrifié sur l'autel de la lutte contre le jihadisme", a-t-il estimé. L'actuel président tchadien, qui coopère avec la France dans cette guerre, est devenu "incontournable" et donc "intouchable", a-t-il accusé, affirmant que "la France sait beaucoup de choses qu'elle ne dit pas".

"Nous savons que des militaires français étaient sur place", à N'Djamena, quand Ibni Saleh a été "arrêté à son domicile par des militaires de l'armée tchadienne", selon les mots d'une enquête de l'Union européenne.

"Il faudrait pouvoir les interroger", a insisté le sénateur Sueur, demandant également que les enquêteurs français puissent se rendre au Tchad.

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"Une coopération dans la lutte contre le terrorisme n'est pas une raison pour éviter de parler d'Ibni", a-t-il tancé.

"Nous devons continuer à chercher la vérité, ici et là-bas", a renchéri Maurice Braud, secrétaire national chargé de la mondialisation au Parti socialiste français, dont le PLD est proche.

Des commémorations de la disparition, débutées jeudi à N'Djamena, devaient également avoir lieu au Canada, au Cameroun, au Niger, en Égypte...

Avec AFP

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